B) Les commissions dans les villes françaises et les enjeux de l’intercommunalité

La mise en place de commissions municipales de circulation dans les autres villes françaises que nous avons étudiées obéit à un processus proche de celui décrit pour la Ville de Lyon. Elles s’institutionnalisent au fur et à mesure des grands moments de réglementation de la circulation urbaine : premiers grands arrêts au début des années dix, première réglementation générale de la circulation dans les années vingt, problématique de la circulation des poids lourds et du stationnement dans l’entre-deux-guerres. Des différences apparaissent toutefois dans la mise en place des concertations et au niveau de l’organisation progressive d’une commission permanente. Si les automobiles-clubs locaux participent tous activement aux activités de ces structures1669, seule la commission de la Ville de Bordeaux compte en son sein la présence régulière du Maire. Par ailleurs, toutes ces commissions ne sont pas encore inscrites dans un processus de développement stabilisé et de longue durée1670. Certaines sont parfois des commissions indépendantes, d’autres à certains moments sont intégrées dans des commissions plus larges, font office de simple sous-commission technique ou sont simplement mises en place spécialement pour l’étude de projets précis1671. Toutefois toutes semblent connaître des difficultés au niveau de leur fonctionnement et au niveau de la gestion du surplus de travail qui se présente au cours des années cinquante et soixante, problématiques sur lesquelles nous allons revenir à présent.

Les villes avec une commission municipale de circulation en 1954
Les villes avec une commission municipale de circulation en 1954

Echelle : 1cm = 80 km

Notes
1669.

L’AC de Marseille participe aux travaux de la commission de circulation de la Ville de Marseille, l’AC du Nord à ceux de la commission de Lille, l’AC du Sud-Ouest à ceux de la commission de Bordeaux, l’AC du Forez à ceux de la commission de Saint-Étienne et l’AC du Rhône à ceux des commissions de Lyon et Villeurbanne.

1670.

Voir en annexe les historiques concernant les commissions municipales à Lille, Bordeaux, Nice, Saint-Étienne et Villeurbanne.

1671.

Seule la commission de circulation de Villeurbanne n’est véritablement mise en place qu’après 1945. Villeurbanne bénéficie en effet déjà des réflexions et des projets menés au niveau de la Ville de Lyon, d’autant plus que la commission départementale de circulation mise en place entre 1929 et 1930 et les commissions d’études des projets routiers de la région lyonnaise portent également sur son territoire. Les problèmes quotidiens de circulation sont alors traités dans le cadre des commissions concernant les travaux ou la voirie.