Etat de la recherche

Nous allons nous appuyer dans cette recherche sur des références françaises, allemands et anglaises. Mais il est certain que les références françaises restent les plus importantes car plusieurs des sources qui ont abordé la Mésopotamie historiquement et archéologiquement sont des références françaises, comme celles qui parlent de Mari et de Larsa.

L’ouvrage qui a été publiépar A. Parrot en 1958, est parmi les livres importants dans notre recherche. Le tome qui nous intéresse plus particulièrement le tome I13 parle du palais sous l’angle architectural. Bien que ce livre ne parle que d’un seul palais (palais royal de Mari), il présente des informations très importantes qui mettent en lumière une image de l’architecture royale de la Mésopotamie à la fin du III ème millénaire et au début du second. En effet, le palais de Mari est plus grand que d’autres palais et il a été retrouvé dans un bon état de la conservation. Ces conditions ont permis à l’archéologue de produire un ouvrage très volumineux, comportant de nombreux chapitres dont chacun aborde un secteur du palais.

A. Parrot a fait une description de chaque secteur et a défini le nombre de ses pièces sans faire aucune étude comparative entre les divers secteurs de ce monument. Dans sa description, il a adopté la méthode suivante : après une introduction, il a décrit des pièces de chaque secteur (pièce par pièce) en mettant en évidence leurs tailles, leurs installations, les techniques de construction (murs, portes, sol etc.) et les fonctions. Il n’a pas seulement déterminé la fonction particulière de la plupart des pièces (salle de bain, toilette, salle du trône, magasin, chambre du gardien, cuisine etc.) du palais mais il a aussi défini la fonction de chaque secteur (secteur d’accueil, secteur des magasin et des ateliers, secteur officiel, appartements royaux et secteur sacré) en s’appuyant sur les restes archéologique et architecturaux.

Lorsque l’auteur a décrit les pièces des secteurs du palais, il a mis en regard du texte, des plans de ces secteurs et des photos liées aux diverses installations, pour pouvoir comprendre leurs organisations et leurs aménagements. A la fin du livre, il a joint des planches jouant les mêmes rôles que les photos et les plans. Dans ce livre, l’auteur a souligné les éléments indiquant la présence d’un étage lorsqu’il a fait une description de pièces du palais, mais il n’a pas présenté d’image de l’organisation de ce niveau ni a définit sa fonction. Il a aussi mis au jour les découvertes faites dans les différents secteurs (jarres, tablettes, fragments de peintures murales, etc.), ce qui lui a permis de préciser les destinations des pièces qui ont livré ces éléments. A. Parrot a pu présenter des informations concernant la datation du palais à travers le sondage stratigraphique effectué dans certaines zones du bâtiment. Par ailleurs, il a indiqué les transformations dont le palais a été l’objet dans son histoire (comme l’ouverture et la fermeture d’un grand nombre de portes et la construction des nouveaux murs à l’intérieure de l’édifice), ce qui laisse à penser que le palais connut plusieurs phases de modifications. Bien que le fouilleur a présenté des informations sur l’histoire de l’édifice, il n’a pas définit avec certitude la date de certains secteurs, comme les travaux du bloc officiel. A l’exception de la salle du trône, cet archéologue pense que tous les espaces centraux étaient à ciel ouvert mais J.-C. Margueron dans son livre publié en 198214 (recherches sur les palais mésopotamiens dans l’âge du bronze) s’oppose à cette hypothèse pour certains espaces où il ne voit pas de cours centrales mais des salles couvertes.

L’ouvrage en deux volumes publié par J.-C. Margueron en 1982 est plus important que d’autres sources abordant l’architecture royale en Mésopotamie. Le premier volume, qui est destiné au texte, est composé de deux parties dont la première traite l’analyse architecturale des palais mésopotamiens dans l’âge du bronze. Dans cette première partie, l’auteur étudie chaque palais mésopotamien indépendamment d’autres palais, sans faire de comparaison entre les bâtiments royaux. Il précise ici plusieurs questions concernant la date, la fouille, l’état de la conservation, le nombre de secteurs et leurs fonctions, la présence d’un étage et l’éclairage des palais, mais il ne donne pas de résultats définitifs, attendant pour cela les études comparatives de la deuxième partie. Toutefois, cet archéologue a indiqué à la fin de chaque chapitre les pages de la seconde partie qui complètent la première.

