4.5.1.2 Nom –> adjectif

Il existe quelques modes de formation dérivant des adjectifs à partir de radicaux nominaux, mais aucun d’eux n’est productif.

Le suffixe ‑g permet de dénominaliser un nom à finale non vocalique, une voyelle support devant être insérée. Cette dérivation n’a été relevée que pour un petit nombre de termes, des adjectifs indiquant la qualité étant formés à partir de noms décrivant une qualité ou une caractéristique physique ou morale (ex 280a). La dérivation à l’aide de ‑tig est réservée aux noms d’animaux (ex 280b).

280. (a) kɔ́nɔ́n-ì-g (b) ìríː-tì-g

kɔ́nɔ́n-i-g íríː-ti-g

honte-v-sg léopard-sfx-sg

honteux tacheté

La réduplication du radical est une possibilité de former un adjectif à partir d’un nom (ex 281), dérivation très rarement attestée.

281. (a) ɲàmúg (b) ɲàmɲàmú-g

ɲam-ɲamug

huile huileux

L’exemple (282a) illustre un cas inhabituel, que nous présentons étant donné la fréquence du terme de base, kàŋ personne. En effet, la consonne finale du radical est modifiée. Cette dérivation est basée sur le sens plutôt que sur la forme de surface comme n et ŋ sont les deux attestés en médiane et en finale dans des contextes vocaliques identiques, et ne peuvent être en distribution complémentaire. De ce fait, il n’y a pas d’explication phonologique à cette alternance. L’interprétation que nous avons proposée pour kàŋ (voir 4.3.2.3) est que ŋ est une coalescence de n+g et que n est la consonne sous-jacente apparaissant à la surface dans la forme dérivée, i étant la voyelle support. kàníg assume une fonction de déterminant adjectival, du fait de la possibilité d’accord en nombre avec la tête du syntagme (ex 282b).

282. (a) kàlà-g kàní-g l-Φ-ì

enfant\sg-sg humain.v-sg 2s-Φ-decl

|kaŋ-g|

Tu as des parents. (litt : Tu es la fille de quelqu’un) (M17.15)

(b) mìː lútɔ̀ː kàníː Φ-ndrùkùl-ɛ́-r-tɛ́r-ì?

2s chose personne.v th-2s.abîmer-pas-irr-decl

Toi, as-tu abîmé les affaires appartenant à quelqu’un d’autre? (C5.05.21)