Un premier moment intégrateur des expériences locales est organisé à partir des journées d’études de commissions municipales de circulation à Lyon en 1955 et Rouen en 1959 lancée à l’initiative de la commission municipale de circulation de la Ville de Lyon et de l’ACR2125. Ces manifestations donnent l’occasion aux experts et responsables des questions de circulation urbaine d’échanger sur les problèmes qu’ils rencontrent et les solutions qu’ils ont mis en place. C’est dans ce cadre que se font connaître les réflexions développées par Joseph Aussel.
Dès 1953, la commission de circulation de la Ville de Lyon cherche à provoquer une réunion des délégués des organismes analogues fonctionnant dans les autres grandes villes françaises2126. Une invitation est adressée au mois d’août 1954 aux maires de toutes les villes de plus de 100 000 habitants, pour qu’ils envoient un délégué afin d’étudier en commun les problèmes posés dans toutes les agglomérations importantes par le développement continu de la circulation automobile. L’objectif consiste à faire représenter les villes invitées par un ou plusieurs membres de la municipalité ou chef des services techniques ou administratifs.
Au final vingt-quatre villes2127, y compris Lyon, assistent aux journées d’études lyonnaises, les 21 et 22 mars 19552128, dont vingt-deux de plus de 100 000 habitants. Bordeaux2129 et Lille sont les grandes absentes et Vichy, Villeurbanne, Brest, Mulhouse et Angers, villes plus modestes en nombre d’habitants, se rajoutent aux villes pressenties. Plusieurs vœux sont transmis aux ministres concernés par l’intermédiaire du Maire de Lyon2130. Par ailleurs, les participants, notamment les délégués des plus petites villes, témoignent de l’intérêt et de la bonne tenue de ces journées2131. Enfin, émerge l’idée de créer un organe permanent des commissions municipales pour reconduire, tous les deux ans, le congrès tenu à Lyon. Les plus actifs des participants siègent également dans ce Comité2132, dont Maître Amieux, membre de l’ACR et de la commission municipale de circulation de la Ville de Lyon, qui en est le président.
‘« (…) L’idée que vous avez conçue de donner naissance à une sorte de Comité permanent qui serait le prolongement de ces journées d’études, permettra d’assurer d’une année à l’autre la résolution de tous les problèmes posés en ce domaine de la circulation urbaine. Il rendra possible, d’autre part, la constitution d’un fichier technique où figureraient toutes les expériences et essais entrepris ainsi que les résultats les plus probants au sujet des parkings, des signalisations, des garages etc… Je suis, pour ma part, heureux d’avoir spontanément donné mon adhésion lorsque vous avez bien voulu en séance, demander quels étaient ceux des techniciens présents qui pourraient se faire inscrire comme adhérents à ladite Commission permanente. La soirée à l’ACR a complété très heureusement le programme si rempli des journées d’études et je pense que les personnes présentes ont pu tirer de notre voyage en Amérique quelques éléments utiles d’appréciation et un incontestable intérêt. (…) Dites vous bien que je ressaisirais à nouveau toutes occasions qui pourraient se présenter, pour participer à d’autres manifestations techniques que la Ville de Lyon pourrait prendre l’initiative de préparer. Je garde le contact avec Maître Amieux, Président de la Commission permanente et je lui accorderai, dans toute la mesure possible, le concours dévoué que vous pouvez supposé (…) »2133 ’Ces premières rencontres se prolongent à Rouen, où sont organisées les Secondes journées d’étude des commissions municipales de circulation les 12, 13 et 14 octobre 1959. La Ville de Rouen avait été impliquée dans l’organisation des premières journées. On retrouve une nouvelle fois une forte participation de la Ville de Lyon2134, qui met en place une sous-commission chargée de la rédaction des réponses aux questionnaires des journées d’études des commissions de circulation, et de Amieux, secrétaire du Comité permanent des journées d’études2135. Vingt-cinq villes2136 sont représentées avec un à plusieurs délégués. La Ville de Paris envoie quant à elle trois délégués. On retrouve comme à Lyon des représentants de la presse2137 et plusieurs personnalités marquantes2138.
