6.5.3 Relatives locatives

Les subordonnées locatives sont marquées par les morphèmes =gín ou =nún. Ces propositions sont souvent de structure bàríg ‑ rel =gín (ex 418a), bàríg endroit étant le terme de localisation générique. Le déterminé peut cependant être tout autre terme de localisation (ex 418b). Le clitique locatif =nún, employé pour les déterminés non singulatifs, a été relevé très rarement dans notre corpus dans cette distribution, alors qu’il serait régulier dans ce contexte, une explication de cette distribution étant la similitude du clitique avec le morphème de subordination temporelle =nún indiquant la consécutivité de l’action de la subordonnée, et qui pourrait prêter à confusion. Le clitique locatif n’apparaît qu’une seule fois dans l’énoncé, et non une seconde fois après le terme relativisé – un complément oblique du verbe de la proposition relative dans (418a).

418. (a) bàrí-g dɛ́ː w-ìndrí=gín à-káy

endroit-sg vache 3p-être-pas=loc 1s-aller.decl

Je vais là où étaient les vaches.

(b) tárfúː dɛ̀ː=gù t-àtáy=nún à-káy

chemin dvache=sg.def 3s-aller=loc 1s-aller.decl

Je vais sur le chemin où va la vache.

Le morphème =n ɛ r marquant l’ablatif peut être adjoint au morphème locatif (ex 419), comme dans tout syntagme de localisation.

419. kàŋ mùʃɔ̀ŋ wàː=gù bàrí-g kúʃúmúː

humain.sg femme.sg dem=sg.def endroit-sgsorgho

t-ìy-ɔ́=gín=nɛ́r t-áːr-ì

3s-devenir-pas=loc=abl 3s-venir-decl

Cette femme vient de là où pousse le sorgho.

Comme les morphèmes locatifs ne permettent pas de préciser s’il s’agit de localisation temporelle ou spatiale, la construction relative locative peut déterminer un constituant de localisation temporelle, marquée par =gín (420).

420. wɛ̀ɲíŋ=káː gág ɛ̀-kɛ̀r-í=gín à-káy

aujourd'hui=add moment 1s-venir\pl-nfn=loc 1s-aller.decl

Aujourd’hui, je pars à l’heure où je viens d’habitude. (litt : tous les jours)

La tête de la construction relative temporelle est un nom générique signifiant le temps, gág moment (ex 421) ou wákìt, un terme emprunté à l’arabe tchadien.

421. kàŋ mùʃɔ̀ŋ=gù gág t-úŋgɔ́y=gín tìː t-ár-à

humain.sg femme.sg=sg.def moment 3s-saluer=loc 3s 3s-venir-pas

Lui, il est venu au moment où la femme saluait.

La subordonnée relative temporelle exprime la simultanéité entre l’action de la proposition relative de celle de la proposition matrice (ex 422), contrairement à la construction subordonnée temporelle avec =nu qui indique simplement qu’il ne s’agit pas d’une consécutivité.

422. (a) t-átár=tɛ̀ t-ìdáy=gín t-ír=gù t-úy-ɔ̀

3s-venir=fut 3s-vouloir=loc 3s-frère=sg.def 3s-tuer\moy-pas

Son frère est mort quand il a voulu venir.

(b) ɛ̀sɛ́ː ɔ̀-ŋgɔ̀s-í=gín kàlà=gù dàríŋ=nún t-ɔ́ːl-ì

mil 1s-écraser-nfn=loc enfant\sg=sg.def dos=loc 3s-pleurer-decl

Mon enfant pleure sur mon dos pendant que je mouds le mil.