15.2.2 Définitude et topique

Les morphèmes définis, =gu, =nu et =nú=gù, ont eux aussi une relation avec la topicalisation, dans la mesure où ils indiquent un référent connu de l’interlocuteur, que celui-ci ait déjà été mentionné dans le discours ou qu’il soit présupposé. Le clitique défini peut être adjoint à plusieurs termes de l’énoncé, à partir du moment où les référents sont identifiés. L’on marquera cependant l’un des constituants comme étant le plus topicalisé par l’emploi d’une particule, que celle-ci marque l’emphase par ailleurs (ex 1150a) ou non (ex 1150b).

1150. (a) bís=gù jàː gàŋgáŋ=nú=gù t-ùdúm-ì

chat=sg.def emph tambour=def=obj 3s-battre-decl

Le chat bat le tambour. (C4.03.10)

(b) t-únúŋ=gù wùjáː kàlà-g t-ɛ̀nɛ́-g kùllàː=gú àː

3s-père=sg.def encore enfant\sg-sg 3s-pos-sg vieux=sg.def ainsi

t-ìr-í

3s-aux\pres- decl

Puis le père dit à son fils aîné … (C3.02.18)

Malgré une relation étroite, la fonction de la définitude et de la topicalité dans le discours n’est pas identique, la première indiquant que le référent est connu du locuteur et de son auditoire, alors que la seconde annonce que l’on va apporter une information, nouvelle le plus souvent, au sujet de ce référent. Ce point demande cependant à être étudié de plus près et de façon plus globale que ce que nos données nous ont permis de faire. Du fait, d’une part, de la difficulté d’éliciter des énoncés naturels mettant en jeu la définitude, et d’autre part, de ce que l’on ne trouve pas toujours les énoncés nécessaires dans les textes, nos conclusions seront à revoir lors d’une étude ultérieure.