9.3.1.1 Morphologie

Ces préfixes s’intègrent au paradigme des préfixes verbaux de la langue, commutant avec les indices de personnes et le préfixe du participe. Ils permettent de définir des classes de verbes, mais leur présence ou leur absence n’est pas corrélé à d’autres caractéristiques phonologiques, morphologiques ou tonales, et ils n’ont, à de très rares exceptions près, pas de fonction dérivationnelle.

Nous donnons un exemple de chacune des classes définies par ces préfixes. La rétroflexe est la réalisation de t+r, point sur lequel nous reviendrons en 9.3.1.5.

Ces préfixes n’ont pas de rôle sémantique, bien que le préfixe k‑, le plus fréquent, pourrait avoir eu une valeur dérivationnelle, comme le suggère Lukas (1952:98). D’après les explications de nos informateurs, k‑ a un sens autocausatif, bien qu’il soit difficile d’être dogmatique avec un seul exemple clair (ex 569). Une autre paire de verbes, káràn étant venu et náràn ayant apporté, pourrait comporter elle aussi cette alternance de préfixes, à condition de considérer que venir signifie s’apporter soi-même. L’on relève ces mêmes alternances en runga (Nougayrol 1989:80).

569. (a) kúrúyàn (b) núrúyàn

k-ry-u/Φ+v+n n-ry.u.Φ+v+n

th-déménager+V+ant th-déménager+v+ant

ayant déménagé soi-même ayant déménagé quelqu’un d’autre