| Programme des journées de Lyon | ||
| Thèmes | Rapporteurs | |
| Thème I | Le stationnement | Malcor, ingénieur en chef des ponts et chaussées, directeur des services techniques de la Ville de Marseille ; Gsell, ingénieur en chef de la Ville de Lyon |
| Thème II | L’aménagement des chaussées et des carrefours | Graff, Adjoint au Maire de Rennes |
| Thème III | La réglementation | Doudet, Adjoint au Maire de Rouen |
| Thème IV | La spécialisation des voies | Scellos, ingénieur en chef des services techniques de la Ville du Mans |
| Programme des journées de Rouen 2139 | ||
| Thèmes | ||
| Thème I | Stationnement | Choain, ingénieur en chef de la Ville du Havre |
| Thème II | Signalisation | Elophe, conseiller municipal de la Ville de Oran |
| Thème III | Bruits et éclairage des véhicules | Duranson, directeur général des services techniques de la Ville de Toulon |
| Thème IV | Fond Spécial d’Investissement Routiers | Graff, Adjoint au Maire de Rennes |
| Thème V | 1°) Application des règlements municipaux 2°) Rôle des services de police |
Eitz, directeur des services de la circulation de la Ville de Strasbourg Aussel, commissaire central honoraire, secrétaire de la commission, de circulation de la Ville de Saint-Étienne |
| Thème VI | Uniformisation des règlements de la circulation urbaine | Amieux, délégué de la Ville de Lyon, secrétaire du comité des journées d’études des commissions municipales de circulation et membre de l’ACR |
L’objectif de ces journées consiste à faire travailler des délégués municipaux (élus ou fonctionnaires des services techniques ou des forces de l’ordre) sur les problèmes liés à la circulation, au stationnement et à la sécurité routière. Ces rencontres favorisent le recueil, l’harmonisation et la diffusion des connaissances dans ces domaines en plein essor. C’est dans ce cadre que les responsables des villes françaises expriment leur besoin de favoriser le développement des savoirs sur la circulation urbaine. Par ailleurs, les discussions favorisent les réflexions concernant l’établissement d’un code urbain de la circulation.
En même temps, l’organisation des journées d’études des commissions municipales de circulation est une manière de court-circuiter l’intervention des services étatiques pour porter l’attention sur des enjeux exclusivement urbains. D’autre part, il s’agit notamment pour les organisateurs lyonnais d’écarter pour un temps les problématiques et les acteurs parisiens pour constituer un réseau en dehors de la capitale et réfléchir aux problèmes spécifiques des grandes et moyennes villes françaises. A Rouen, les délégués parisiens reviennent en force comme leurs homologues du Ministère des travaux publics. Les réflexions et enquêtes initiées par les villes repartent dans le giron de l’Etat. D’autant plus que les journées de Rouen ne trouvent pas de suite2140. L’organisation de la représentation des délégués municipaux permet déjà d’entrevoir les difficultés pour les municipalités de financer et d’encourager ce type de manifestations. Une lettre du 30 septembre 19592141 de Graf, Adjoint au Maire de Rennes à Doudet, Adjoint au Maire de Rouen revient sur cette question sensible de l’équilibre entre élus et fonctionnaires municipaux :
‘« Contrairement à ce que la commission permanente de la circulation avait souhaité lors de sa réunion du 18 juin dernier et à mes demandes des 10 août 1959 et 16 septembre 1959, la Ville de Rouen a décidé de ne prendre en charge que le séjour d’un délégué par ville. Ou bien nous aboutissons à une assemblée d’élus – se substituant par exemple à l’Association des Maires – ou bien à une assemblée d’Ingénieurs se substituant à l’Association des Ingénieurs des villes. Je continue à penser qu’il aurait été souhaitable que chaque ville puisse être représentée par deux personnes : si possible : le Maire ou l’élu responsable de la circulation et l’ingénieur spécialisé dans ces questions. (…) Je regrette donc d’avoir à vous faire connaître ma décision de ne participer à aucune des manifestations officielles prévues les 12, 13 et 14 octobre prochains à Rouen. Je ne prendrai part qu’aux séances de travail. Je vous demande en outre de ne me retenir aucune chambre. Je ferai mon affaire personnelle de mon séjour en votre ville. (…) PS : J’adresse copie de cette lettre aux villes invitées. »’Cette question de la représentativité des élus et des fonctionnaires était au cœur de ces rencontres et en constituait l’intérêt incontestable par rapport aux associations d’élus ou de professionnels. Elle se pose également, comme nous le verrons, à l’occasion des missions ou des voyages d’études, pour lesquels l’équilibre entre élus et fonctionnaires n’est pas toujours assuré.
