15.3.2 Focalisation contrastive

L’on parlera de focalisation contrastive lorsque, d’après Frajzyngier et al (2005:347),

‘one of the elements of a proposition is provided as information to contradict what the speaker believes is the hearer’s presupposition, assumption, belief.’

L’on emploie la reprise de l’énoncé dans une construction avec la copule lorsque l’on veut contraster deux constituants nominaux, les énoncés étant quasiment identiques mais de polarité opposée (ex 1152) et le focus portant sur le terme dans la partie affirmative.

1152. (a) àm ɛ́-n-ɛ̀=gù bís t-àːn ɲûː-g t-ì

1s 1s-avoir-nfn=sg.def chat 3s-neg chien-sg 3s-decl

Ce que j’ai, moi, ce n’est pas un chat, c’est un chien.

(b) àm á-ɲá=gù rís tâːn ɲɛ̀rɛ́-g t-ì

1s 1s-manger=sg.def riz 3s-negboule-sg 3s-decl

Ce que je mange, moi, ce n’est pas le riz, c’est la boule.

L’on peut renforcer la focalisation du second terme en le mettant en relief par l’emploi de l’un des morphèmes d’emphase. Comme le montre l’exemple (1153a), la focalisation de proposition n’est pas attestée uniquement avec la copule, mais avec tout verbe, les deux propositions étant juxtaposées, et le morphème ta forçant une interprétation de focalisation, contrairement à (1153b), contrastant deux propositions, mais ne focalisant aucune information.

1153. (a) àm ndrɛ̀kɛ́ː lùlúyɔ́ː=nu á-rk-àn, fàfáráː=nú=gù tà

1s vêtement noir=def 1s-acheter-negblanc=def=obj emph

á-rk-ì

1s-acheter-decl

Ce ne sont pas des vêtements foncés que j’achète, moi, ce sont des clairs que j’achète.

(b) t-ár-à t-àr-âːnd-í à-ws-âːnd-í

3s-venir-pas 3s-venir-neg-decl 1s-savoir-neg-decl

Je ne sais pas si elle est venue ou non.