4.5.1.1.2 ‑iya ː

Il a été relevé un second suffixe permettant de dériver des noms à partir de noms, ‑iyaː, connaissant un allomorphe –aː, utilisé pour la formation de noms de qualité ou d’état (ex 270). Dans cette dérivation, un glissement sémantique ou une restriction du sens, comme dans (271), peut être observé. En ce qui concerne la formation de ces noms, le morphème singulatif ainsi que la voyelle finale du radical sont effacés et remplacés par le suffixe dérivationnel.

270.(a) tàŋá-g (b) tàŋ-íyàː

goumier fait d’être goumier

271. (a) tíndí-g (b) tínd-íyàː

sa co-épouse rivalité entre co-épouses

La dérivation ne se fait pas nécessairement à partir du radical singulier. En effet, elle est faite à partir du radical pluriel dans l’un des rares cas où le pluriel est formé par supplétion, comme dans l’exemple (272), terme dans lequel l’on remarque une fermeture de la voyelle, la séquence ou ɔ ‑i‑ ɔ étant plus fréquente que ɔ ‑i‑a.

272. (a) kàlà-g (b) kɔ́l-ìː (c) kɔ̀l-íyɔ́ː

enfant\sg-sg enfant\pl-pl enfant\pl.noms

enfant enfants descendance, enfants

Il a été relevé deux formations pour ʃɔ ̀ŋ femme, la première (ex 273b) à partir du radical singulier, et la seconde (ex 274b) à partir du pluriel, les réalisations vocaliques étant conformes à celles que l’on relève par ailleurs.

273. (a) mùʃɔ̀ŋ (b) mùʃùŋíyàː

mùʃɔ̀ŋ\sgmùʃɔ̀ŋ-íyàː

femme féminité

274. (a) mùʃɔ̀ː (b) mùʃíyàː

mùʃɔ̀\plmùʃ-íyàː

femme féminité

La dérivation en ‑iyaː n’est pas productive pour les noms, mais elle est attestée pour la dérivation adjectivale, point sur lequel nous reviendrons en 6.1.2.2.