Introduction

La Mésopotamie désigne le pays qui se trouve entre les deux fleuves de l’Euphrate et du Tigre1 (fig. 1). Elle est considérée comme une région du Moyen-Orient, correspondant, pour sa plus grande partie, à l’Irak actuel. Au Nord de la Mésopotamie (nord-est de la Syrie et nord de l’Irak actuels) se situe une région de plateaux ; c’est une zone de cultures pluviales. Il s’agit de la Djézireh que les fleuves entaillent parfois profondément en donnant naissance à des vallées bien encaissées2. Au Sud, se trouve la plaine alluviale, suivie par la plaine deltaïque puis par une zone très marécageuse3 ; c’est une région de plaines connaissant une agriculture reposant sur l'irrigation.

Actuellement, le mot Mésopotamie est appliqué au bassin hydrographique engendré par le Tigre et l’Euphrate, sortis des montagnes. Cette définition large n’est pas adoptée par les géographes ni par tous les historiens4. Le terme Mésopotamie n’a pas toujours été employé pour cette région. Ce mot a été utilisé pour la première fois par les Grecs. Il désignait alors le pays entre les deux fleuves, c’est-à-dire la région qui se situe entre le Tigre et l’Euphrate, mais seulement dans la partie septentrionale du bassin (région babylonienne et pays sumérien, voire même des régions limitrophes)5.

La période historique de la Mésopotamie commence vers 3400 av. J.-C., lorsque l’écriture a été mise au point. Cette période historique est divisée en plusieurs périodes successives, comme le montre le tableau suivant :

Période Date
Période d’Uruk récent 3400-2900 av. J.-C.
Période des dynasties archaïques 2900-2340 av. J.-C.
Période d’Akkad 2340-2180 av. J.-C.
Période néo-sumérienne 2180-2004 av. J.-C.
Période paléo-babylonienne 2004-1595 av. J.-C.
Période médio- babylonienne 1595-1080 av. J.-C.
Période néo-assyrienne 911-609 av. J.-C.
Période néo-babylonienne 625-539 av. J.-C.
Période achéménide 539-331 av. J.-C.
Période séleucide 331-140 av. J.-C.
Période parthe De140 av. J.-C. à 224 ap. J.-C.

La période qui nous intéresse est celle qui s’étend de la troisième dynastie d’Ur (2112-2004 av. J.- C.) appartenant dans la période néo-sumérienne, jusqu’à l’époque paléo-babylonienne (2004-1595 av. J.- C.). Pendant cette longue période, l’institution monarchique s’est développée ; l’organisation de la vie économique et de la vie sociale reposait spécialement sur cette institution royale, ce qui eut pour conséquence l’édification d’un grand nombre de bâtiments royaux6. Dès lors, le palais mésopotamien prit une place grandissante dans le paysage de la ville. Ce monument royal pouvait jouer plusieurs rôles : une résidence privée pour le roi et sa famille, un centre politique- la salle du trône étant considérée comme un témoignage de la vie politique- un centre de l’administration du royaume et un centre économique7.

Les différences langues ne donnent pas de sens unique au terme de palais. Si on essaye de faire une analyse du mot palais en français, on remarque la polysémie de ce mot, issu du latin, et on trouve son origine dans le nom de la colline sur laquelle on construisait la résidence de l’empereur à Rome : palatini colles. Plus tard, d’autres significations de ce terme ont apparu car cette appellation a servi à désigner aussi bien la maison patricienne que le lieu de manifestation du pouvoir judiciaire ou un bâtiment destiné à des activités commerciales, culturelles ou sportives8.

D’après N. Postgate9, la signification originale du mot palais, au Proche-Orient antique, était : la résidence du roi. En ce qui concerne les termes utilisés, on employait, en Mésopotamie, le mot suivant : ekallum, forme sémitique du sumérien E-GAL. En effet, ce terme désignait une grande maison servant de résidence du roi mais, à l’origine, il a pu aussi désigner un temple10. Le dictionnaire assyrien de Chicago indique comme signification un palais royal pouvant jouer deux rôles principaux : un centre administratif et une maison du roi ; d’autres rubriques sont consacrées aux significations de propriété royale et de pièce principale d’une maison privée11. D’après les études des textes d’Ougarit, le terme de palais correspond à bt mlk, littéralement « maison du roi »12.

