Conclusion partielle

Nous adhérons aux postulats avancés par le programme « Language learning for European citizenship »145 proclamant qu’on doit apprendre à communiquer librement et efficacement afin d’atteindre une compréhension et un estime mutuels. Cela reflète parfaitement le but ultime de l’enseignement/apprentissage de la langue étrangère à l’université pédagogique. Il s’agit d’apprendre des spécificités de la parole et de l’agir du peuple parlant cette langue. Il est à étudier non pas la langue telle quelle, mais plutôt à propos de la langue.

La langue et la culture maternelles de nos apprenants russes doivent leur servir de « passerelle » dans le processus de l’appropriation du FLE.

Il est, en même temps, très important d’inculquer aux étudiants de la faculté des langues de l’université pédagogique le goût de la lecture des textes français de toute sorte, y compris des œuvres littéraires.

La formation d’un esprit critique littéraire garantie à ces apprenants un système de compétences solides concernant la littérature moderne et classique étrangère. Vers la fin des études, ils seront capables d’analyser et d’interpréter les textes littéraires originaux. Ce type de formation est assuré par les cursus théoriques de l’histoire de la littérature et de la stylistique, ainsi que par les cursus pratiques de la lecture analytique et de la lecture à domicile.

L’enseignant doit s’orienter parfaitement dans les questions de civilisation afin de les exposer aux apprenants d’une façon accessible et intéressante, en français ou en russe.

La formation des bases de civilisation française se fait par l’intermédiaire des cursus littéraire et linguistique, celui de civilisation.

N’importe quel discours a besoin d’un contexte socioculturel concret représentant une communauté linguistique et ethnique. La compréhension et la construction de divers types de discours sont ainsi possibles uniquement à la base de la maîtrise d’un système de savoirs sur la civilisation dont on étudie la langue.

Les compétences discursive et linguistique font partie de la compétence interculturelle considérée par les didacticiens modernes comme but d’enseignement de la langue étrangère. Les chercheurs analysent la compétence discursive comme maîtrise de différents types de discours et des règles de leur construction, savoir-faire de les créer et de les comprendre, en fonction de leur contexte (y compris d’un contexte culturel). Elle sera plus vite acquise si les apprenants ont comme référence au moins des échantillons audio et vidéo des dialogues authentiques réalisés par des locuteurs natifs.

En étudiant quelque phénomène de la culture française, il est utile d’évoquer, en parallèle, des sujets similaires caractérisant tel ou tel aspect de la vie en Russie, de sa culture. Cette comparaison permet aux apprenants de mieux comprendre ce premier et de mener plus habilement une conversation « authentique » en salle de cours ou, plus tard, de discuter avec des locuteurs natifs en connaissance de cause.

Le rôle de futurs enseignants de FLE étant de transmettre à leurs apprenants les savoirs et les savoir-faire communicationnels en français, nous évoquerons ci-dessous les particularités de la formation méthodologique de ces premiers en Russie.

Notes
145.

Voir: MASLIKO E. A., BABINSKAÏA P. K. et al., Nastol’naïa kniga …, op. cité, p. p. 331-369.