Nous parlerons de cas sujet ou objet, bien que les marques casuelles ne soient pas univoques1. En effet, comme nous l’avons évoqué, =gu est employé pour le sujet et l’objet singulatif, =nu pour ces mêmes cas au non-singulatif, alors que seuls =nú=gù sont réservés à une seule fonction, l’objet non singulatif défini.
Le marquage de l’objet étant conditionné par la définitude du référent, il est justifié de parler de marquage différentiel. Le fait que les pronoms indépendants ne soient marqués pour la définitude quand ils sont en fonction de sujet, mais que ce marquage est obligatoire lorsqu’ils sont en fonction d’objet confirme les conclusions d’Aissen (2003:446) au sujet du rôle joué par la hiérarchie d’empathie. Un référent animé, humain de surcroît, est le plus apte à remplir la fonction de sujet / agentif, et il n’est pas nécessaire de le marquer, alors qu’il est moins susceptible d’assumer la fonction d’objet / patientif, et il est donc indispensable d’indiquer sa fonction sur le plan formel. De plus, le marquage différentiel de l’objet est une caractéristique des langues de la région, notamment du tama (Dimmendaal, 2008). Que le morphème défini soit réalisé =gu et non =nú=gù pour les pronoms est une indication supplémentaire que ce morphème est originellement une marque casuelle d’objet.
Des études plus approfondies, de textes notamment, seront nécessaires pour dégager les facteurs pris en compte pour le marquage à la fois du sujet et de l’objet, ainsi que la relation entre définitude et référentialité.
De ce fait, nous avons indiqué sg. def et def respectivement, sans faire mention de la fonction du constituant. Toutefois, =nú=gù a été glosé comme =def=obj, et =gu est marqué comme obj lorsqu’il est adjoint à un pronom indépendant.