L’importance des sites archéologiques datant de la troisième dynastie d’Ur à l’époque paléo-babylonienne, en Mésopotamie, a attiré l’attention de nombreux chercheurs dans les domaines de l’archéologie, de l’histoire et de la langue antique. Ces chercheurs ont pu présenter plusieurs travaux sur ces sites. Les recherches qui parlent de l’architecture royale en Mésopotamie à la fin du bronze ancien et au bronze moyen représentent une partie de ces travaux. Nous voulons présenter ici le développement d'une nouvelle recherche qui constitue un trait d’union entre le passé et le présent pour transmettre cet héritage aux générations futures. D’autant que l’architecture royale de cette période est celle qui, de toute les époques, nous présente le plus grand nombre de palais en Mésopotamie : palais d’Ur-Nammu et de Shulgi d’Ur, palais de Tell Asmar (construit en plusieurs phases), palais royal et petit palais de Mari, palais A de Tuttul, palais d’Assur, palais et bâtiment 50 de Larsa, palais de Samsi-Addu et de Qarni-Lim de Tell Leilan, palais de Sinkashid d’Uruk et palais de Tell al-Rimah (fig. 1). Ces bâtiments méritent d’être étudiés dans un ouvrage qui mette en évidence une image du palais à cette époque et son rôle dans le royaume. En effet, les chercheurs ont publié de nombreuses recherches concernant ces monuments mais, malgré cela, il reste encore maintenant beaucoup de questions sans réponse, ce qui nous conduit à tenter d’y apporter des éléments de réponse. Par ailleurs, si la plus grande partie de ces palais a été comparativement étudiée par plusieurs chercheurs, une autre partie (palais A de Tuttul, palais oriental de Mari, palais de Samsi-Addu et de Qarni-Lim de Tell Leilan) n’a pas été traitée de la même manière, ce qui nous incite à une étude synthétique permettant de mettre en évidence les caractéristiques de ces bâtiments afin de déterminer si les autres palais de la même époque étaient semblables ou non de ce point de vue. Certaines recherches ont toutefois présenté une étude comparative d’une partie de ces quatre derniers palais avec les autres édifices de la Mésopotamie, mais elle n’avait pas été approfondie. Une comparaison plus approfondie nous semble nécessaire. De nouvelles recherches sur l’architecture royale datant de l’époque de la troisième dynastie d’Ur, en Mésopotamie, ont été faites, qui proposent de nouvelles hypothèses s’opposant à une partie de celles des recherches précédentes. Nous souhaitons, dans la présente étude, examiner toutes ces hypothèses et préciser de nombreuses questions restées en suspens quant à l’architecture royale en Mésopotamie.

Nous avons indiqué plus haut qu’il existe des différences entre les spécialistes sur plusieurs points relatifs à l’architecture royale en Mésopotamie. La première différence concerne la datation précise de certains monuments, comme la date de la construction du palais ancien d’Assur. En outre, le palais de Tell Asmar est composé de nombreuses phases architecturales et la date d’une partie de ces phases n’est pas connue avec certitude. La présente recherche s’efforcera de mettre en évidence cette date en s’appuyant sur les dernières études qui présentent des informations de valeur. Les travaux de la fouille ne peuvent préciser la date des travaux du bloc officiel du palais de Mari, de la sécularisation du temple et de la chapelle du palais de Tell Asmar. En effet, les équipes de fouille ont défini une date pour ces travaux, mais il n’est pas possible de s’y fier avec certitude, ce qui nous conduit à insister sur les nouvelles études des textes, des sceaux et de l’architecture pour mettre en lumière la date réelle de ces travaux.

Les chercheurs parlent de l’existence d’un secteur sacré dans certains palais mésopotamiens (palais de Mari et palais de Tell Asmar). Les spécialistes proposent plusieurs hypothèses sur les dieux adorés dans le lieu sacré de chacun de ces deux palais. Il est donc nécessaire de chercher à connaître les divinités adorées à ces emplacements. De plus, la salle 132 du palais de Mari servait soit de salle d’audience, d’après A. Parrot, soit de chapelle, d’après J.-C. Margueron. Nous posons donc ici une question : quelle était la destination réelle de cette pièce ? Y avait-il des objets, à l’intérieur de la pièce, qui pourraient aider à mettre en évidence sa fonction ? D’autres questions peuvent aussi être posées : pourquoi les palais de Mari et de Tell Asmar comportaient-ils un secteur sacré ? Pourquoi les palais mésopotamiens ont-ils été édifiés dans un quartier proche de celui des temples ? Si les secteurs sacrés n’ont existé que dans quelques palais, la question qui se pose est de savoir si le sanctuaire était aménagé dans d’autres monuments hors de Mésopotamie (par exemple, dans les palais orientaux appartenant aux civilisations voisines) ou en Mésopotamie (par exemple, dans des palais mésopotamiens datant des dynasties archaïques ou de la deuxième moitié du deuxième millénaire, ou dans des grandes maisons) ? Enfin, l’on veut, dans cette recherche, répondre à une question très importante : à travers les aménagements du palais royal de Mari (peinture murale), il semble que la relation entre le roi et les déesses était très forte et l’on s’interroge sur la raison de cette relation entre eux.

