La mise en place de la Communauté Urbaine de Lyon au début de l’année 19691721 bouleverse l’organisation des services techniques et des structures de réflexions municipales existants à Lyon et Villeurbanne. On assiste alors dans ce cadre à l’institutionnalisation « instantanée et formelle » de nouvelles commissions. Du côté du Conseil Municipal de Lyon, on a vu tout au long du vingtième siècle, des commissions temporaires, spéciales, thématiques puis parfois permanentes se mettre en place au gré des besoins et des politiques développées par la municipalité. Avec la mise en place de la communauté urbaine, la structuration de l’espace délibératif et décisionnel lié au fonctionnement du conseil communautaire est très différent.
D’une part, on retrouve un système de commissions qui est exclusivement réservé aux élus communautaires, même si les commissions peuvent faire appel à toute personne utile à leur champ de compétence. On ne retrouve donc pas de commissions extra ou para-municipales. Ensuite les commissions mises en place correspondent strictement aux attributions et aux compétences transférées à la communauté urbaine lors de sa mise en place en 1969. Leur fonctionnement est très formalisé et obéit à des procédures précises.
‘« (…) Titre II CommissionsOn observe que le président de la COURLY a un rôle central et peut participer à toutes les commissions. La commission centrale, qui réunit tous les membres de l’assemblée communautaire, est la structure qui fait le lien entre les différentes commissions et le conseil communautaire. Elle a un rôle de filtre et correspond au second examen des dossiers, après le passage en commissions spéciales. Chaque vice-président est responsable d’une ou plusieurs délégations, qui comprennent une ou plusieurs commissions. Les autres élus se répartissent ensuite dans une, deux ou trois commissions.
‘« Proposition concernant la constitution de douze commissions spécialisées.Le fonctionnement de chaque commission spéciale est lui aussi très formalisé et encadré. Toutefois, comme les différents services de la COURLY, il est sujet à plusieurs ajustements et réajustements après la création de la communauté. Ainsi le 18 mars 1977, le nouveau président de la COURLY, Francisque Collomb, propose une nouvelle organisation pour clarifier la structure de l’exécutif :
‘« (…) d) Commission spécialisée permanente (12)Enfin, plusieurs élus sont amenés à représenter également la COURLY dans plusieurs comités ou conseils d’administration (SEMALY, LPA, Atelier d’urbanisme…)1725, au même titre que les nombreux membres du Conseil Municipal ou du Conseil Général siégeant dans ce type de structure1726.
| Délégations de représentants de la Courly au sein de divers organismes | ||
| Dates des délibérations | Organismes | Délégués |
| 06-01-1969 | Comité du syndicat du réseau des TCRL | MM. Pradel, Rollet, Pidiot Robert, Ottina |
| 19-01-1970 | Commission paritaire chargée d’étudier le taux de la redevance versée au département du Rhône et à la Communauté Urbaine de Lyon par le Syndicat des TCRL | MM. Béraudier, Bayet, Guilhem, Cloppet |
| 19-01-1970 | Comité de surveillance de l’Atelier d’urbanisme lyonnais | M. Rollet |
| 10-02-1969 | Conseil d’administration de la société d’étude du métro (SEMALY) | MM. Pradel, Gagnaire, Ottina |
| 10-02-1969 | Commission des Grands ensembles | Vice-président délégué aux transports |
| 10-02-1969 | Commission mixte permanente d’études pour l’aménagement routier de la région lyonnaise | MM. Gagnaire, Laurent et Rivière |
| 28-04-1969 | SEM LPA | MM Pradel, Gagnaire, Béraudier, Brissy et Houel |
| 29-09-1969 | SEM pour l’étude et la réalisation d’un plan d’automatisation communale | M. Pitiot |
| 22-12-1969 | Commission mixte chargée d’élaborer un projet de reclassement de certaines voies traversant le territoire de la Communauté Urbaine | MM. Gagnaire, Bayet, Sanlaville, Tournissoux et Pichon |
De ce point de vue, nous pouvons observer que le système de commissions et de délégations qui se développe au sein de la communauté urbaine reprend et prolonge celui qui s’était structuré autour des activités du Conseil Municipal et des secteurs d’intervention de la municipalité. Parfois, comme au niveau du transfert de compétences et du transfert de personnel, la communauté urbaine reprend purement et simplement la place de la Ville de Lyon dans certaines instances ou au niveau de certains domaines d’action. Dans d’autres cas de figure, la situation est plus floue et nombreuses sont les commissions ou les secteurs d’intervention « doublons » entre la communauté urbaine et les communes. En témoigne par exemple le fonctionnement parallèle des commissions des travaux et des transports à la communauté urbaine avec celui des commissions municipales de circulation dans les villes de Lyon et de Villeurbanne.
