2.3.3 Structure du mot

La structure minimale du mot lexical est CVː ou CVC, les mots grammaticaux pouvant être de structure VC ou CV. Il existe quelques très rares exceptions, notamment la copule, de structure CV au présent, le pronom disjoint de l’élocutif singulier, àm1, et l’une des particules ponctuant le discours, aː.

De façon générale toutefois, le mot est polysyllabique, le nombre maximum étant de trois syllabes pour les nominaux singuliers ou singulatifs et de quatre pour les nominaux pluratifs, bien que la langue emploie fréquemment, dans ce dernier cas, une stratégie d’élision vocalique pour ne pas dépasser le nombre de trois. Dans le verbe conjugué, le nombre de syllabes peut être supérieur à trois ou quatre, du fait d’une structure morphologique plus complexe.

Le type CCVːC n’est attesté que dans les monosyllabes, mais il s’agit de la seule limitation relevée pour les types de syllabes formant les mots. Quelques restrictions de combinaisons segmentales sont cependant observées. D’une part, comme nous l’avons montré, toutes les séquences de voyelles ne sont pas attestées, l’harmonie vocalique imposant l’arrondissement. D’autre part, toutes les séquences consonantiques ne sont pas admises à la jonction de syllabes à l’intérieur du radical, les séquences obstruantes – obstruantes n’étant pas relevées dans ces contextes.

La structure morphologique, cependant, est à prendre en compte pour les combinaisons vocaliques et consonantiques. En effet, l’harmonie d’arrondissement ne s’applique pas à tous les morphèmes (voir 2.3.1), tout comme certaines séquences consonantiques sont attestées entre radical et affixes ou clitiques, alors qu’elles ne le sont pas à l’intérieur d’un radical. Nous présenterons successivement les séquences consonantiques admises à l’intérieur d’un lexème et les séquences attestées à la frontière de morphèmes nominaux. Nous traiterons également les consonnes géminées, dans la mesure où leur interprétation dépasse le cadre de l’analyse segmentale et doit être considérée sur le plan du mot, puis nous aborderons les consonnes complexes – prénasales, rétroflexes ou palatales.

Notes
1.

Nous considérons toutefois amb comme la forme sous-jacente, l’élément occlusif de la prénasale n’étant pas réalisé en finale de mot.