Dans la deuxième partie, ce chercheur a fait des études comparatives sur plusieurs questions de l’architecture royale en Mésopotamie (système de relation, espaces ouverts et espaces couverts, formes et fonctions, aspects esthétiques, évolution et comparaison). L’objectif de J.-C. Margueron, dans ces études, était de mettre en évidence les caractéristiques des palais de l’âge du bronze en déterminant les similitudes et les différences entre eux. Cette méthode a permis à ce spécialiste de connaître les caractéristiques associées à l’architecture royale des villes mésopotamiens et celles particulières concernant certains monuments.

Dans cet ouvrage, l’auteur a conclu que le palais jouait les rôles suivants : un centre politique, administratif, économique et une zone résidentielle de la famille royale. En effet, plusieurs autres chercheurs attribuent au palais mésopotamien les mêmes fonctions en général, surtout les palais datant de la fin du IIIème millénaire et du début du second av. J.-C., mais ils n’adoptent pas toujours les hypothèses de J.-C. Margueron quant à la fonction particulière de chacun des secteurs du palais ou des pièces appartenant à certains secteurs du bâtiment. Prenons par exemple, les secteurs G et F du grand palais royal de Mari. Le fouilleur de ce palais suppose que le secteur F était destiné aux ateliers de transformation du métal et que le secteur G servait de magasins, mais J.-C. Margueron voit dans le premier secteur des magasins tandis que le second était, d’après lui, consacré aux logements des esclaves de la maison du roi. L’archéologue du grand palais de Mari a conclu, dans son ouvrage (la mission archéologique de Mari , volume II, tome I et II), que la cour 131du palais royal de Mari comportait un jardin de palmier et que la salle 132, qui y débouche, était la salle d’audience. Dans son ouvrage publié en 1978, Y. Al khalsi n’adopte pas l’hypothèse selon laquelle la cour 131 aurait été occupée par un jardin de palmiers mais il ne s’oppose pas à l’autre hypothèse faisaint de la salle 132 la salle d’audience. Au contraire, J.-C. Margueron s’oppose aux deux hypothèses de A. Parrot en proposant d’autres hypothèses. Tout cela nous montre que les résultats auxquels les spécialistes ont abouti n’étaient pas les mêmes. Notre recherche s’efforcera de discuter toutes les hypothèses en précisant ces questions.

Dans le même ouvrage de 1982, J.-C. Margueron a précisé certaines questions concernant l’étage et de l’éclairage des édifices s’appuyant pour cela sur les prouves architecturales et archéologiques. Il a ainsi consacré à chacune des deux questions une étude spéciale dans chaque chapitre de la première partie. D’autres ouvrages importants –comme celui publié par A. Parrot en 1958- sur les palais mésopotamiens ne suivent pas la même méthode et ne précisent ces questions que lorsqu’ils traitent les secteurs du palais. Notre recherche adopte une méthode différente de cette dernière mais similaire, sur quelques points, à celle de J.-C. Margueron. En effet, comme ce dernier archéologue, nous avons fait une étude spéciale de chacune de deux questions dans la deuxième partie de notre travail (étude comparative) pour savoir si les bâtiments royaux comportaient ou non les mêmes indications de l’étage et les mêmes modes de l’éclairage. Au contraire, J.-C. Margueron a, quant à lui, traité les deux problèmes sur chaque palais isolement des autres édifices, sans faire une étude comparative approfondie des deux problèmes. Si la plupart des chercheurs estiment que le palais mésopotamien était surmonté d’un étage, il existe un débat entre eux pour définir les indications permettant de repérer ce niveau, puisque nous pouvons trouver certains chercheurs (H. Frankfort, 1940) qui interprètent certains des escaliers soit comme lieu où pour le roi tenait des audiences royales par temps chaud, soit comme un podium, alors que d’autres (J.-C. Margueron, 1982) y voient des escaliers conduisant vers un étage. En ce qui concerne l’éclairage, J.-C. Margueron a défini quatre modes d’éclairage et expliqué comment les pièces qui étaient très loin de la source lumineuse obtenaient de l’éclairage. D’autres chercheurs encore ne désignent qu’une partie de ces modes (cours principales et secondaires) et leur traitement de cette question n’est pas approfondi.