Si l’on ose des prolongements et des comparaisons encore plus contemporains, nous pouvons nous rendre compte que le rôle et le fonctionnement des commissions municipales et extra- ou para-municipales, encore nombreuses aujourd’hui, ont profondément changé1727. Surtout, l’importance qui semblait devoir leur être attachée a fortement évolué depuis les périodes que nous avons étudiées1728. Aujourd’hui elles sont le plus souvent perçues comme des chambres d’enregistrement sans véritable poids dans la construction de la décision1729 ni dans les choix politiques et techniques mis en œuvre1730. Par ailleurs, trop nombreuses et trop larges, elles ne permettent ni un mode d’action efficace et cohérent ni une concertation plus large et utile1731. Enfin, d’autres niveaux de décisions, d’autres lieux sont devenus plus centraux dans la construction et l’élaboration des décisions techniques et politiques concernant les transports et la circulation urbaine : la COURLY (bureau communautaire, commission générale, cabinet du président et des vice-présidents, les différentes commissions spéciales, Mission Déplacements), le SYTRAL, LPA, la Direction des déplacements urbains à la Ville de Lyon…
Si cette description du fonctionnement des commissions actuelles pouvait également correspondre parfaitement à certaines anciennes commissions, notre étude a montré, du moins entre les années vingt et les années soixante, l’importance et la centralité de la commission municipale de circulation sur les attributions qui lui étaient confiées, voire au-delà. Historiquement à certains moments clés, ses attributions correspondaient à l’ensemble des acteurs et des structures que nous venons de décrire sur le plan des transports. En effet au cours d’une période où les experts participant1732 et les associations représentant les intérêts professionnels et concernés étaient plus clairement identifiés1733, l’action de la commission municipale de circulation pouvait rassembler les points de vue intéressés par les enjeux de circulation. Aujourd’hui les associations ont évolué, se sont diversifiées et leur nombre a fortement augmenté. Leur mobilisation et leur pouvoir de contestation sont plus importants1734. Pendant une période non négligeable, l’ACR représentait un partenaire utile et quotidien pour les pouvoirs publics. Il représentait à lui seul la variété des mondes automobiles. Il jouait en même temps le rôle d’expert technique, tout en favorisant l’adhésion de ses membres aux aménagements de la circulation. Il était force de proposition et d’initiatives, qu’il pouvait de lui-même, par ses structures et ses activités, lancer, soutenir et accompagner. Aujourd’hui sa voix ne compte que parmi un ensemble d’autres associations qu’il a vu naître1735 et parfois accompagné1736. Son rôle a progressivement décliné à partir des années soixante-dix et quatre-vingt au sein de la Commission municipale de circulation1737.
Par ailleurs les fonctions de la commission renvoyaient à des besoins et une certaine urgence dictés par le développement considérable de l’automobile. Il fallait en même temps réglementer, adapter, contrôler, aménager la circulation. Tout était à faire : construire, prolonger et aligner des rues, aménager et réaménager des carrefours, prévoir des parkings. Sans négliger l’importance et le rôle de groupes de travail1738, qui sont toujours les pré-requis incontournables à l’élaboration d’une action collective politique aujourd’hui, les modes d’actions ou de réflexions entrepris sur un plan municipal et inter-communal sont plus diffus et plus complexes, il s’agit de lutter pour la sécurité routière, accompagner le recul de l’automobile, favoriser le partage de l’espace public, agir en faveur du développement durable1739…
Le mode de gouvernement par commissions que nous avons décrit est donc à situer dans un cadre politique, historique et administratif très précis. Il ne semble pas résister au contexte des années soixante-dix (crise urbaine, intercommunalité, nouveaux enjeux sociaux et environnementaux…). Aujourd’hui si l’action collective se construit autour d’une participation plus large et plus ouverte de la société civile, des experts ou des profanes1740, la complémentarité des tâches politiques, administratives et techniques se perpétue à partir de la mise en place de comités de pilotage et non plus de commissions1741. Même si ces dernières sont souvent en apparence maintenues, en quantité et sous d’autres formes, les dispositifs les plus prompts à encadrer la production d’une action collective semblent correspondre aux comités de pilotage technique ou politique qui structurent de plus en plus les modes de gouvernement urbain1742.
