2.3.3.2 Séquences consonantiques à la frontière de morphème

Les contraintes gouvernant les séquences consonantiques admises à la frontière de morphèmes, dans un même mot, sont beaucoup moins strictes que celles régissant les séquences à l’intérieur d’un radical ou d’une base. La seule observation que l’on puisse faire est que r reste la consonne la plus fréquemment attestée en position de coda de syllabe. Les combinaisons, nettement plus nombreuses qu’à l’intérieur d’un lexème, sont dues à la fréquence des morphèmes à initiale consonantique ainsi qu’à l’élision de la dernière voyelle du radical, courante lors de la suffixation, créant des séquences ‑CC‑.

Il a été relevé peu de cas de propagations d’une caractéristique phonétique d’une consonne à son environnement immédiat, mis à part les deux phénomènes suivants, somme toute fréquents dans les langues du monde. Les nasales, dans une séquence NC , sont homorganiques à la consonne qui suit, phénomène observé à la frontière de morphème ou de mot, contexte dans lequel la nasale s’assimile au point d’articulation de la consonne suivante (ex 121).

121.(a) tún=gù (b) [túŋgù]

ver=sg.def

le ver

Les suffixes et clitiques à initiale ‑t seront palatalisés après une consonne palatale, l’élément palatal se propageant sur l’occlusive (ex 122a). Le trait [‑voi] du morphème peut se propager sur la consonne du radical, provoquant le dévoisement de cette dernière (ex 122b).

122.(a) w-íɲ=tɛ̀

[wíɲcè]

3p-manger=fut

Ils mangeront

(b) kɔ̀jɛ́ː (c) kɔ̀j-túː

[kɔ̀ccúː]

houe houe-pl

houe houes