Le secteur officiel des palais mésopotamiens appartenant à l’époque s’étendant de la troisième dynastie d’Ur à l’époque palaéo-babylonienne était plus important que d’autres secteurs du palais. Ce secteur était-il tracé selon le même schéma dans tous les palais mésopotamiens ? Quels étaient les aménagements de ce bloc ? Si certains spécialistes ont étudié ce secteur dans les palais mésopotamiens, on ne trouve pas d’études comparatives approfondies nous aidant à déterminer si l’organisation architecturale du bloc officiel mésopotamien se répétait ou non dans les palais des civilisations hors Mésopotamie (Syrie, Crète, etc.). D’après plusieurs chercheurs, le plan des grandes salles de réception du secteur officiel des palais mésopotamiens était similaire à celui des grandes maisons dans plusieurs villes mésopotamiennes. La question qui se pose est donc de savoir quelles sont les analogies et les différences entre les deux cas. Il est certain que le secteur officiel était spécialement destiné aux activités politiques d’État. Toutefois, nous voulons savoir ici si d’autres activités s’y déroulaient. Les chercheurs proposent plusieurs hypothèses sur la fonction particulière de chacune des deux grandes salles du bloc officiel. Une partie des archéologues suppose que la salle s’ouvrant sur la cour centrale était une salle du trône et que la deuxième salle, qui était accessible par la précédente, servait de salle des banquets. D’autres archéologues s’opposent à cette hypothèse et estiment que la première grande pièce était destinée à la réception mais que la seconde était la salle réelle du trône, dans laquelle le roi rencontrait ses visiteurs et leur offrait des banquets. Notre travail essaye de mettre en lumière la fonction particulière de chaque grande salle en s’appuyant sur l’aménagement de chaque salle et ses dimensions.

Le secteur économique a été identifié avec certitude dans le palais de Mari et le palais d’Uruk. Les pièces qui lui étaient dévolues étaient étroites et allongées. La question qui se pose maintenant est : ce secteur existait-il dans les autres palais mésopotamiens datant de l’âge du bronze ? S’il existait, quels étaient le schéma qu’on y adoptait et les aménagements qu’on y a retrouvés ? Si l’on peut apporter des réponses à ces questions, il sera possible de mettre en évidence la disposition du secteur économique des grands bâtiments civils de la Mésopotamie, ce qui permettra de mettre en évidence les différences et les ressemblances entre les différents cas. Il est probable que l’architecture domestique de la Mésopotamie et l’architecture royale de l’âge du bronze hors Mésopotamie disposaient de magasins : ces magasins étaient-ils tracés selon la même forme que celle des réserves des palais mésopotamiens ? En outre, l’identification de la présence du secteur des magasins dans certains palais n’est pas suffisante pour donner une image d’un tel secteur dans les palais mésopotamiens ou dans les autres palais orientaux de l’âge du bronze, car nous essayons de définir la raison de l’aménagement d’un secteur de magasins dans un emplacement spécial du palais (autour de la salle du trône, à proximité de la porte ou à l’extrémité de l’édifice). Enfin, nous essayons, dans notre recherche, de répondre à cette question : qui dirigeait la vie économique dans le palais ?

Du fait de leurs fonctions officielle, économique et sacrée, les palais mésopotamiens datant de la troisième dynastie d’Ur à l’époque paléo-babylonienne, jouaient aussi un rôle administratif : il s’agissait de diriger les travaux de l’État. La découverte d’une grande quantité de tablettes dans de nombreux palais mésopotamiens permet d’identifier cette fonction. Le secteur de l’administration des travaux d’État a été déterminé avec certitude dans certains cas, comme, par exemple, pour le grand palais royal de Mari, car celui-ci a livré des tablettes laissant penser qu’il s’agit bien du secteur administratif du palais. J.-C. Margueron a essayé d’identifier la même destination dans d’autres palais en s’appuyant sur le schéma et l’organisation architecturale de ce secteur dans le palais de Mari. La question qui se pose ici est la suivante : est-il suffisant de s’appuyer sur le plan et la disposition que le secteur administratif du palais de Mari adoptait afin d’identifier des secteurs de même fonction dans d’autres cas ? En effet, d’autres palais mésopotamiens présentent des secteurs dont le schéma était similaire à celui du palais de Mari mais une partie de ces secteurs ne possédait pas de tablettes permettant de leur donner une destination administrative. L’autre partie a livré des installations qui ne correspondent pas à la nature du secteur administratif, ce qui conduit à rechercher la fonction réelle de ces secteurs. Par ailleurs, un grand nombre de tablettes a été retrouvé, dont les aménagements nous permettent d’y voir un magasin ou une salle d’eau. Il est donc judicieux de connaître la place de l’origine de ces tablettes pour pouvoir définir la situation du secteur administratif du palais.