E. Heinrich a publié un ouvrage important sur les palais mésopotamiens15 en 1984, selon une démarche scientifique différente de celle de J.-C. Margueron en 1982. Avant de commencer à étudier les palais mésopotamiens, E. Heinrich a souligné l’origine du palais en Mésopotamie à travers l’étude de certains bâtiments appartenant aux époques antérieures (préhistoire, protohistoire et époque d’Uruk) de l’époque des dynasties–archaïques. Ensuite, cet archéologue a étudié les palais mésopotamiens de cette dernière époque jusqu’à l’âge du fer. Par contre, J.-C. Margueron a étudié l’architecture royale en Mésopotamie sur une période plus courte qui celle étudié par E. Heinrich et au contraire de J.-C. Margueron qui n’a étudié aucune grande maison avec les palais, E. Heinrich a traité, en même temps que les palais, certaines grandes maisons dont le plan est similaire aux palais (fondations akkadiennes à Tutub, maison J de Nippur). L’étude d’un petit nombre de maisons par E. Heinrich ne relève pas de différences et de similitudes réelles entre ces derniers monuments et les palais. Cela nous a conduit à consacrer un chapitre de notre thèse à l’étude comparative entre les deux cas en choisissant un grand nombre de maisons similaires d’un point de vue structurel, aux palais. Ceci permet de mettre en évidence les caractéristiques associées des deux et les différences.

Ce qui nous intéresse, dans le livre de E. Heinrich, ce sont les palais que nous étudierons dans notre recherche. Il s’agit des bâtiments datant de la troisième dynastie d’Ur à l’époque paléo-babylonienne. Cet archéologue n’a pas consacré dans son ouvrage pour ces palais ou pour d’autres, de chapitre à l’étude comparative mais il a fait seulement une analyse de chaque bâtiment en décrivant l’histoire de la fouille, la date de l’édifice, la surface, les secteurs principaux et leurs fonctions. Contrairement à l’ouvrage de J.-C. Margueron de 1982, celui de E. Heinrich ne se compose que d’un seul volume comportant à la fois le texte et les figures.

Ce spécialiste a souligné les espaces à ciel ouvert dans les palais et il parle de leur rôle dans la circulation (cours 77, 110, 109, 94 et 93 du palais d’Uruk). Toutefois, il ne précise pas de façon exacte la configuration de l’espace 23 du palais d’Uruk et utilise les mots, quand il en parle, de cour ou de salle. La présence des colonnes, au centre de la cour 28, le conduit à penser que cette cour était couverte, mais ne l’était que partiellement pour l’éclairage d’y pénétrer. L’ancien palais d’Assur n’étant pas bien conservé, ses portes de intérieures et extérieures ne sont pas connues. Malgré cela, ce spécialiste a proposé une hypothèse définissant plusieurs portes dans l’unité de la cour I et ses dépendances. Si cet archéologue a mis en évidence le rôle de la circulation de ces cours, il ne signale leurs fonctions d’éclairage que rapidement ne mentionne d’autres modes d’éclairage (fenêtres, puits de lumière, couloirs périphériques), ce qui nous conduit à préciser cette question de manière plus approfondie. Par ailleurs, on ne peut adopter ses hypothèses pour les portes de la cour I du palais d’Assur et la couverture de la cour 28 du palais d’Uruk sans les discuter.

