11.2 Énoncés déclaratifs

Les énoncés déclaratifs présentent une information comme vraie, qu’il s’agisse d’affirmation, qui mettent l’accent sur la véracité d’un fait, ou de négation, qui nient la valeur de vérité soit du procès uniquement soit de l’énoncé dans son ensemble (Creissels 2006b:63). Sur le plan formel, la structure des énoncés affirmatifs et négatifs est identique, comme la négation est indiquée par un suffixe verbal et que les affirmations ne sont pas marquées morphologiquement.

Les énoncés déclaratifs sont marqués, en maba, par le suffixe verbal ‑i, sauf dans les cas dans lesquels le verbe exprime la singularité de l’objet au passé. Il est vrai qu’un déclaratif marqué est plutôt rare dans les langues du monde, et que le maba est typique à cet égard. Nous avons présenté, dans la partie 9.4.2.1, les emplois et les contextes d’occurrence du suffixe -i, ainsi que les raisons pour lesquelles nous posons un morphème ayant une valeur générale de déclaratif plutôt que de présent, l’interprétation temporelle étant liée au à la structure morphologique du verbe (ex 859).

859. kàlà-g wàː-g ɲɛ̀rɛ́-g t-ìɲ-í

enfant\sg-sg dem-sg boule-sg 3s-manger-decl

Cet enfant mange de la boule.

Du fait que le déclaratif est indiqué par un suffixe verbal, l’on ne peut parler d’énoncé morphologiquement non marqué. L’une des rares langues d’Afrique à marquer tous les types d’énoncés est le maale, une langue afro-asiatique de la famille omotique (Amha 2001, voir Dimmendaal et al 204).