10.3.2.2 Objet

Tout comme pour le sujet, il existe plusieurs critères pour l’identification de l’objet. Tout constituant ayant le même fonctionnement syntaxique, que le patient ou le patientif d’un verbe à deux arguments sera considéré comme assumant le rôle d’objet. Sur le plan morphologique, les clitiques =nú=gù peuvent être suffixés au constituant objet lorsqu’il est à la forme non singulative et que le référent est fortement défini (ex 797a), alors que les morphèmes seront identiques à ceux marquant le sujet, =gu et =nu (ex 797b et 797c), en cas de définitude moyenne.

797. (a) máʃúː=nú=gù ɔ̀-kɔ́y

homme=def=obj 1s-voir.decl

Je vois les hommes.

(b) kɔ̀drɔ́=gù Φ-ɲáːm-à-n Φ-nár-à-n

pierre=sg.def th-prendre-v-ant th-apporter-v-ant

Étant allé chercher une pierre, … (C3.01a.37)

(c) kɔ́múr ɛ̀mbɛ́ː=nù jɔ̀kɔ́ sɛ́rɛ́d Φ-zì=kà

menton 1s.pos=def un.peu caresser th-2s.aux=coor

Tu me caresses un peu le menton, et ... (C3.01b.07)

Le nominal en fonction d’objet est tantôt à la forme de citation, la forme absolue, ou à la forme marquée, la présence ou l’absence du morphème étant conditionnée par le degré de définitude du référent. De plus, les morphèmes marquant l’objet non singulatif à définitude forte sont spécialisés dans cette fonction, et ce n’est que dans ce cas qu’il est envisageable de parler de marquage différentiel de l’objet.