On a retrouvé, au rez-de-chaussée de la plupart des palais mésopotamiens, des installations domestiques, ce qui laisse à penser que chacun de ces édifices comportait une ou plusieurs zones résidentielles. La question qui se pose donc est celle-ci : quels sont les occupants des palais mésopotamiens ? D’après certains spécialistes, la famille royale était l’occupante principale du secteur d’habitation du rez-de-chaussée ; d’autres chercheurs estiment au contraire que si la famille royale occupait bien le palais, ce n’était pas au rez-de-chaussée mais plutôt à l’étage que les appartements royaux étaient aménagés. Dans notre recherche, nous essaierons de préciser la position des appartements royaux des palais mésopotamiens. Si la famille royale n’habitait pas dans une zone résidentielle du rez-de-chaussée, quels étaient les occupants de cette zone du palais ? Nous voulons également poser, dans notre recherche, la question suivante : la résidence royale abritait-elle toujours le roi, la reine et leurs enfants ou un autre membre de la famille royale, comme, par exemple, le beau-frère du roi ou le prince héritier ? Les autres palais orientaux de l’âge du bronze, hors Mésopotamie, comportaient peut-être une zone résidentielle mais nous ne savons pas si elle possédait les mêmes caractéristiques que la zone d’habitation des palais mésopotamiens. Cette recherche s’efforcera de répondre à cette question importante.

Les pièces des services alimentaires sont une preuve très importante du fait que l’édifice royal était habité par la famille royale. Les recherches qui ont été mises au jour n’ont pu identifier un secteur spécial que dans le grand palais royal de Mari. Certains palais mésopotamiens (phase 3 du palais de Tell Asmar), étudiés par des spécialistes qui ont publié le résultat de leur recherche dans des ouvrages, comportaient des installations permettant d’y voir un secteur de services alimentaires. Par ailleurs, les travaux de la fouille de certains sites (Tell Leilan et Tuttul) de Mésopotamie, qui ont été effectués postérieurement à la publication de ces ouvrages, ont révélé des secteurs de services dans les palais, mais on ne sait pas si les caractéristiques de ces secteurs étaient les mêmes dans tous les cas. L’emplacement des services était-il le même (à proximité de la salle du trône ou à une autre localisation dans l’édifice) ou non dans tous les édifices ? D’après les palais orientaux appartenant aux autres civilisations voisines de la Mésopotamie, le secteur des services était sans doute indispensable mais on ne sait pas si les services peuvent être identifiés dans tous ces bâtiments car, à notre connaissance, les travaux de la fouille d’un certain nombre de ces bâtiments ne sont pas achevés, ce qui pose problème pour identifier plusieurs fonctions. Nous essaierons d’identifier un tel secteur dans ces bâtiments et de le comparer avec celui des palais mésopotamiens datant de la période s’étendant entre Ur III et l’époque paléo-babylonienne, pour donner une réponse à la question suivante : quelles étaient les différences et les ressemblances du secteur des services des différents palais orientaux (en Mésopotamie et hors Mésopotamie) ?

Certains palais mésopotamiens (petit palais oriental de Mari, palais A de Tuttul et peut-être palais de Tell Asmar) comportaient des tombes sous de nombreuses salles : pourquoi de telles installations ont été aménagées seulement dans ces palais et non dans les autres palais mésopotamiens ? À notre connaissance, seul un petit nombre d’éléments a été retrouvé dans les caveaux funéraires des palais mésopotamiens. Il est donc difficile de relever une image parfaite des objets funéraires des grands bâtiments civils de la Mésopotamie. Dans ce cas, il faut insister sur les installations funéraires des palais orientaux hors Mésopotamie et des grandes maisons mésopotamiennes pour connaître les aménagements réels des tombeaux des palais.

Parmi les palais datant de la période d’Ur III à l’époque paléo-babylonienne, seul le grand palais de Mari a livré des restes de peintures murales car ces ornementations ont été découvertes dans plusieurs secteurs de cet édifice. La question qui se pose est de savoir pourquoi ces décorations ont été appliquées sur les parois de nombreuses pièces de ce monument. D’autres questions peuvent aussi être posées : quels étaient les thèmes de ces décorations ? Y avait-il un autre genre de décoration en Mésopotamie ? Hors Mésopotamie, un certain nombre de palais orientaux connaissait des genres divers de décoration : quelles étaient les différences et les analogies avec ceux utilisés en Mésopotamie (par exemple, au palais de Mari) ?

Les recherches présentées sur les palais mésopotamiens ne donnent pas de réponses précises sur plusieurs des questions concernant les techniques de construction de ces monuments. La première question a trait aux matériaux de construction. Les briques étaient le matériau principal de la construction dans la Mésopotamie de l’âge du bronze. En effet, la Mésopotamie était riche en terre et en argile, matières premières utilisées pour la fabrication de briques. La question qui se pose donc est la suivante : la disponibilité des matières premières des briques a-t-elle été la raison principale de l’utilisation importante de ce matériau ? Ou bien est-ce que d’autres raisons sont intervenues ? Le bois fut employé dans plusieurs pratiques de l’architecture royale de Mésopotamie. Citons, par exemple, les portes, les couvertures et les escaliers. Les études des textes permettent d’affirmer que le cèdre a fait partie des bois utilisés dans les palais. Nous pouvons poser plusieurs questions ici : utilisait-on d’autres essences de bois dans l’architecture royale datant de la période comprise entre la troisième dynastie d’Ur et l’époque paléo-babylonienne ? Comment le bois utilisé dans la construction des bâtiments royaux était-il obtenu ? Quelle était la quantité de bois employée dans les palais ?

