8.6.1 Dérivation en =dag ou =daː

Les noms résultant de la dérivation coverbe + =dag / =daː sont des noms de procès (ex 508) ou des dérivés sémantiques de noms de procès, c’est-à-dire des termes désignant le résultat de l’action (ex 509), les outils ou les accessoires utilisés pour réaliser une action (ex 510). Les premiers, les termes indiquant le résultat de l’action, sont le plus souvent à finale vocalique et ne comportent pas de morphème de nombre, tout comme les verbes nominalisés, alors que les seconds portent le suffixe singulatif ‑g, signalant des noms concrets et comptables. Il ne s’agit toutefois que d’une tendance, comme les exemples le mettent en évidence.

508.(a) fassar (ar) (b) fássàr=dàː

expliquer explication

509. (a) bâː (b) bâː=dà-g

partagerpartage

510. (a) bàːr (b) báːr=dà-g

étaler. sur. le. solce que l’on étale sur le sol

Le morphème =dag / =daː ne forme pas une unité phonologique avec le radical coverbal. De ce fait, il s’intègre dans la classe des clitiques et non des suffixes nominaux. L’on relève en effet des séquences consonantiques non attestées à l’intérieur du nom, bien qu’admises à la frontière entre lexème et affixe, telles / ŋd / ou / gd /, à côté de la prénasale / nd / (ex 511). Le problème des séquences non admises ne se pose pas, du fait que les éléments sont indépendants et que l’insertion de la voyelle support n’est pas nécessaire.

511. (a) kɔ́yɛ̀n=dà-g (b) drág=dà-g

faire.du.bruit=noms-sg couvrir=noms-sg

bruit couvercle pour un récipient

La pluralisation des termes dérivés à l’aide de =dag se fait à l’aide du morphème ‑j ɛː, employé pour les noms empruntés, le –g du clitique étant maintenu et perdant le sens de singulatif (ex 512).

512. báːr=dà-g-jɛ̀ː

étaler=noms-sg-pl

les choses que l’on étale sur le sol