10.4.2 Réduction de la valence

Il existe plusieurs mécanismes de réduction de la valence, impliquant un remodelage des relations sémantiques ou des rôles syntaxiques. L’on relève ainsi les formations réciproques et réfléchies et le passif, pour lesquelles les rôles que le verbe assigne à ses arguments ne sont pas modifiés, alors qu’il en est d’autres, les formations autocausatives, pour lesquelles le rôle du sujet change, ne se limitant plus à encoder l’agentif. Les limites entre passif, autocausatif et décausatif sont néanmoins peu nettes et l’on se trouve en présence d’un continuum, où il est relativement facile d’identifier les extrêmes, mais où l’on trouve une variété de possibilités entre ceux-ci, formations modifiant soit les relations sémantiques ou les rôles grammaticaux, ou les deux.

Comme nous l’avons indiqué (voir 9.7), nous emploierons le terme général de médio-passif pour indiquer les formes dans lesquelles le sujet est le patientif, qu’il soit également l’agentif ou non, ce terme se référant à la fois au passif, au réciproque, au réfléchi, au décausatif et à l’autocausatif.

Les formes médio-passives ne sont pas attestées pour tous les radicaux verbaux, bien qu’il soit possible de les éliciter pour une bonne partie du lexique. Il ne nous a pas été possible de dégager les particularités sémantiques ou morphosyntaxiques de la sous-classe pour laquelle elles ne sont pas attestées. Il est vrai qu’une petite partie des radicaux possède les séquences vocaliques des verbes autocausatifs, ɔ ‑i, mais ils sont loin de figurer la majorité.

En général, la relation sémantique est directe entre radical de base et forme dérivée, mais l’on observe parfois un glissement (ex 822) ou une restriction du sens de la forme non dérivée (ex 823).

822.(a) yáːɲàn (b) yíːɲɛ̀n

s’étant moquéayant pleurniché

823. (a) ndɛ́ːlàn (b) mìndìlɛ́rì

ayant choisi nous nous regroupons par famille

Les dérivations et les morphèmes attestés ont été décrits dans le chapitre 9, consacré à la morphologie du verbe.