2.1.2.3.1 Quantité phonémique

Il existe une longueur permettant de distinguer des signifiés, bien qu’il n’ait été relevé que peu de paires se distinguant uniquement par la longueur vocalique dans le lexique maba. Nous en avons identifié deux, la première opposant deux termes maba et la seconde illustrant des termes empruntés à l’arabe tchadien, dont le premier est d’emploi courant, raison pour laquelle nous présentons celle dernière (ex 52 et 53).

52. (a) kír t-ír-ì (b) kíːr t-ír-ì

froid 3s-aux\pas-decl braire 3s-aux\pas-decl

Il a fait froid Il a brait

53. (a) íʃɛ̀ (b) íːʃɛ̀

soir, nuit ce qui est nécessaire pour vivre

Sur le plan tonal, on relève les mêmes possibilités pour les voyelles brèves que pour les voyelles longues, une indication que la quantité vocalique n’est pas à considérer comme une séquence V+V dans les radicaux lexicaux. Malgré tout, bien que la modulation hb soit attestée, il s’agit d’une occurrence rare sur une voyelle brève (ex 54a), possibilité un peu plus fréquemment attestée lorsque la voyelle est longue (ex 54b). Ce fait pourrait indiquer que la quantité vocalique n’est pas à considérer comme trait distinctif de la voyelle, mais que les voyelles longues sont à interpréter comme séquence de deux voyelles brèves, chacune portant un ton ponctuel.

54. (a) ɲûg~ɲúg (b) jɔ̂ːndɔ́ŋ

chien guêpe-papier