Comme l’ouvrage de J.-C. Margueron, celui de E. Heinrich a traité les fonctions des palais datant de l’époque de la IIIème dynastie d’Ur à l’époque paléo-babylonienne. Dans son étude du palais d’Uruk, malgré le mouvais état de conservation de celui-ci, il a conclu que, de façon identique au palais d’Assur, le palais d’Uruk comportait un bazar et que son entrée principale était installée sur la façade Nord depuis la quelle les caravanes et les troupeaux entraient vers l’espace 77 afin d’accéder à l’intérieure de l’édifice. Le fouilleur du palais d’Assur est d’accord avec E. Heinrich en ce qui concerne la présence d’un bazar dans le palais car il attribue à un secteur de cet édifice la même fonction. Cependant, certains archéologues ne partagent pas le point de vue de E. Heinrich en ce qui concerne l’hypothétique existence d’un bazar à l’intérieure des palais. Notre recherche précisera ce point.

E. Heinrich a défini d’autres fonctions des palais mésopotamiens, comme par exemple la fonction économique (secteur de la cour 28 du palais d’Uruk) et la fonction officielle (partie orientale du palais de Sinkashid et partie occidentale du palais de Tell al-Rimah,). C’est une définition très logique du secteur des magasins dans le palais d’Uruk en raison de la forme des pièces (salles étroites et allongées) qui nous permet d’y voir des magasins. Il s’agit en effet de la forme habituelle des magasins des palais mésopotamiens. Toutefois, E. Heinrich n’a pas fait d’étude comparative avec d’autres secteurs des réserves appartenant aux autres palais mésopotamiens. En ce qui concerne le secteur officiel du palais de Sinkashid et du palais de Tell al-Rimah, plusieurs autres spécialistes ont consacré aux deux bâtiments cette fonction officielle, mais le problème est qu’E. Heinrich n’est pas d’accord avec eux quant à la fonction particulière de chaque pièce des deux cas. Cette question pourra être précisée dans notre recherche. Malgré de la présence d’un secteur officiel dans le palais d’Assur, E. Heinrich a défini un autre secteur du même palais dont les fonctions sont identiques au secteur officiel. Selon le schéma traditionnel des palais mésopotamiens, il n’est pas logique de l’existence des autres salles jouaient les mêmes rôles que les deux grandes salles officielles de ces palais.

Margueron a traité le problème de l’étage dans les palais mésopotamiens en définissant les indications principales de ce niveau. E. Heinrich, par contre, ne parle pas, de cette question.

C.D. Reichel a publié, en 2001, un ouvrage important sur le palais des dynasties amorites de Tell Asmar16. Dans cet ouvrage l’auteur a précisé plusieurs questions que d’autres chercheurs n’avaient pas étudiées ou auxquelles ils n’avaient pas apporté de réponses exactes. En ce qui concerne la méthode, ce spécialiste a utilisé la même méthode suivante : il a chronologiquement étudié les phases architecturales du palais en utilisant un grand nombre de tableaux, de plans et de photos pour définir les secteurs du chaque phase, leur date et les objets retrouvés qui permettent d’identifier leurs fonctions. De façon identique aux archéologues du palais de Tell Asmar et à J.-C. Margueron, il a définit les modifications mais il n’a pas insisté sur certains problèmes architecturaux (murs, portes, etc.). Tandis que plusieurs chercheurs ont consacré une partie (J.-C. Margueron 1982) ou un chapitre (Miglus P. A. et Strommenger E. 2007) à une étude comparative des palais mésopotamiens, C. D. Reichel n’en a pas fait.

