1.1.6.Concept de l’identité culturelle

L’identité est un phénomène multidimensionnel, largement déterminé par l’appartenance culturelle. Elle se construit au centre d’une constellation de catégories dans lesquelles le soi est tiraillé entre des systèmes de valeurs, linguistiques, religieux, etc. (Rosenthal et Hrynevich, 1985). En effet, l’individu découvre en lui-même des traits qui font partie de son identité et qu’il souhaiterait conserver ou au contraire changer afin de l’aligner sur son identité de valeur, liée elle-même à son image de soi (C. Camilleri, G. Vinsonneau, 1996). Selon S. Abou (1986), l’identité culturelle est donc l’identification à un ou plusieurs groupes culturels déterminés  qui plonge ses racines dans l’identité ethnique29. L’identité culturelle de l’individu est donc une constellation de plusieurs identifications particulières.

L’expression « identité culturelle » est comprise comme l’ensemble des éléments de culture par lequel un individu ou un groupe se définit, manifeste son originalité et se distingue d’un autre groupe humain ou d’une autre société. L’identité culturelle ne s’authentifie pas toujours par une pièce justificative faisant état d’un patronyme ou d’un lieu de naissance : elle se fonde sur différentes valeurs acquises qui, toutes réunies, forment un particularisme que partagent d’autres membres de la société. Ainsi, le concept d’ « identité culturelle » thématise le rapport que l’individu entretient avec son environnement culturel et la contribution de cet environnement à la définition de soi. L’anthropologue M. Kilani (2000) écrit que « … l’assignation d’une identité culturelle à l’autre sert à identifier et à séparer le Nous du Eux 30».

Une conception plus stricte et sans doute plus cohérente de l’identité culturelle envisage comment l’individu se situe par rapport aux éléments de sa propre culture et par rapport aux différences culturelles qu’il perçoit. Ici nous citons Vinsonneau qui écrit que la conception de l’identité culturelle donne lieu à des descriptions énumératives de traits, de fonctions et de comportements, individuels ou collectifs, que l’on considère comme définitivement attachés aux porteurs d’identité. Par le simple fait de leur appartenance à un groupe donné, un certain capital d’attributs – reliés les uns aux autres et différents d’une culture à l’autre – serait transmis, tel un héritage, aux acteurs sociaux.

Notes
29.

S.Abou (1986) L’identité culturelle. Relations interethniques et problèmes d’acculturation. Paris, Ed.Anthropos, pp.30-31.

30.

M. Kilani L’inhumanité de l’autre ? Notes introductives sur quelques concepts clés, p. 25.in R. Gallissot, M. Kilani, A. Rivera (2000) L’imbroglio ethnique, Lausanne, Ed. Payot.