9.2.4.3 Prénasales

En ce qui concerne les prénasales, nous avons montré dans la partie 2.3.3 que les séquences /NC/ sont simplifiées lorsqu’elles se trouvent en position coda de syllabe, que ce soit en finale de mot ou en position pré-consonantique et que seul l’élément nasal est réalisé dans ces contextes, du fait qu’il n’existe plus de position consonantique dans le squelette syllabique à laquelle l’élément occlusif puisse être associé.

Nous redonnons les exemples traités en phonologie (voir 2.3.3.1.2). L’on notera que la séquence ŋg est réalisée ŋ, dans les cas où elle se trouve en position coda, alors qu’elle sera réalisée ŋg en attaque de la syllabe. Dans l’exemple (567), [u] résulte de la vocalisation du w dans le noyau syllabique.

567. (a) Φ-wùráŋ (b) tùráŋ=tɛ̀

Φ-wrŋgΦ/a t+Φ-wrŋg. Φ/a=tɛ

th-se.lever .imp 3s+se.lever=fut

Lève-toi! Il se lèvera

(c) tùrŋgí

t+Φ-wrŋg.Φ/a+i

3s+Φ-se.lever+decl

Il se lève

Un argument en faveur d’une interprétation comme unité des prénasales est la réalisation du préfixe causatif, nnd, connaissant un allomorphe nd (voir 9.3.4), du fait qu’une interprétation comme séquence résulte en une suite de trois consonnes, rare dans la langue, bien qu’attestée pour la rétroflexe prénasalisée. Toutefois, nous avons retenu, arbitrairement, l’interprétation des prénasales comme séquence, du fait qu’elle permet de rendre compte des réalisations des radicaux et des morphèmes comprenant une prénasale apparaissant en finale de mot dans certains contextes morphologiques.