10.3.4.2 Bénéficiaire et objet transféré

Le bénéficiaire et l’objet transféré d’un verbe de don ou de transfert sont encodés de façon identique, et il n’existe pas de moyen formel de différencier les deux rôles sémantiques lorsque les constituants ne sont pas marqués pour la définitude. De plus, l’encodage peut être identique également pour l’agentif, le bénéficiaire et l’objet transféré, ou l’un des trois arguments peut être omis s’il s’agit d’un délocutif L’exemple (812) illustre diverses constructions.

812. (a) kàlà-g kàŋ máʃí=gù ʃáːyɛ̀ː=nù t-ɔ̀ɲ-ɔ́

enfant\sg-sg humain.sg homme=sg.def thé.def 3s-donner-pas

L’enfant donne du thé à l’homme.

(b) kàlà-g kàŋ máʃí=gù t-ɔ̀ɲ-ɔ́

enfant\sg-sg humain.sg homme=sg.def 3s-donner-pas

L’enfant (le) donne à l’homme.

(c) kàlà-g ʃáːyɛ̀ː=nù t-ɔ̀ɲ-ɔ́

enfant\sg-sg thé.def 3s-donner-pas

L’enfant (lui) donne du thé.

(d) kàlà-g t-ɔ̀ɲ-ɔ́

enfant\sg-sg 3s-donner-pas

L’enfant (le lui) donne.

Lorsque les référents sont des constituants nominaux, il y aura également ambiguïté dans les cas où plusieurs interprétations sont possibles pour l’agentif, le patient et le bénéficiaire de donner, et plus particulièrement lorsque les référents sont animés. Toutefois, si le morphème défini est réalisé, le sens peut être partiellement désambiguïsé, du fait d’une tendance à une réalisation tonale haute lorsque =gu se trouve entre tons bas dans un même constituant, ce constituant étant nécessairement le constituant verbal, et =gú ne peut donc marquer l’agentif / sujet dans cette distribution (voir 7.2.1). Cependant, il ne s’agit que d’une tendance, les réalisations étant plus ou moins régulières selon les locuteurs. De plus, il est difficile d’éliciter ce type d’énoncés, et ils ne sont pas courants avec trois arguments nominaux dans notre corpus de textes.