4.4.4 Noms ayant -k dans le radical

Il a été relevé une classe morphologique de nominaux, se distinguant par le fait que [‑k¬] est une partie intégrante du radical, du fait de son maintien lors de la pluralisation (ex 252). [‑k¬] ne sera pas considéré comme correspondant au morphème singulatif et sera transcrit ‑k, sa fonction étant similaire à celle des obstruantes et des sonantes que l’on relève en finale. Ces termes sont rares et dénotent des animés ou sont des adjectifs. D’après Trenga (1947:43), les noms dont le radical est terminé par ‑k ne prennent pas les ‑k d’unité. mànjíl vieux figure dans cette sous-classe, bien qu’étant à finale sonante, du fait que ‑k est réalisé au pluriel, et qu’il est possible que ‑ik ait été effacé au fil du temps, comme cela est le cas pour t ɔ ̀j ɔ ́m serpent, réalisé tojomog au début du siècle passé (Trenga 1947, données recueillies de 1905 à 1907).

252. (a) àmáràk (b) ámárká-síː

lion.sg lion-pl

lion lions

Lors de l’adjonction de morphèmes à initiale ‑g, le ‑k final du radical est élidé (ex 253).

253. àmárà=gìníŋ

lion=gen

du lion

Lors de la suffixation plurative, la structure syllabique est modifiée, comme une voyelle doit être insérée entre ‑k et le suffixe pluratif ( tuː ou siː selon le radical) pour des raisons euphoniques, et que la voyelle à gauche du ‑k est effacée, afin de respecter les contraintes de structures de syllabes. De plus, l’insertion d’une voyelle évite la création de séquences obstruante+obstruante non attestées à l’intérieur du radical.

254.(a) màrák (b) márká-túː

fennec.sgfennec-pl

fennec fennecs

La voyelle insérée étant identique à la dernière voyelle du radical, il est possible d’envisager une métathèse pour expliquer l’apparition de la voyelle, dans le cas des polysyllabes (ex 255).

255. (a) sɛ́yìk (b) sɛ́ykí-túː

orphelin.sg orphelin-pl

orphelinorphelins

L’insertion permet cependant de rendre compte plus facilement de la forme de surface des monosyllabes pluralisés (ex 256), comme la voyelle insérée est une copie de la voyelle du radical, et nous retiendrons l’insertion plutôt que la métathèse dans tous les cas.

256. jík > jik-siː > jìkìsíː

souris

L’effacement de la voyelle à gauche du ‑k permet d’éviter les mots de plus de trois syllabes, ou quatre au maximum, mais crée des séquences consonantiques inhabituelles et non attestées à l’intérieur du radical par ailleurs, bien qu’elles soient permises dans la langue, ainsi dans (257), alors que mk n’est pas attestée.

257. (a) àrámàk (b) àràmkà-síː (c) *aramaksiː

arabe.sgarabe-pl

arabearabes

La forme non marquée des adjectifs de cette classe est en –, la formation régulière. Dans ce cas, k est élidé, étant réanalysé comme morphème singulatif et non comme faisant partie du radical.

258. (a) nímmírɛ́k (b) nímmírɛ̀ː (c) nímmírkí-túː

joli.sg joli joli-pl

joli joli jolis