Dans un registre plus permanent, la création en 1937 de l’Association des ingénieurs des villes de France, puis son développement, constituent un autre facteur de rassemblement des problématiques concernant la circulation urbaine. Ainsi les rencontres, les publications2142 ou les groupes de travail de cette structure permettent une montée en généralité d’enjeux locaux qui se trouvent relayés à un autre niveau de compréhension et de diffusion. Lorsqu’il s’agit par exemple de diffuser un projet d’arrêté concernant l’uniformisation des règlements de la circulation urbaine, dans un cadre de portée générale, réalisé par les Services de la circulation et les Services techniques de la Ville de Bordeaux, les responsables bordelais choisissent de le publier dans la Revue des AIVF (numéro de Mars 1959). En l’absence de structures d’études chargées de centraliser les savoirs sur l’urbain2143, la préparation des manifestations, le fonctionnement des groupes de travail et l’activité de la revue de l’AIVF offre donc une vitrine aux ingénieurs des villes pour collecter et diffuser des savoirs concernant les problématiques de la circulation urbaine. Ainsi le groupe de travail « Circulation et signalisation » est créé le 4 février 1967 et cette thématique est abordée dans la plupart des congrès Annuels de l’association2144. Ce groupe devient l’un des plus actifs et ses membres se positionnent progressivement dans d’autres structures où les questions sont abordées : comité technique de la vicinalité, commission de l’équipement urbain, commission Etat-Villes… Par l’intermédiaire des activités de leur Association, les ingénieurs des villes de France se positionnent donc pour faire bouger les choses du côté de la réglementation de la circulation, de la signalisation et du stationnement2145. Mais s’ils sont présents également sur les questions routières par l’intermédiaire des réflexions sur la voirie urbaine, ils sont plus enclins à laisser ce secteur d’intervention aux services de l’Etat et à ses ingénieurs, dont les associations, les réseaux et les formations en ont historiquement construit le monopole des connaissances et des interventions.
Un dernier facteur d’harmonisation des questions de circulation urbaine semble se dessiner à travers les propositions et initiatives privées concernant l’équipement urbain. Un nouveau secteur se développe autour des dispositifs techniques accompagnant la régulation de la circulation, l’organisation du stationnement ou l’amélioration de la sécurité routière (régulation des feux et des carrefours, signalisation au sol, plan de jalonnement, mise en place de plots, parcmètres…). A travers la publicité mise en place, l’accompagnement de manifestations (congrès, expositions), ou l’envoi de brochures techniques, les entreprises privées deviennent des partenaires des associations professionnelles ou des collectivités locales. Les revues techniques, les congrès ou l’édition des brochures concernant la réglementation de circulation sont parrainés par ces sociétés. Des solutions techniques reproductibles à partir de réalisations locales sont ainsi données à voir dans des encarts publicitaires ou à partir de documentations techniques spécifiques. Les années soixante sont marquées par une certaine frénésie dans la conception et la production d’équipements urbains pour améliorer les problèmes de circulation.
Le positionnement des acteurs de l’urbain sur le plan national nous amène à observer un double positionnement : de l’AIVF, en quête de reconnaissance, et des représentants des villes vis-à-vis de l’Etat ; des grandes villes (Lyon, Marseille, Bordeaux) face à Paris qui représente le centre et en même temps l’Etat. Dans les deux cas, il s’agit de mettre en avant la spécificité de l’urbain (pour gérer la circulation, les questions de signalisation ou de stationnement), à laquelle, selon eux, les représentants et les ingénieurs d’Etat ne sont pas encore assez sensibilisés. En même temps ils défendent une volonté d’harmonisation et un besoin de production d’une expertise à destination des grandes et moyennes villes françaises, en dehors des enjeux propres à la capitale.
