A la Préfecture du Rhône, le corps des gardiens de la paix constitue lui aussi ses propres données sur le recensement de la circulation principalement sur le territoire de Lyon. Au niveau du Département, les services de gendarmerie produisent leurs propres tableaux des conditions de circulation. Ainsi de leur côté, les services de police de la Préfecture s’occupent principalement du contrôle des règlements de circulation. Ils gèrent également les accidents de la circulation. Ils ont donc à établir des rapports en lien avec ces interventions. Ils peuvent par ailleurs effectuer des opérations de comptage de la circulation et établir ainsi des statistiques sur cette circulation tout comme sur les accidents de la circulation.
A plusieurs reprises du côté de la Préfecture, le Corps des gardiens de la paix produit des statistiques sur la circulation des véhicules en des points très fréquentés de la Ville de Lyon, à des heures et des dates différentes1870. Voici un premier exemple de tableau de comptage de la circulation :
| Comptage de la circulation | |||||
| Date du recensement | Points où le recensement a été fait | Voitures automobiles de tourisme passées de… | |||
| 6 h à 12 h | 12 h à 18 h | 18 h à 24 h | Total | ||
| 1er février 1924 | Place des Terreaux, angle rue d’Algérie | 417 | 834 | 558 | 1839 |
| … | … | … | … | … | … |
Il s’agit donc d’un premier tableau de comptage du passage des véhicules dans certains secteurs de la Ville. Cela peut permettre notamment de mesurer les besoins en matière de surveillance de la circulation par des agents de police pour certaines heures et certains carrefours. Avec le développement de la circulation automobile, les outils et les techniques qui permettent d’appréhender son évolution changent. D’autres procédures pour collecter des données sont donc mises en oeuvre par les services de police. Elles peuvent ainsi concerner le nombre et les caractéristiques des infractions à Lyon. Etablies toutes les une à trois semaines par le district de police de l’agglomération lyonnaise (Voie publique, de la Direction générale de la sûreté nationale, Ministère de l’Intérieur), elles sont ensuite soumises pour information au secrétariat général de la mairie et au 3ème Bureau de la 2ème Division de la Mairie de Lyon ainsi qu’à l’adjoint en charge des questions de circulation. Les infractions aux arrêtés municipaux sont répertoriées comme suit1871 :
| Infractions aux arrêtés municipaux | |||
| 1 - Règlement général de la circulation (A.M. du 03-04-1967) | Circulation | Franchissement carrefours au feu rouge | Nombre |
| Franchissement bandes jaunes continues | Nombre | ||
| Autres infractions à la circulation | Nombre | ||
| Stationnement | Zone bleue | Nombre | |
| Autres lieux | Nombre | ||
| 2 - Règlement sanitaire (A.M. du 11-07-1942) | Nombre | ||
| 3 - Affichage sur les édifices publics (A.M. du 09-09-1920) | Nombre 1872 | ||
Avec les chiffres présentés régulièrement dans ce type de tableau, on se rend compte qu’à la fin des années soixante, les infractions les plus importantes concernent le stationnement. Par ailleurs, le Commissaire Divisionnaire du District de l’agglomération lyonnaise1873 fait établir par le Commissariat Central de l’Agglomération lyonnaise (Corps des gardiens de la paix) des statistiques sur les accidents de la circulation. Il les transmet au Procureur de la République de Lyon et au Maire de Lyon (Secrétariat général de la Mairie). On retrouve ainsi pour la période 1958-1970 les statistiques du nombre d’accidents, de morts et de blessés par mois. Le tableau est fourni un mois après le mois écoulé et présenté comme suit1874 :
| Accidents dans l’agglomération lyonnaise | |||||||
|
C
A U S E S |
Nombre d’accidents |
T O T A L |
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| Entre véhicules autos | Entre autos et deux roues | Entre engins à deux roues | Autos seules | Engins à deux roues seuls | Engins à deux roues et piétons | ||
| Inobservation des signaux d’arrêt et de priorité | |||||||
| Excès de vitesse | |||||||
| Doublage et dépassement | |||||||
| Changement de direction sans les précautions nécessaires | |||||||
| Manœuvre en marche arrière | |||||||
| Accidents survenus avec piétons | |||||||
| Conduite en état d’ivresse | |||||||
| Divers | |||||||
On peut remarquer le détail dans la présentation des différentes causes d’accidents, répertoriées en huit catégories et au niveau des véhicules impliqués (avec six combinaisons possibles). Cette classification permet d’établir un premier panorama des caractéristiques des accidents dans l’agglomération lyonnaise. Au-delà des fichiers statistiques détaillés propres aux différents services gestionnaires de la route, elle offre ainsi un bilan régulier de l’accidentologie routière aux différents responsables de la circulation à Lyon. Cela permet déjà de repérer les enjeux à partir desquelles une action publique en faveur de la sécurité routière peut être mise en œuvre. Au-delà des données produites et des outils mis en place par les services de police, les questions routières sont également sujettes à une mise en forme quantitative de la part des services techniques départementaux.
La mise en forme administrative à laquelle participent les services techniques et administratifs des autorités centrales et locales débouche dans certains cas sur une véritable cartographie des problèmes automobiles. Il s’agit alors de proposer un nouveau cadre de compréhension des problématiques routières, de circulation ou d’accidents de la circulation.
Cf. AML 1140 WP 094.
Cf. AML 1065 WP 0083.
Dans ces deux derniers cas, le nombre d’infractions est en général très peu élevé.
District de police de l’agglomération lyonnaise, Secrétariat général pour la police, Ministère de l’Intérieur.
Cf. AML 1065 WP 0101.