Au cours de ce chapitre, nous avons identifié et repéré qui gouverne la circulation urbaine à Lyon. Ce gouvernement s’inscrit principalement dans le cadre des commissions mises en place pour gérer ce problème. Avec plus ou moins de proximité avec la gestion de la question automobile, plusieurs commissions sont en effet mises en place tant au niveau national, départemental que communal, dans les sphères publiques comme dans celles privées. La cohérence des modes de décision et d’action s’opère alors principalement à partir d’une structure centrale qui traverse d’autres espaces de concertation et de production d’expertise. Dans cette perspective, un mode de gouvernement tout à la fois organisationnel, politique et technique se consolide à travers l’institutionnalisation progressive d’une commission municipale de la circulation permanente et à partir de la participation ouverte et régulière d’un certain nombre d’acteurs au processus de décision.
C’est donc un système d’acteurs et d’actions qui nous est donné à voir avec ses alliances, ses interdépendances, ses impasses, et ses relations avec son environnement. Dans ce sens, le gouvernement par commissions correspond au rassemblement d’acteurs et de points de vue éclatés et permet dans un premier temps le développement de premières formes de concertation. Une fois le système institutionnalisé, il tend vers la co-production de l’action publique et la construction d’expertises. Dans notre cadre d’analyse, nous avons plutôt mis l’accent sur ce mode de gouvernement à travers les dispositifs d’action publique, que constituent les commissions. Cette régulation du secteur de la circulation urbaine passe par l’intégration des différents acteurs concernés par ce problème et s’ouvre sur une prise en compte progressive des thématiques abordées dans ce champ d’intervention1743.
Nous sommes donc au cœur de notre questionnement sur la prise en charge de la question automobile en ville. A terme, elle nécessite la production de savoirs et le recours à des experts qui concourent à la définition de cette question à partir de thèmes et de secteurs définis. Il nous reste à appréhender concrètement la manière dont cette expertise se construit et se développe et, parallèlement, à étudier les actions et projets mis en œuvre dans le cadre de cette configuration d’action publique. Il s’agira surtout, progressivement, d’en percevoir les dépassements voire les prolongements dans d’autres dispositifs d’intervention publique ou dans d’autres scènes de dialogue technique, politique ou associatif sur les questions de circulation urbaine1744.
Cette deuxième partie nous a permis de revenir sur les acteurs, les instances et les structures qui gouvernent la circulation urbaine. Nous avons tout d’abord mis l’accent sur le système d’acteurs qui s’organise autour de la gestion de ces problèmes. La collaboration entre les représentants des services de l’Etat et ceux des collectivités locales est au cœur de cette régulation. Elle s’illustre notamment à travers les relations entre le Maire et le Préfet et à partir du positionnement entre ingénieurs des villes et ingénieurs de l’Etat. Nous avons ensuite montré la mise en place de plusieurs commissions au niveau national et local, dans le secteur public et privé. Elles contribuent à l’ouverture d’espaces de discussion des problèmes automobiles. Si elles se présentent sous des tailles et à des échelles différentes, elles permettent aux différents acteurs qui participent à plusieurs d’entre elles de partager des pratiques et des habitudes de travail sous un mode collaboratif et délibératif.