Plusieurs problématiques peuvent être posées quant aux éléments constitutifs des palais mésopotamiens. Une partie des palais mésopotamiens a été conservée au niveau des murs, ce qui nous aide à mettre en évidence les parties principales (fondations, soubassements et élévations) de leur structure. Notre recherche essaiera de mettre en évidence les rôles que les fondations et les soubassements jouaient, en définissant les raisons de bâtir, à tel ou tel emplacement, des fondations plus profondes que celles aménagées à un autre emplacement de l’édifice. Nous nous efforcerons aussi de préciser les motifs de l’aménagement de murs plus épais dans tel secteur du palais que dans tel autre. Les chercheurs estiment que des murs épais étaient l’indication d’un étage : y a-t-il une autre raison qui explique l’épaisseur de ces murs ?

Les couvertures de la plupart des palais mésopotamiens sont en ruine, ce qui pose problème pour définir les modèles des toitures. Il existe une controverse scientifique entre les archéologues sur ce point puisque plusieurs hypothèses sont proposées quant à la couverture (voûte en berceau ou toiture plate). Il nous faut traiter cette question en nous appuyant spécialement sur les preuves archéologiques.

Certains bassins ont été aménagés dans le palais royal de Mari et dans le palais de Sinkashid d’Uruk : quelle était la fonction précise de ces aménagements ? Les spécialistes donnent aux bassins de nombreuses destinations mais on ne peut pas admettre celles-ci avec certitude car il faut définir la fonction des bassins en prenant en compte la fonction des espaces qui en comportaient. Hors Mésopotamie, dans le palais d’Ougarit, plusieurs bassins ont été mis au jour : étaient-ils organisés de même manière et possédaient-ils les mêmes fonctions que ceux des palais mésopotamiens ?

Un petit nombre de palais mésopotamiens a livré des banquettes dont les fonctions étaient nombreuses. En effet, la fonction d’une partie de ces installations a été identifiée avec certitude grâce à la découverte d’éléments mettant en lumière cette fonction. Citons par exemple les salles 116 du palais royal de Mari, où des banquettes, le long des murs, étaient installées et creusées de cavités dans lesquelles on enchâssait des jarres de stockage pour les caler. Si la destination des banquettes de cette salle est connue, les mêmes aménagements dans d’autres pièces font toujours l’objet de supputations car les chercheurs proposent plusieurs hypothèses pour leur fonction. Ceci nous conduit à examiner ces hypothèses pour déterminer les fonctions exactes de ces éléments.

L’éclairage était l’une des conditions indispensables pour l’habitation. Les espaces centraux des grands bâtiments civils représentaient des sources de lumière fournissant aux salles environnantes de l’éclairage. La question qui se pose est de savoir comment ces espaces donnaient de l’éclairage aux salles voisines. Pour répondre à cette question, il nous faut déterminer la configuration de chaque espace central (espace à ciel ouvert ou espace couvert). L’espace central couvert pouvait probablement fournir aux pièces environnantes de l’éclairage par des fenêtres situées au sommet des murs, qui permettaient à une petite quantité de lumière de pénétrer, contrairement à l’espace à ciel ouvert qui dispensait sans doute une grande quantité de lumière pour la distribuer aux salles qui l’entouraient. On n’a pas retrouvé, dans les débris des palais mésopotamiens, beaucoup d’éléments de couverture. Du fait de l’absence de ces éléments, la question qui se pose est de savoir comment on peut définir la configuration de l’espace central pour mettre en évidence le mode d’éclairage. Une autre problématique concerne les secteurs qui ne comportaient pas d’espace central : comment, dans ces conditions, pouvaient-ils être éclairés ? Les palais comportaient également des pièces trop éloignées de la source lumineuse : quelle était la solution mise en œuvre pour les éclairer ?

En s’appuyant sur certains objets retrouvés dans les débris des palais ainsi que sur les techniques de construction du rez-de-chaussée, les chercheurs estiment que les palais mésopotamiens étaient généralement surmontés d’un étage. Si la présence de ce niveau est admise par la plupart des spécialistes, une différence existe entre eux quant à l’interprétation de plusieurs éléments puisqu’il y a des archéologues qui interprètent certains aménagements comme des podiums alors que d’autres chercheurs y voient des restes d’escalier conduisant vers l’étage. On a retrouvé, dans certains murs, des installations qui ont été interprétées par des spécialistes comme des systèmes de captation d’eau de pluie en hiver. Une hypothèse alternative a été proposée par d’autres archéologues : il s’agirait de canalisations destinées à l’évacuation des eaux usées de l’étage. Nous essaierons de mettre en lumière la fonction de tous ces aménagements afin de déterminer s’ils appartiennent ou non à un étage. Plusieurs pièces des palais mésopotamiens ont livré des éléments qui ne correspondent pas à leurs fonctions. Quelle était la place d’origine de ces objets ? Sont-ils tombés d’un étage ?

