6.1.3.1 Dimension et âge

C’est dans la classe des adjectifs de dimension que l’on relève les deux paires d’adjectifs non dérivés, formant le pluratif à l’aide de sir (voir 6.1.1.1).

6.1.3.2 Couleurs

Les adjectifs de couleurs, au nombre de quatre, sont dérivés de coverbes, à l’exception des descriptifs de la robe des animaux, qui, eux, sont des dérivés nominaux. Ces adjectifs sont généralement formés par réduplication d’un radical coverbal, que ce dernier soit lui-même un radical rédupliqué (ex 361) ou non (ex 362).

361. (a) drìdríy-à-g (b) drìdrìːsúŋùn

vert-v-sg être.vert aux

vert, bleu clair être vert

362. (a) lìlíy-ɔ̀-g (b) lìlìːsúŋùn

sombre-v-sg faire.sombre aux

sombre, noir faire sombre (heure du crépuscule)

Lors d’une recherche, qui demanderait à être approfondie, sur les noms des couleurs, avec l’une de nos informatrices, il est ressorti qu’elle n’avait aucune hésitation à dénommer ce qui est blanc, clair, fàfáràg, les tons rouge ou orange, kùkúyàg ainsi que le noir, foncé, lìlíy ɔ ̀g, la quatrième couleur drìdríyàg vert, bleu étant un peu marginale. Il existe un cinquième terme, k ɔ ̀k ɔ ́w ɔ ̀g désignant une couleur peu définie, qu’elle soit grise, beige ou tout autre ton clair. De façon générale, la teinte la plus lumineuse est dénommée sans hésitation, alors que le ton mat est seulement un peu X. Un terme définissant la brillance autant que la couleur est t ɛ ̀ŋt ɛ ́ŋàg, du radical t ɛ ̀ŋ être brillant , qui peut aussi correspondre, par extension, à un bleu vif et brillant. Lorsque l’on veut apporter plus de précision quant à la couleur que les termes maba ne le permettent, l’on emploiera les termes empruntés à l’arabe tchadien (ex 363).

363. záhár-ì-g

zahar-v-sg

bleu

Les noms de couleurs peuvent être nuancés à l’aide de nir, le participe du verbe support correspondant au suffixe français ‑âtre (ex 364a), ou de l’adverbe j ɔ ̀k ɔ ̀ un peu (ex 364b).

364. (a) lìːn-ìr (b) jɔ̀kɔ̀ kùkúyàː

noir ptcp-aux un.peu rouge

noirâtre brun, tirant sur le rouge