2/ La place de l’hérédité

En effet, il est nécessaire de se demander quelle place le poète franco-italien accorde à l’hérédité entendue en termes de succession du pouvoir. La Prise de Pampelune et l’Entrée d’Espagne accordent, on l’a vu, une large place à l’épanouissement personnel et individuel des personnages, qui ne doit rien à la lignée à laquelle ils appartiennent. Cette émergence de l’individu amène logiquement à un questionnement au sujet de la transmission des fonctions royales et nobiliaires. La figure de Charlemagne est révélatrice de la position adoptée par Nicolas de Vérone : empereur héréditaire, il serait représentant de la féodalité franque mais l’hérédité du trône et celle du fief sont largement remises en question au regard de la situation politique de l’Italie, et ce d’autant plus que la problématique de l’hérédité des caractères et de la noblesse est influencée par des discours médicaux jusqu’alors inédits.