A l’exception d’un petit nombre de palais mésopotamiens dont la construction s’étende depuis la troisième dynastie d’Ur jusqu’à l’époque paléo-babylonienne, ces édifices étaient construits au centre de la ville, à proximité du quartier du temple. Nous essaierons de comprendre les motifs de la construction de ces édifices à cet emplacement, à proximité du quartier des temples. On cherchera aussi les raisons qui ont conduit à bâtir d’autres monuments dans une position très éloignée du cœur de la cité.

Les palais mésopotamiens étudiés dans cette recherche étaient pourvus d’un système de protection pour défendre le bâtiment contre les agressions extérieures. Le mur de l’extérieur du palais (enceinte), percé, dans certains cas, de nombreuses portes, jouait ce rôle. Notre recherche s’efforcera de définir les différentes parties de l’enceinte, son épaisseur et sa hauteur et de montrer pourquoi cette installation était percée de plusieurs issues. Dans l’étude comparative que l’on veut faire entre les palais datant de la période s’étendant entre l’époque de la troisième dynastie d’Ur et l’époque paléo-babylonienne, et les autres palais de l’âge du bronze, nous essaierons de répondre à cette question importante : l’enceinte de ces bâtiments possédait-elle les mêmes caractéristiques durant ces deux époques ?

Dans cette recherche, nous ferons des études comparatives entre les palais datant de la période comprise entre l’époque de la troisième dynastie d’Ur et l’époque paléo-babylonienne, et les autres palais de l’âge du bronze en Mésopotamie et hors Mésopotamie (côte syrienne, Ebla, Alalakh, Qatna et Crète). Ces études nous aideront probablement à trouver des réponses pour plusieurs questions : les autres palais comportaient-ils les mêmes secteurs et jouaient-ils les mêmes rôles que les palais mésopotamiens étudiés dans cette recherche ? Les salles des secteurs de ces palais étaient-elles organisées de la même façon que celles des édifices traités dans le présent travail ? Quelle était la position de ces monuments ? Était-elle similaire ou non à celle des palais datant de la fin du bronze ancien et du bronze moyen ?

En outre, l’espace domestique en Mésopotamie (de la troisième dynastie d’Ur à l’époque paléo-babylonienne) abrite des secteurs dont une partie était destinée à des activités que les palais connaissaient également. Il est donc possible de réaliser une étude comparative entre les palais mésopotamiens et certaines maisons (grandes maisons) de la Mésopotamie, ce qui nous permettra de mettre en évidence les différences et les ressemblances entre les deux cas. Cela permettra également d’apporter des réponses aux questions concernant les portes, les dimensions, les secteurs principaux, l’étage et les fonctions des deux genres de construction.

Notre recherche a plusieurs objectifs dont le premier est de préciser les fonctions principales des palais mésopotamiens, dont la construction s’étend de la période III d’Ur à l’époque paléo-babylonienne en particulier, et des autres palais mésopotamiens et orientaux (hors Mésopotamie) de l’âge du bronze. Le fait de préciser ces fonctions ne révélera pas seulement les rôles joués par le palais mésopotamien, mais aussi ceux joués par le palais oriental (en Mésopotamie et hors Mésopotamie). De plus, ce travail a un autre but qui est de mettre en évidence les différences et les similitudes entre les palais mésopotamiens, par le biais d’une étude comparative entre les palais qui ont déjà été étudiés par plusieurs archéologues et ceux qui ont été découverts récemment. Ceci permettra, nous l’espérons, de produire une nouvelle recherche qui sera déposée dans les bibliothèques pour le profit de tous.

Concernant la méthodologie employée, nous allons utiliser, dans notre recherche, la méthode suivante : dans les deux premières parties (analyse des palais datant de la période comprise entre Ur III et l’époque paléo-babylonienne, du Sud et du Nord de la Mésopotamie), nous allons décrire les palais mésopotamiens en parlant de leur fouille, de leur datation, de leurs secteurs principaux et de leurs fonctions. En suivant cette méthode, on ne fait pas de synthèse dans les deux premières parties, on cherche seulement à fixer les informations que l’on peut obtenir à partir de l’analyse architecturale de chaque bâtiment, pris isolément, sans faire d’étude comparative entre les palais. En effet, l’analyse architecturale des palais mésopotamiens nous aidera à acquérir des connaissances permettant de faire des études comparatives plus tard. Toutefois, les analyses réalisées ne donneront pas une image définitive des palais puisque celle-ci ne pourra être faite que par la comparaison d’ensemble effectuée dans la troisième partie.

