Dans la lignée des travaux de T. Hägerstrand [1975] et A. Giddens [1987], plusieurs auteurs ont souhaité renouveler l’approche techniciste de la mobilité en développant le champ de la sociologie des transports ([Juan, 1997], [Kaufmann, 1999], [Petit, 2002], [Le Breton, 2002], etc.). J. Petit [2002] souligne l’intérêt d’une appréhension du citadin en termes non pas d’homo œconomicus mais d’homo sociologicus, acteur social doué d’une capacité de juger, de ressentir, et de justifier ses comportements par des choix qui ne sont pas nécessairement d’ordre économique. En ouvrant, par ces termes, une place plus large à la subjectivité de l’individu, on cherche donc à comprendre la mobilité comme un « phénomène social relevable d’une analyse en termes de sens » (Petit, 2002:110). Bien que les enquêtes-ménages puissent être considérées comme une exception à ce niveau, les données associées à ce type d’approches de la mobilité sont plus souvent d’ordre qualitatif. Celles-ci ont pour objectif de comprendre les comportements et les attitudes qui structurent les habitudes de mobilité et les usages [SITRASS, 2001]. Une fois de plus, le panorama de ces techniques de recueil de données pourrait être long, en voici un aperçu [Poupart et alii, 1997]:
Si les approches quantitatives permettent de souligner des propensions, des grandes tendances, les méthodes qualitatives ont plus vocation à expliquer [Juan, 1997]. En ce sens, les méthodes quantitatives et qualitatives sont complémentaires. Ce recensement des différents types de données disponibles dans le domaine des transports permet de mettre en relation les objectifs visés par les études et les données mobilisées. Comment positionner alors les enquêtes-ménages transport, qui peuvent être utilisées à la fois dans des études à visée plutôt technique, à des fins de modélisation et d’aménagement à destination des voyageurs, et dans des réflexions socio-économiques portant sur des citadins ? Quelles sont leurs spécificités et en quoi constituent-elles une source de données privilégiée au regard de notre question de recherche ?
Cette technique de recueil de données a été utilisée entre autres par A. Begag [1984], S. Juan [1997] ou encore L. Rougé [2005].
Dans l’approche clinique, le sujet est appréhendé « à travers un système de relations, constitué en dispositif, c’est-à-dire au sein duquel le praticien, ou le chercheur (…) se reconnaissent effectivement impliqués (…) » (Ardoino cité dans Poupart et alii, 1997:278).