2.1Unités distinctives

2.1.1Phonèmes consonantiques

2.1.1.1Présentation des phonèmes

Dans le tableau 1, nous présentons l’inventaire des phonèmes consonantiques, au nombre de 21. Ceux-ci ont été dégagés par commutation, une différence phonique étant corrélée à une différence de sens, cette différence phonique étant la seule distinction entre deux termes dans le cas idéal, rare en maba. Nous avons veillé à ce que le contexte segmental ou suprasegmental n’influence pas les réalisations. Les occlusives et les fricatives d’une part tout comme les nasales, les glides et la sonante battue d’autre part, ont été regroupées du fait de fonctionnements similaires dans la langue, et forment respectivement les classes des obstruantes et des sonantes. Nous avons retenu le terme de postérieure plutôt que de vélaire du fait de la présence de /h/ dans cet ordre.

Tableau 1 : Phonèmes consonantiques
      Labiales Alvéol Palat Post
Obstruantes Occlusives Sourdes (p) t c k
Sonores B d j g
Fricatives Sourdes F s ʃ (h)
Sonores   (z)    
Sonantes Nasales   m n ɲ ŋ
Glides     l y w
Battue     r    

Les réalisations phonétiques de ces unités sont données dans le tableau 2.

Tableau 2 : Phones consonantiques
Tableau 2 : Phones consonantiques

Contrairement à ce que nous avons affirmé dans Weiss 2004:22ss, où nous proposions une interprétation unique pour les consonnes complexes, il nous semble préférable de ne pas considérer les prénasales et les rétroflexes comme des unités, contrairement aux palatales, pour lesquelles nous maintenons cette interprétation. En effet, le comportement de palatales est différent de celui des prénasales et des rétroflexes (voir 9.2.4 et 9.3.1.5), dans le système verbal, ce qui impose de leur donner deux traitements distincts. Il sera nécessaire de préciser les règles d’associations de ces consonnes avec les unités constituantes de la syllabe, du fait de réalisations [C] ou [CC] selon leur position dans la syllabe. Nous reviendrons sur l’interprétation à donner à ces sons dans la partie 2.3.3.1, et donnerons les raisons d’une interprétation comme séquences, et non comme unités pour les premières, contrairement aux secondes. Par exemple, les palatales, mais non les prénasales ou les rétroflexes, peuvent être géminées, comme les consonnes non complexes.

Trois unités, p, z et h, ont été inclues dans le tableau des phonèmes ainsi que dans celui des réalisations, mais ne s’intègrent pas à proprement parler à l’inventaire des unités maba. Toutefois, comme p, z et h sont attestés dans des termes d’emploi courant, il a été jugé utile d’en tenir compte. Deux de ces unités, p et h, ont été relevées essentiellement dans des mots d’emprunt, la dernière, z, apparaissant dans ces contextes, a également une fonction dans le système verbal (voir 9.3.2.1.3).