9.2.4.2 Palatales

Les palatales, de façon générale, sont susceptibles de recevoir une interprétation comme séquence ou comme unité. En maba, nous les avons analysées comme unités, ce que confirme l’étude des paradigmes verbaux. En effet, si l’on considérait les palatales comme des séquences consonne+y, il faudrait rendre compte des réalisations suivantes, dans lesquelles i est inséré entre l’occlusive et y dans (565b), mais non (566b). Si /j/ était interprété comme une séquence |dy| dans le second radical, il y aurait confusion entre la séquence |dy| réalisée [diy] (ex 565c) et la séquence |dy| réalisée [j] (ex 566c).

565.(a) k- dy.a+v+n (b) [kìdìyàn]

vouloir+v+ant ayantvoulu

(c) *k- j.a+v+n (d) *kijan

566. (a) k- jjyn.a +v+n (b) [kàjjáːnàn]

jeter+v+ant ayant jeté

(c) *k- dydyyn.a+v+n (d) *kadiydiyanan

Dans le second radical, l’on remarquera que la palatale est géminée, gémination rare mais relevée pour toutes les consonnes dans la langue, à l’exception des prénasales et des rétroflexes, ainsi que nous l’avons signalé.