Dans la troisième partie, nous utiliserons une méthode comparative. À travers cette étude, nous pourrons présenter les différences et les similitudes existant entre les palais mésopotamiens. Dans cette même partie, nous essaierons aussi de réaliser une étude comparative entre les palais mésopotamiens et d’autres palais orientaux, ce qui nous permettra de mettre en évidence les caractéristiques du palais oriental dans l’âge du bronze. La méthode comparative peut aider à préciser plusieurs questions auxquelles on n’aura pu trouver de réponses dans les deux premières parties, car le secteur administratif n’a été identifié que dans certains palais, grâce à la découverte d’éléments (tablettes) permettant d’y voir une telle fonction. D’autres cas ne livrent pas d’éléments écrits mais le plan est similaire à celui des secteurs administratifs identifiés avec certitude, ce qui laisse à penser qu’on se trouve également en présence de secteurs administratifs. On ne peut donc arriver à ces résultats que par la comparaison entre les divers palais. Cet exemple (étude du secteur administratif) se répète pour d’autres questions des palais mésopotamiens. Enfin, la méthode comparative nous aidera à voir jusqu’à quel point les conclusions valables provenant des deux premières parties (méthode de la description), pour tel ou tel palais, ont une valeur générale ou ne concernent qu’un seul bâtiment.

Cette recherche a une grande importance dans le domaine de l’architecture en général et, plus particulièremen, dans le domaine de l’architecture royale, puisque nous allons essayer de trouver des réponses à plusieurs questions concernant l’architecture royale de la fin du bronze ancien et du bronze moyen en Mésopotamie, questions auxquelles les chercheurs n’ont pas donné de réponses précises, en l’absence de nouveaux résultats des fouilles de plusieurs sites et à cause du manque de nouvelles recherches textuelles. De plus, l’étude comparative que nous allons faire nous aidera à identifier les fonctions de plusieurs secteurs des palais et à montrer les principes architecturaux des palais mésopotamiens. Cette dernière étude permettra de relever les analogies et les différences entre les palais mésopotamiens et les autres palais orientaux, et à mettre en lumière les palais les plus développés et plus majestueux au Proche-Orient.

Notre travail (architecture royale en Mésopotamie à la fin du bronze ancien et au bronze moyen, de l’époque de la troisième dynastie d’Ur à l’époque paléo-babylonienne) comprend deux volumes dont le premier donne le texte et le second est destiné aux figures. Le volume du texte se compose de trois parties : la première partie concerne l’analyse architecturale des palais de la Mésopotamie du Sud et comporte cinq chapitres : palais d’Ur, palais des dynasties amorrites de plusieurs phases de Tell Asmar, palais et bâtiment 50 de Larsa et palais de Sinkashid d’Uruk. Avant de faire l’analyse architecturale de chaque bâtiment, on fera une présentation générale du site pour mettre en évidence l’histoire, la situation géographique, la fouille et l’urbanisme de la ville comportant le monument royal. On adoptera la même manière de procéder dans la partie suivante. Ce qui attire l’attention, dans la première partie, est le palais de Tell Asmar qui a connu une longue durée d’utilisation (2070-1850 av. J.-C.) durant laquelle il a été l’objet de modifications, ce qui a produit six phases architecturales. Ces phases sont divisées en deux parties : la première présente les phases dont un seul et même roi est à l’origine ; la seconde partie est composée de plusieurs phases, chacune d’elles concernant plusieurs souverains. Les mêmes études peuvent être appliquées dans tous les chapitres de cette partie (histoire de la fouille, secteurs et fonctions des palais) avec de petites différences : les nouvelles recherches du palais de Tell Asmar s’appuient sur les sceaux et les scellements, nous permettant de révéler la fonction économique et administrative de diverses phases de cet édifice.

La seconde partie est identique à la précédente quant à la méthode (analyse architecturale) mais, cette fois, on traitera les palais du Nord de la Mésopotamie. Le nombre de chapitres de cette partie est plus important que celui de la première partie et comporte sept chapitres : grand et petit palais royal de Mari, palais A de Tuttul, palais d’Assur, palais de Samsi-Addu et de Qarni-Lim de Tell Leilan, et palais de Tell al-Rimah. D’un point de vue scientifique, le grand palais de Mari est plus important que les autres palais de cette partie, du fait de sa conservation, meilleure que celle des autres palais, et parce qu’il comportait des aménagements permettant de mettre en évidence ses fonctions, ce qui nous aidera à mettre en lumière une image de l’architecture royale de la fin du troisième millénaire et du début du second.