Puis nous avons vu que dans plusieurs villes s’institutionnalise progressivement une commission municipale de circulation1745. Cette dernière s’insère au cœur d’un ensemble complexe et plus vaste d’autres organises délibératifs et consultatifs (au niveau municipal, départemental, déconcentrés ou privé). Ce système de rassemblement des acteurs et structures intéressés par les questions automobiles émerge avant la Première Guerre Mondiale, se construit pendant l’entre-deux-guerres et se développe considérablement pendant les Trente Glorieuses, et ce malgré plusieurs contestations et des tentatives de réformes. Sur la thématique de la circulation urbaine, il caractérise la structuration des pouvoirs urbains, marquée par un mode de collaboration permettant la production d’une action publique et liant acteurs privés et acteurs publics, collectivités locales et services de l’Etat, élus et fonctionnaires, administratifs et techniciens.
Nous avons davantage mis l’accent sur les processus de dialogues entre les niveaux central et local et au sein de ces différentes sphères, plutôt que sur les luttes et les oppositions entre le centre et la périphérie1746. Ce gouvernent de la circulation urbaine est consolidé par des mécanismes de production de connaissances empiriques, qui permettent de proposer à la fois une définition et une réponse au problème. En ce sens la construction de savoirs est directement connectée aux enjeux de gouvernement. Pour exemple, si les membres de l’ACR parviennent à participer activement au gouvernement par commissions mis en place par la Ville de Lyon, c’est surtout au titre de leur capacité de production d’expertises sur cette thématique. Enfin si nous faisons l’hypothèse de la fin ou l’éclatement de ce système à partir des années soixante-dix, il reste à approfondir ces questions à partir d’une analyse plus fine de la redéfinition des interventions de l’Etat1747, de la mise en place des intercommunalités, de la décentralisation et de l’émergence d’une démocratie locale et participative.
Après avoir étudié la régulation de ce secteur et identifié les acteurs et les structures qui gouvernent ou tentent de gouverner l’automobile en ville, nous allons voir comment ils y parviennent, notamment à partir de la mise en place de dispositifs et d’instruments d’action publique susceptibles de fournir des réponses et de développer des savoirs pour circonscrire une partie des problèmes identifiés.
Le 1er janvier 1969, la Communauté urbaine de Lyon, appelée couramment COURLY, se met en place et comprend 55 communes. La structure d'agglomération a une compétence en matière de voirie, de transports urbains, d'assainissement, de ramassage et de traitement des ordures ménagères, de distribution d'eau, et, dans ces domaines, créé des équipements et met en place des politiques d'agglomération.
N° 69-1 - Conseil de Communauté - Projet de règlement (Secrétariat du Conseil) signé par Pradel le 2 janvier 1969, Bulletin Officiel de la Communauté Urbaine, Janvier 1969.
Procès-verbal de l’installation du Conseil de Communauté et de l’élection du Président et de douze Vice-présidents (séance publique du 11 décembre 1968), p. 21.
Note sur la représentation du Conseil de communauté au sein d’organismes divers, cf. A Courly 1620 W 029.
Cf. A Courly 2039 W 004.
Sur l’étude des structures paramunicipales et de l’investissement dans ces dernières des adjoints, voir Borraz, 1998, op. cit., pp. 171-178.
Voir sur ce point les entretiens réalisés avec Robert Batailly (11-01-2006) ou Paul Feuga (28-11-2005), conseillers municipaux sous Pradel puis Collomb.
Voir sur ce point les entretiens réalisés avec Christian Philip, ancien 1er adjoint sous Barre, ancien président du SYTRAL et de LPA (13-12-2004) et Jeanne d’Anglegan, conseillère municipale et communautaire sous Barre et Collomb (07-10-2004).
Pour le cas de Besançon, Olivier Borraz abonde dans ce sens en soulignant qu’ « au sein de l’institution municipale, les commissions qui entourent le conseil –dont la présidence revient toujours au maire et la vice-présidence à un adjoint- ne font pas l’objet d’un investissement particulier de la part des adjoints. Ne comprenant que des conseillers municipaux, leur rôle demeure très formel et leur efficacité réduite en tant que moyen d’action municipal ». Il en profite pour citer un document rédigé à la suite du séminaire d’Ornans du 22 juin 1991, qui a réuni les élus du groupe majoritaire pour faire le point sur l’action engagée depuis 1989 et le mode de fonctionnement de l’institution municipale : « Les commissions se réunissent peu, l’absentéisme y est important, conséquence probables de ce qu’elles sont, de simples lieux d’information, où l’ordre du jour porte sur des sujets ponctuels et non sur des orientations », cf. Borraz O., 1998, op. cit., p. 174.
