Le maba a été classifié assez tardivement, comme la plupart des langues de la famille nilo-saharienne, celle-ci ayant été définie bien après les autres familles de langues du continent, comme ces langues sont parlées loin des côtes, dans des régions d’accès souvent difficile. L’appartenance du maba à la famille nilo-saharienne avait été reconnue par Childs (1940:46), auteur d’après lequel les Maba parlent un dialecte sara, une langue de la branche Chari-Nil du Sud du Tchad. Greenberg (1966:168) propose la classification suivante pour les langues nilo-sahariennes, dans laquelle le maban constitue une branche distincte :
D’autres classifications, plus détaillées, ont été proposées depuis les travaux de Greenberg. Jungraithmayr (1981:267) donne quelques précisions quant aux langues inclues dans le groupe maban, groupe comprenant le maba ou bura-mabang, le karanga, parlé au Sud d’Abéché, et le masalit, à la frontière tchado-soudanaise, la classification de cet auteur rejoignant dans les grandes lignes celle de Caprile (1978). Bien que les détails diffèrent quelque peu, il ressort de ces travaux que le groupe maba est constitué de trois branches distinctes : la première comprenant le maba, la seconde le karanga et la dernière le masalit, d’autres langues leur étant associées à chacune, le mimi posant problème quant à son identification et sa classification.
Bender (2000:54ss) reprend la classification des langues nilo-sahariennes dans son ensemble, l’identité de cette famille étant malgré tout sujet à controverse, une hypothèse ancienne est en effet que nilo-saharien et niger-congo ne forment qu’un phylum, dont ces deux familles seraient des branches. La classification de Bender diffère considérablement de celle de Greenberg, les langues étant mieux connues à présent, bien qu’il ne donne pas de détails sur l’organisation interne de chaque branche. Le maba est inclus dans les satellites, plus précisément dans le groupe C.
Édition en français de Heine et Nurse 2000