Dans la dernière partie, on réalisera des études comparatives entre les palais mésopotamiens s’étendant de la période d’Ur III à l’époque paléo-babylonienne. La comparaison pourra aussi être faite entre ces derniers palais et ceux appartenant à la même région (Mésopotamie) mais datant d’autres périodes de l’âge du bronze (dynasties archaïques et deuxième moitié du second millénaire). On effectuera également d’autres études comparatives entre les palais mésopotamiens s’étendant de la période d’Ur III à l’époque paléo-babylonienne et ceux provenant des civilisations voisines, ainsi qu’entre ces palais mésopotamiens et les grandes maisons de la même région et de la même époque. La dernière partie est composée de cinq chapitres : techniques de constructions, relation entre le monde du palais et le monde de l’extérieur, fonctions principales des palais mésopotamiens de l’âge du bronze, étude comparative des palais mésopotamiens datant d’Ur III à l’époque paléo-babylonienne et des autres palais orientaux de l’âge du bronze et étude comparative des palais mésopotamiens et des maisons privées. Le chapitre qui parle des techniques de construction traite les questions importantes (matériaux de construction, différents éléments constitutifs des palais mésopotamiens, éclairage et étage) qu’on ne signale que rapidement dans les deux premières parties, ce qui nous conduit à les étudier ici en détail, de façon synthétique. Dans les trois derniers chapitres, on a parfois utilisé des titres similaires à ceux employés dans les deux premières parties mais ces études, dans la troisième partie, sont liées à la méthode comparative et prennent en compte de nouveaux bâtiments (palais et maisons) que l’on n’étudie pas dans la première et la deuxième partie.

Notre recherche a rencontré plusieurs difficultés dont la première est relative à l’inachèvement des travaux de fouille de certains édifices. On ne peut pas, dans ce cas, connaître la superficie réelle du palais ni définir un nombre exact de secteurs dans l’édifice. Cela pose aussi problème pour révéler toutes les fonctions de tels édifices et de leurs portes. La seconde difficulté est proche de la précédente ; il s’agit du mauvais état de conservation de quelques palais ou d’une partie de leurs secteurs. Cela pose les mêmes problèmes que le cas évoqué précédemment. Plusieurs secteurs des palais mésopotamiens souffrent également de l’absence d’éléments permettant de déterminer leurs fonctions, du fait de la destruction ou du vol. Nous avons souffert aussi, dans cette recherche, de problèmes à caractère scientifique, surtout en ce qui concerne l’utilisation des sources en allemand et la compréhension de certains éléments architecturaux des édifices.

Nous nous sommes efforcé de trouver des solutions à ces problèmes. En ce qui concerne les deux premières difficultés, les recherches archéologiques ont permis de restituer les informations concernant certains édifices ; nous souhaitons donc nous appuyer, dans notre travail, sur cette restitution mais il n’est pas possible de s’y fier avec certitude. Il est aussi possible de faire une comparaison entre le plan du secteur identifié avec certitude d’un palais (secteur officiel, secteur économique, etc.) et celui d’un secteur non identifié d’un autre palais en insistant spécialement sur le plan. Par exemple, le secteur économique du palais royal de Mari est identifié avec certitude en raison de l’existence, dans plusieurs magasins, d’éléments de stockage mais d’autres secteurs économiques, appartenant à d’autres édifices, ne sont pas connus à cause de l’absence de matériel nous permettant d’y voir de telles fonctions. On peut ici faire une étude comparative du plan entre les deux : si on trouve, dans le second cas, des salles très étroites et très allongées, conformément à la forme des magasins du palais de Mari, on peut dire qu’on est peut-être dans les magasins. Cette solution correspond à la seconde difficulté de notre recherche. Le troisième problème peut être résolu en faisant appel à des amis qui connaissent l’allemand et par le biais de l’utilisation de dictionnaires dans cette langue. L’usage des dictionnaires architecturaux, comme celui publié par O. Aurenche, est considéré comme une solution convenable pour le dernier problème. Ce dictionnaire explique beaucoup de termes architecturaux et les illustre par des photos permettant de comprendre chacun de ces termes.

Grâce à la méthode employée et malgré les difficultés rencontrées, nous espérons avoir pu apporter une contribution intéressante à tout cet important courant de recherches menées par de nombreux archéologues et historiens, depuis le 19ème siècle, sur les palais et les grands bâtiments mésopotamiens.

Notes
1.

Margueron J.-C., 2003, p. 18.

2.

Idem., p. 19.

3.

Idem, p. 18.

4.

Idem., p. 18.

5.

Idem, p. 18.

6.

Margueron J.-C., 1971, p. 11.

7.

Joannès F., 2001, p. 614.

8.

Margueron J.-C., 1982b, p. 4.

9.

Postgate N., 2003-2005, p. 195.

10.

Margueron J.-C., 1982b, p. 4.

11.

Idem, p. 4.

12.

Malbran-Labat F., 2008, p. 54.