12.3.2.3 Subordination temporelle

Certaines propositions, bien que complétant un verbe assignant un rôle d’objet à l’un des arguments de sa construction (ex 959), ne sont pas des propositions complétives, mais des subordonnées introduites par les morphèmes marquant les subordonnées adverbiales temporelles (ex 960) ou même ka, qui relie des propositions coordonnées (ex 961).

959. (a) kàlà-g n-ɔ́ːl-ì-g á-níl-ì

enfant\sg-sg ptcp-pleurer-v-sg 1s-entendre-decl

J’entends pleurer un enfant.

(b) tìː súː t-ìndríː=ká ɛ̀ríː t-ɛ̀nɛ́ː=nu à-níl-ì

3ssauce 3s-faire=coor odeur 3s-pos=def 1s-entendre-decl

Elle, elle fait de la sauce et je la sens.

960. (a) nɛ̀nîː=gù tátár=nú t-ìnìl-á-r-ì

ptcp-voler=sg.def 3s-venir=tps 3s-entendre-pas-pl-decl

Il a entendu venir le voleur. (litt : quand le voleur est venu)

(b) n-ɛ̀nîː=gù t-átár=nún t-ìnìl-á-r-ì

ptcp-voler=sg.def 3s-venir=tps.ant 3s-entendre-pas-pl-decl

Il a entendu quand le voleur était venu

961. mɔ̀mɔ́=gù lɛ́l t-àtáy=ká t-ɔ̀kɔ́y

lièvre=sg.def loin 3s-aller=coor 3s-voir.decl

Il voit le lièvre s’en aller. (C5.04.33)

Le subordonnant précise la relation et situe les deux propositions sur l’axe du temps (ex 960a et 960b, indiquant une relation temporelle – simultanéité et consécutivité), possibilité exclue pour le morphème marquant les complétives, propositions dans lesquelles ces relations sont prises en charge par les tiroirs verbaux. C’est sur la base de ces mécanismes, différents selon le type de subordination, que nous posons une fonction différente pour =nu dans les deux emplois. Il existe toutefois une restriction de tam dans cette subordonnée dans la mesure où l’on ne relève que le passé dans la subordonnée, et que le présent n’est pas attesté. Cette restriction est inhabituelle pour les subordonnées temporelles, et impose de considérer ces propositions comme une sous-classe des subordonnées adverbiales temporelles, du fait que l’expression de la temporalité est possible.