De ce point de vue, les acteurs urbains luttent au niveau national comme sur le plan international avec les représentants de l’Etat pour une meilleure prise en considération des enjeux automobiles dans les problématiques urbaines. L’analyse des circulations internationales a permis d’observer que les villes ne sont pas reconnues comme échelon pertinent d’une compréhension des problèmes automobiles. Dans un cadre national, on a vu que les circulations entre villes tentent de fonctionner en dehors de Paris à partir d’autres réseaux (élus et techniciens) et d’autres canaux via les manifestations inter-municipales, ou dans un cadre associatif ou professionnel (AIVF). Il s’agit de revenir sur les lieux et les espaces producteurs de savoirs sur les questions de circulation urbaine.
Avec le soutien du Syndicat d’Initiative et du Syndicat départemental des Transporteurs routiers du Rhône, cf. AML 1172 WP 022.
Cf. Lettre du 17 décembre 1953 de l’Adjoint délégué au Maire de Lyon aux Maires de Marseille, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Lille, Nice, Saint-Étienne, Strasbourg, Toulon, Rennes, Nancy, Reims, Clermont-Ferrand, Limoges, Rouen, Le Havre, Grenoble, Roubaix, Dijon, Le Mans, cf. AML 1068 WP 064.
Angers, Brest, Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble, Le Havre, le Mans, Limoges, Marseille, Mulhouse, Nancy, Nantes, Nice, Reims, Rennes, Roubaix, Rouen, Saint-Étienne, Strasbourg, Toulon, Toulouse, Vichy, Villeurbanne.
Les participants membres de la commission municipale de circulation de la Ville de Lyon sont naturellement les plus nombreux, au nombre de trente-huit. Les délégués des autres commissions municipales viennent entre un et quatre représentants par ville invitée. Les villes de Marseille et de Saint-Étienne sont les plus représentées, tout comme de manière générale, les plus petites villes.
Avec le remaniement des services de circulation à Bordeaux au cours de l’année 1955, il y a peut-être une explication concernant le fait que Bordeaux ne vienne pas aux Journées d’Etudes de Lyon de 1955, alors qu’au départ la Ville devait être représentée, voir la note du secrétariat général de la Ville de Bordeaux du 28 juin 1955, cf. AMB 10 W 19.
Voir « A Lyon, des commissions municipales des grandes villes ont discuté de la circulation », L’Argus du 14 avril 1955 ; « Lyon reçoit les délégués des grandes villes de France » et « Petit bilan de l’œuvre accomplie déjà en faveur de la circulation à Lyon », Le carnet de l’automobile, Mars 1955, n° 39. Voir aussi le n° 40 de avril 1955 du Carnet de l’automobile.
Cf. Lettre du 25 mars 1955 de Gallienne (Président Union Routière de France), Lettre du 28 mars 1955 du Maire de Nancy, Lettre du 28 mars 1955 de Maurice Duranson (ingénieur en chef de la Ville de Toulon), Lettre du 30 mars 1955 de Graff (Adjoint au Maire de Rennes), Lettre du 25 mars 1955 du 1er Adjoint au Maire de Mulhouse, Lettre du 28 mars 1955 du Docteur Chabrol (Adjoint au Maire de Vichy et Président de la Commission de Circulation), Lettre du 28 mars 55 de Daudet (secrétaire général de la Mairie de Limoges), Lettre du 19 avril 1955 du Maire de Strasbourg, toutes adressées à Fauconnet.
Graff, Adjoint au Maire de Rennes, Bochet Adjoint à la circulation de Marseille, et Duranson, ingénieur en chef de la Ville de Toulon, qui participèrent activement aux débats, siègent également dans ce Comité.
