Le maba est la langue principale du Ouaddaï, à côté de l’arabe tchadien, compris et parlé à divers degrés par la population. À mesure que l’on s’éloigne d’Abéché, le centre urbain où les populations se mêlent et communiquent en arabe, la maîtrise de cette langue véhiculaire diminue, pour ne servir que dans les communications sur le marché.
C’est au 16e siècle que le maba s’est imposé dans le Ouaddaï lors de la conquête par Abd-el-Kerim, au détriment des langues parlées dans la région, dont toute trace a été perdue, les populations présentes ayant adopté la langue des envahisseurs (Doornbos 1983:50). Le parler des Kodoï1 (au nord d’Abéché) est considéré par certains comme le parler maba originel, du fait que l’ancienne capitale, Ouara, se situait dans cette région et que ces clans ont constitué le noyau du sultanat jusqu’au milieu du 19e siècle. D’autres considèrent le parler des Kabartu, le clan des bouchers et anciennement des bourreaux, comme le parler le plus pur, bien que ceux-ci soient.
Les Maba ont nettement conscience de parler une seule langue dans tout le territoire, malgré quelques différences dialectales mineures. L’on relève par exemple les réalisations wìskìrí et ìskìrí ils rient, y ɔ ̀k ɔ ́y ou y ɔ ̀x ɔ ́y regarde!, les secondes réalisations étant attestées au sud de la région maba.
Kodoï désigne ce qui vient de la montagne, de la colline, cette région étant escarpée