11.8 Constructions possessives

Dans cette partie, nous traiterons des constructions possessives, assez diverses sur les plans morphosyntaxique et sémantique. En effet, le terme de possession recouvre plusieurs concepts ou types de relations entre le possesseur et l’entité possédée, que l’expression grammaticale soit identique ou non. La notion la plus importante est cependant la

‘participation d’une entité […] à la sphère personnelle d’un individu […] : la sphère personnelle d’un individu est l’ensemble des entités avec lesquelles on peut considérer que cet individu entretient une relation plus ou moins privilégiée, quelle que puisse être la nature précise de la relation en question. (Creissels 2006b:164).’

La possession peut être exprimée, comme nous l’avons vu, dans le constituant nominal (voir 6.2.1), à l’aide des déterminants (ex 923a) ou d’un syntagme génitif (ex 932b), bien que ce dernier ait un sens plus étendu que l’expression de la possession. De plus, la langue fait une distinction morphologique entre possession inhérente pour les termes de parenté, marquée par un préfixe nominal (ex 932c), et possession non inhérente, indiquée par un déterminant (ex 932a).

932. (a) már ɛ̀mbɛ́=gù t-úɲ-á-r-ì!

taureau 1s.pos=sg.def 3s-accoucher-pl-pas

Mon taureau a mis bas. (C5.10.28, exemple tiré d’un conte)

(b) tɔ́rmbɔ̀=gìnìŋ dàríŋ=nún t-ɔ́ɲg-ɔ̀

chameau=gendos=loc 3s-s'asseoir-pas

Il s’est assis sur le dos du chameau. (C3.01b.36)

(c) t-únúŋ t-ìnd-í

3s-père 3s-exister-decl

Son père est là. (M04.12a)

En plus des indications données dans le constituant nominal, il a été relevé deux constructions, la première, une construction prédicative (11.8.1), exprimant la possession au sens large, et la seconde, une construction appositive (11.8.2), mettant l’accent sur la caractérisation.