9.4.2.3 =tɛ̀ːt futur

9.4.2.3.1 Réalisations

Le morphème du futur, =t ɛ ̀ːt est adjoint au radical sans insertion vocalique (ex 630a), même dans les cas où la séquence ‑Ct n’est pas attestée par ailleurs (ex 639b). De ce fait, et comme il n’est pas sous la portée de l’harmonie vocalique, ce morphème est considéré comme clitique, sa relation avec le radical verbal étant moins étroite que celle qu’entretient le morphème du passé avec son hôte. Le suffixe déclaratif ‑i ou interrogatif ‑a lui sont adjoints.

630. (a) ɔ̀súr=tɛ̀ːtí (b) àttám=tɛ̀ːtí

a+Φ-sr.u=tɛt-i a+t-ttm.a=tɛt-i

1s+descendre=fut-decl 1s+couper=fut-decl

Je descendrai Je couperai

À côté de la forme longue, =t ɛ ̀ːt, il est attesté une forme brève, =t ɛ ̀. D’après nos informateurs, les deux formes sont de sens équivalent. Toutefois, en étudiant les occurrences dans les textes, l’on s’aperçoit que la forme longue apparaît en finale d’énoncé, ou même seulement à la fin d’une unité de sens, alors que la forme brève n’est réalisée qu’à l’intérieur d’une phrase ou de l’équivalent d’un paragraphe. Du point de vue formel, =t ɛ ̀ːt présente une similarité avec t ɛ ̀ːtí, la forme du futur du délocutif singulier de la copule, et l’on peut supposer que l’on est en présence d’un ancien temps composé grammaticalisé, puis de simplifié, la forme d’origine étant devenue opaque puis réduite, un phénomène souvent relevé dans les langues du monde. De plus, =t ɛ ̀ s’intègre mieux, du point de vue de sa structure phonologique, dans le paradigme des morphèmes tam, de forme ‑CV ou ‑V. =t ɛ ̀ est néanmoins toujours réalisé [=tè], la fermeture de la voyelle étant provoquée par la voyelle fermée de la syllabe élidée (ex 631).

631. (a) híyà à-bbàyín=tɛ̀ːt-í

voilà 1s-laisser=fut-decl

Voilà, je laisserai. (Dernière phrase d’un texte procédural) (T2.08.07)

(b) ɛ́njìː Φ-làyín=ká kám t-ɔ̀rɔ́-ŋ=tɛ̀

[tɔ̀rɔ́ŋtè]

eau th-2s.verser=coor acide 3s-aux-sg=fut

Tu verseras de l’eau et il sera acide […]. (T1.28.05)