1.3.1Contacts de langue

Du fait que le maba est la langue dominante, il n’existe pas de bilinguisme avec les langues de la région. Toutefois, du fait de relations économiques, sociales et religieuses avec l’Égypte et les pays de la péninsule arabique ainsi que des déplacements d’une partie de la population, les jeunes gens surtout, en Libye et au Soudan, le lexique maba a très largement emprunté à l’arabe dans le domaine religieux mais aussi dans celui de la vie quotidienne. L’on relève différents degrés d’assimilation des lexèmes, notables surtout dans le système nominal, le pluriel d’un mot d’emprunt étant formé par l’adjonction d’un suffixe pluriel maba pour les mots bien assimilés ou par la forme arabe pour les termes passés récemment dans la langue (ex 1, de l’arabe tchadien fard ɛ ou f ɛ rd ɛ pagne, la forme fàráːd ɛ ́ n’est pas courante pour le pluriel). Les lexèmes sont généralement absorbés tels quels, avec quelques adaptations au système phonologique (les postérieures de l’arabe sont réalisés comme une fricative glottale) et grammatical (ajout d’un verbe support ou d’un morphème nominal pour les emprunts de radicaux verbaux, intégrés dans la classe des coverbes, ex 2).

Les emprunts au français se font généralement par le biais de l’arabe, qui les a déjà assimilés sur le plan de la phonologie, comme c’est le cas par exemple de fùmát, de fumat, adapté du français pommade.