5.5 Pronoms interrogatifs

Les pronoms interrogatifs permettent de questionner sur une partie de l’énoncé, se substituant à l’élément sur lequel on interroge. Nous nous limiterons, dans cette partie, à la présentation des pronoms, sans prendre en compte la structure de l’énoncé interrogatif, comme il existe deux possibilités pour ces énoncés, construits soit à l’aide d’une particule de focalisation , la phrase ayant la structure d’une proposition indépendante (ex 318a) ou à l’aide d’une structure focalisante avec la copule t‑í‑ŋ, l’interrogation se construisant comme une subordonnée (ex 318b).

318. (a) ŋgɔ́tú má drùfùn-ɔ́?

quand emph th.2s.attraper-pas

Quand l’as-tu attrapé?

(b) ŋgɔ́tú t-í-ŋ drùfùn-ɔ̀=nú

quand 3s-v-q th.2s.attraper-pas=def

C’est quand que tu l’as attrapé?

Il est possible d’interroger sur le sujet, l’objet, le lieu, le temps, le nombre, la manière. Le pronom interrogatif est placé soit dans la position du terme sur lequel on interroge, soit, plus fréquemment, à l’initiale de l’énoncé, dans la position de focalisation. Les pronoms interrogatifs se distinguent des noms et des déterminants par la consonne initiale, une nasale palatale ou une prénasale vélaire, phonèmes relativement rares dans cette position dans le lexique nominal. Les pronoms permettant d’interroger sur le sujet sont de structure ɲ -, alors que les autres sont à initiale ŋg-.

Nous illustrons les emplois des pronoms interrogatifs dans les paragraphes suivants. Les morphèmes nominaux peuvent être adjoints aux pronoms, du fait de la nature nominale de ces derniers. La forme par défaut du pronom interrogatif est une forme non marquée pour le nombre, du fait d’une indétermination sur le nombre du référent sur lequel l’on interroge.

Les pronoms interrogatifs, lorsqu’ils marquent la définitude, portent =gú à ton haut dans tous les contextes phonologiques (ex 319c), tout comme les pronoms indépendants.