Cf. Lettre de Maurice Duranson, ingénieur en chef de la Ville de Toulon à l’Adjoint Fauconnet du 28 mars 1955, cf. AML 1068 WP 064.
Représentée par les délégués suivants : Fauconnet, Mercier, Gsell, Brunet, Costet, Leridon, Amieux.
Envoi de questionnaires et recueil des réponses des villes en fonction des thèmes qui seront abordés, voir AMB 10 W 68.
Alger, Angers, Bordeaux, Dijon, Grenoble, Le Havre, Le Mans, Lille, Limoges, Lyon, Marseille, Mulhouse, Nantes, Nice, Oran, Paris, Reims, Rennes, Roubaix, Rouen, Saint-Étienne, Strasbourg, Toulon, Toulouse, Vichy.
Journalistes de L’Equipe, L’Automobile, Revue Générale des Routes et des Aérodromes, L’Auto-Journal et de la presse locale.
M. Franclieu, représentant Gallienne, président de l’Union Routière de France ; M. Desvignes, conseiller technique à la Direction de l’Administration Départementale et Communale, représentant M. Lahillonne, Préfet, Directeur de l’Administration Départementale et Communale ; M. Cagnard, Commissaire principal à la Division Générale de la Police Municipale, représentant le Préfet de Police de la Seine ; M. Bertaud, président de l’Association des Maires de France et Maire de Saint-Mande ; M. Bourlon, Directeur de la Circulation et du Commerce à la Préfecture de Police de la Seine ; M. Rouillerat, ingénieur général des services techniques de la Ville de Paris, représentant M. Clairgeon, Directeur Technique de la Voirie Parisienne ; M. Ristich, secrétaire général de la Prévention Routière ; M. Herzog, ingénieur général des services techniques, représentant M. Vaneufville, Directeur Général des services techniques de la Voirie parisienne ; M. Goldberg, ingénieur des ponts et chaussées, représentant M. le Directeur des Routes au Ministère des Travaux Publics et des Transports ; M. Sattonnay, Commandant de la Sûreté Nationale, représentant M. Bastide, chef de bureau de la Circulation et de la Sécurité routière au Ministère de l’Intérieur ; M. Caseau, président de l’association des Ingénieurs des Villes de France et d’Outre-Mer.
A Rouen, en dehors des thèmes de travail balisés, les délégués sont rassemblés par commissions de travail sur des thématiques spécifiques.
Même si une prolongation des discussions sur les questions d’harmonisation des réglementations de la circulation urbaine, est envisagée un temps du côté de l’AMF, voir lettre du 5 décembre 1961 du secrétaire général adjoint de l’Association des Maires de Gironde au secrétaire général de l’AMG, cf. AMB 10 W 69.
Cf. AMB 10 W 68.
Revue, brochures, notes techniques, rapports, manuels et ouvrages.
Dans la perspective d’étendre les capacités expertes de l’Association, le président de l’AIVF suggère la création d’un Institut de Recherches et d’Etudes de l’Equipement urbain au congrès annuel de l’Association à Menton en 1965. Cette suggestion est partagée par le représentant du Ministère de l’Intérieur M. Chauchoy. Cette demande sera au cœur de la problématique des ingénieurs des villes de France en lien avec les volontés des collectivités locales. Mais la volonté de mainmise des services techniques de l’Etat sur la recherche, l’indifférence des élus pour ce qui est prospectif et en particulier pour un projet qui bousculerait leur individualisme freinent sans cesse la création d’un organisme dont l’utilité est d’une évidence croissante. Néanmoins une section Génie urbain sera progressivement mise en place à l’INSA de Lyon.
Voir notre tableau en annexes sur l’activité de l’AIVF.
En 1971, le groupe de travail « Circulation et signalisation » de l’AIVF déplore que la circulaire devant confier aux Maires, pourtant détenteurs du pouvoir de police, la maîtrise d’ouvrage et d’œuvre dans les questions de circulation ne soit pas encore sortie. Pour confronter leur position, le Président de l’association Dejou intervient pour demander que les Ingénieurs des Villes soient présents à la commission permanente de la signalisation.