10.5.3 Verbes transitifs

Les verbes transitifs, nous l’avons dit, comportent deux arguments dans leur construction, que ceux-ci soient exprimés ou non. Les morphèmes casuels ainsi que la référence dans le verbe pour les interlocutifs, permettent de distinguer sujet et objet, dans les cas où la position dans l’énoncé ou dans la hiérarchie d’empathie pourrait prêter à confusion.

Les arguments du verbe transitif prototypique assument le rôle d’agentif pour le sujet et de patientif pour l’objet (ex 842a). Du fait qu’il n’est jamais possible de faire la distinction, sur le plan morphosyntaxique, entre une construction dans laquelle l’objet est élidé mais peut être récupéré dans le contexte et une construction où il est omis, l’on ne parlera pas de réduction de la valence dans les cas où l’objet n’est pas exprimé, comme cela est le cas dans (842b). Tous les verbes transitifs sont donc nécessairement ambitransitifs, de par la structure de la langue.

842. (a) kàlà=gù ɲɛ̀rɛ́-g t-íɲ=tɛ̀

enfant\sg=sg.def boule-sg 3s-manger=fut

L’enfant mangera de la boule.

(b) t-íɲ=tɛ̀ (c) tìː=gú t-íɲ=tɛ̀

3s-manger=fut 3s=obj 3s-manger=fut

Il mangera. / Il la mangera. Il la mangera, elle.