Voir sur ce point les entretiens avec Nicole Bargoin (16-01-2006) ou Guy Frond (18-01-2006), conseillers municipaux puis communautaires élus sous Barre puis Collomb.
Voir sur ce point les entretiens réalisés avec David Herquelle, directeur de la Direction des déplacements urbains à la Ville de Lyon (05-04 2006) et Marine Bareille, chargée de mission à la Mission Déplacements de la COURLY (06-04-2006).
Au sein de la municipalité, au niveau des services déconcentrés, ou à l’extérieur.
A travers l’ACR notamment, la CCL ou des syndicats de transporteurs.
Voir sur ces points les entretiens avec Bernard Loreille (01-10-2004), Colette Olivero (14-04-2004), Paul Scherrer (17-03-2004), Régis Neyret (06-09-2004) ou Pierre Grosjean (03-11-2004).
Comme Réagir-Droit du piéton ; Lyon-Métro ; la DARLY (se Déplacer Autrement dans la Région Lyonnaise) ; Lyon-Tramway…
Comme La Prévention Routière, ou les Chevaliers de la Route.
Voir les entretiens avec Robert Batailly (11-01-2006) et Colette Olivero (14-04-2004).
En ce sens, aujourd’hui comme hier, les réunions, les commissions, les groupes de travail, les structures d’études ou d’élaboration des décisions ne peuvent être remplacés par d’autres modes d’organisation ou de production d’une action collective, technique ou politique. L’enjeu du rassemblement tant politique qu’organisationnel reste au coeur de la gouvernance des sociétés démocratiques notamment celles qui revendiquent une dimension « participative ».
Voir sur ce point les entretiens avec David Herquelle (05-04-2006) ou Marine Bareille (06-04-2006).
Voir Callon M., Lascoumes P. et Barthe Y., Agir dans un monde incertain, Essai sur la démocratie technique, Le Seuil, Paris, 2001.
Mis en place aujourd’hui pour le suivi de projets (comme la construction de la Halte SNCF Jean Macé dans le 7ème arrondissement de Lyon, ou la réalisation d’une ligne de tramway) ou la régulation d’un secteur d’intervention publique (telle que la prévention de la délinquance), voir sur ce dernier point les travaux de Bilel Benbouzid, thèse en cours de géographie sur l’émergence du champ de la sécurité urbaine, Lyon 2.
En témoignent les réformes et les ajustements structurels engagés au Grand Lyon depuis le mandat de Michel Noir, voir sur ce point Belmessous F. (dir.), La fabrique d’un territoire communautaire : Des lieux, des projets, des représentations et des politiques, Rapport final POPSU, Vaulx-en-Velin, novembre 2008.
Ainsi notre perspective de recherche n’avait pas pour objectif de montrer l’effet des commissions sur les décisions municipales (prises effectivement au final après délibération) ou sur le Conseil Municipal étant donné que notre investigation ne nous permettait pas de revenir ou de trancher sur ce point. Il s’agissait plutôt de montrer la structuration d’un mode de gouvernement particulier articulé autour de l’institutionnalisation de dispositifs d’action publique permettant la régulation d’un secteur d’intervention publique.
Ou dans le cadre de celles que nous avons déjà entrevues : associations, revues…
Le même phénomène a été également repéré au niveau central autour de la grande Commission centrale de véhicules et de la circulation générale.
Nous rejoignons en ce sens les analyses mettant en évidence les phénomènes de régulation croisée, cf. Grémion P., 1970, art. cit. ; Crozier M. et Thoenig J.-C., 1975, art. cit. ; ou Thoenig J.-C., 1975, art. cit.
Et la redéfinition du rôle des grands corps techniques. Voir sur ce point Offner J.-M., L’expertise locale en transports urbains dans les années 1970. L’ère des nouveaux technocrates, Rapport INRETS, janvier 1987.