1.1Localisation et locuteurs

Le maba est parlé dans la partie orientale du Tchad, plus précisément dans les départements du Ouaddaï et du Ouadi Fira. La langue est connue sous plusieurs noms, à côté de maba, l’on relève maban et bura maba ou bura mabang. Les Masalit et les Fur le dénomment borgu ou borku. Les Maba eux-mêmes préfèrent maba. On parle aussi fréquemment de ouaddaïenkalam wadday en arabe tchadien -, comme il s’agit de la langue principale de la région du Ouaddaï, celle de l’ethnie dominante. Le terme de Ouaddaï désigne à la fois la région dans laquelle le maba, ou ouaddaïen, est parlée ainsi que le département ayant Abéché pour préfecture.

La région maba (voir carte 1)s’étend actuellement de la ville de Biltine (au nord) à Am Dam (au sud), et d’Abruta (à l’ouest) jusqu’à Torâni (à l’est), soit un territoire d’environ 150 km sur 150 km et correspondant en gros au territoire maba tel que le décrivait Le Rouvreur (1962:165), lorsque les Maba occupaient

‘autour d’Abéché une vaste zone qui s’étend au sud jusqu’à Am Guéréda et les abords d’Am Dam, au nord jusqu’à Biltine exactement, à l’ouest sous le 20e méridien dans le Dar Hibel; à l’est, à égale distance entre les 21e et 22e méridiens.’

Le nombre de locuteurs varie considérablement selon les sources. Le Rouvreur (1962:164) en dénombrait 157.200. D’après Doornbos et Bender (1983), ils sont entre 250.000 et 300.000, cette estimation comprenant les Marfa et les Bakha, dont les langues sont considérées comme des dialectes du maba par ces auteurs. D’après le recensement de 1993, le chiffre s’élève à 317.378 locuteurs maba au Tchad, incluant vraisemblablement d’autres ethnies, tels les Marfa, qui se considèrent comme Maba bien que leur langue soit différente. Ces chiffres seraient donc à revoir à la baisse, mais ils ne comprennent pas, d’une part, les Maba ayant quitté la région pendant la famine de 1984 pour s’établir au Soudan, à Khartoum et dans la province de Gezira principalement (l’un de nos informateurs dit que la langue est toujours vivante dans cette région), ni, d’autre part, ceux qui ont quitté le pays pour une autre raison (recherche de travail, par exemple), et il est difficile de se prononcer sur le nombre exact des locuteurs.

Carte 1 : Tchad
Carte 1 : Tchad