7Le constituant nominal

Dans ce chapitre, nous aborderons divers types de constituants nominaux. Sera considéré comme constituant nominal tout constituant dont la tête est un nom. Nous traiterons les types de constituants selon la nature des éléments qui les forment, d’une part et, d’autre part, la relation de ceux-ci avec la tête du constituant.

Le nom est le seul élément obligatoire du constituant nominal, bien qu’il puisse être élidé dans les constructions coordonnées, à la condition que les déterminants soient de même nature grammaticale. De façon générale, l’ordre non marqué des constituants est Tête Dépendant. La seule exception à cette organisation est le syntagme génitif, dans lequel l’on relève également Dépendant Tête, la distinction se situant au niveau du discours. Comme cela a été relevé par ailleurs, l’ordre des éléments dans le constituant nominal n’est pas l’ordre canonique pour une langue ov, bien qu’il soit fréquemment attesté dans les langues à verbe final.

Les constructions nominales comprenant plus de deux dépendants sont quasi inexistantes dans les textes ou les énoncés spontanés, bien qu’il soit possible d’éliciter des constituants comprenant plus de deux déterminants, constituants que les informateurs ont quelques difficultés à reproduire sans hésitations. La préférence reste au fractionnement de l’information, que ce soit en multipliant les constituants nominaux ou les propositions coordonnées et juxtaposées.

Deux types de morphèmes marquent le constituant nominal, les premiers étant des affixes de mots, repris sur chacun des termes du constituant nominal, tels les morphèmes indiquant le nombre, alors que les seconds marquent un constituant dans son ensemble, adjoints au dernier élément de ce dernier, ainsi les morphèmes signifiant à la fois la définitude et le sujet ou l’objet et les clitiques indiquant la localisation ou le génitif.

La coordination des constituants nominaux est marquée par le morphème = ka, identique au morphème employé pour la coordination des constituants verbaux et des propositions. Malgré quelques différences dans la distribution de = ka, nous avons jugé préférable de traiter tous les faits de coordination dans le chapitre 13, ce qui nous permettra de faire ressortir les diversités et les similitudes de ces constructions.

Nous aborderons le syntagme que nous avons appelé de définitude (7.2) et la détermination nominale, que ce soit par un déterminant (7.3.1 à 7.3.4), un nom (7.3.5 et 7.3.6) ou une proposition relative (7.3.7). Nous verrons quels morphèmes marquent ces constituants, permettant de les intégrer dans l’énoncé (7.1).