Cet ouvrage de C. D. Reichel a pu présenter des bons résultas quant à la datation du palais et aux responsables de la construction de ses diverses phases. Les fouilleurs du palais de Tell Asmar et J.-C. Margueron appellent la deuxième phase du palais « le palais de Nurahum » ; C. D. Reichel estime que le responsable de cette phase n’était pas seulement de Nurahum mais cette phase appartient aussi à Kirikiri car, d’après lui, les modifications de cette phase permettent d’affirmer cette hypothèse. D’après un des archéologues du palais de Tell Asmar, la sécularisation du temple de Shu-Sin était réalisée à l’époque de Bilalama alors que C. D. Reichel a attribué ce travaille à Kirikiri. Dans l’ouvrage publié par les archéologues du palais de Tell Asmar en 194017, ceux-ci archéologues estiment que le palais de Bilalama a été détruit à l’époque de son successeur Isharramashu, tandis que C. D. Reichel a conclu que cette destruction était intervenue à l’époque d’Usurawasu (successeur d’Isharramashu). Il renforce son hypothèse par la découverte de certains éléments appartenant à cette phase et qui concernent Usurawasu. Les archéologues du palais de Tell Asmar ont appelé la quatrième phase de ce palais « le palais de trois rois ». En s’appuyant sur les prouves archéologique et architecturales, C. D. Reichel considère que le palais de la quatrième phase n’a été construit que par un seul roi (Azuzum).

Plusieurs résultats ont été présentés par C. D. Reichel pour les fonctions du palais de Tell Asmar. Au contraire des fouilleurs du palais et d’autres chercheurs, il pense que la première phase du palais comportait un secteur économique. Nous discuterons ce point dans notre recherche. En ce qui concerne les dieux ou les déesses adorés dans le temple et dans la chapelle avant qu’ils ne soient sécularisés, il indique que Shu-Sin, Ilushuila, Belat-teraban et Belat-suhnir étaient adorés dans le temple mais que Belat-teraban et Belat-suhnir étaient considérées comme les déesses principales de la chapelle. Les archéologues du palais de Tell Asmar n’ont pas présenté les mêmes résultats. D’après eux, le temple était destiné au culte de Shu-Sin, mais dans la chapelle on adorait le dieu Tishpak. Sur l’existence d’un grand nombre de systèmes d’évacuation des eaux usées dans certaines phases du palais de Tell Asmar, C. D. Reichel y voit des secteurs voués aux industries s’appuyant sur les eaux. La dernière hypoyhèse n’est pas adoptée par d’autres chercheurs car C. D. Reichel est considéré comme le premier spécialiste à proposer cette hypothèse. Tandis que les fouilleurs de ce palais ont identifié les appartements royaux dans un des secteurs du palais, C. D. Reichel suppose que ce secteur ne servait pas d’appartements royaux mais des magasins. Il a également présenté un résultat très important qui a permis de conclure que les quatre fosses appartenant aux diverses phases étaient des tombes de certains rois d’Eshnunna.

Les archéologues de Tell Bia (Miglus P. A. et Strommenger E.) ont publié, en 2007, un ouvrage18 concernant le palais A de Tuttul datant de l’époque paléo-babylonienne. Ces spécialistes ont adopté une méthode différente de celles sélectionnées par les auteurs de tous les derniers ouvrages. Ils ont commencé en présentant l’histoire de la fouille, ensuite ils ont détaillé les diverses phases de l’occupation du palais ainsi que son histoire. Dans l’étude suivante, les archéologues ont traité des points liés à la technique de construction du palais et aux fonctions de ses secteurs : les portes, les estrades, les baquettes, les magasins, les tannours, les fours et la fosse du grande hall. Ensuite, ils ont décrit les diverses pièces du bâtiment en soulignant leurs dimensions, leurs quatre phases, leurs aménagements et leurs fonctions. Il s’agit de la méthode utilisée par A. Parrot dans son livre évoqué plus haut. Enfin, ils ont réalisé une étude comparative entre ce palais, d’autres palais et certaines grandes maisons privées de l’âge du bronze en Mésopotamie.

Cet ouvrage met en évidence les fonctions des secteurs du palais, ce qui attire l’attention sur la fonction des parties sud et sud-ouest et du secteur nord-ouest de l’édifice. D’après les archéologues, les parties sud et sud-ouest jouaient un rôle officiel, cette définition est très logique car le schéma de ce secteur officiel est identique, à quelques différences près, au schéma du bloc officiel en Mésopotamie. Si nous admettons que ce secteur servait de secteur officiel, nous ne pouvons pas admettre la fonction particulière de chacune des deux grandes salles. Le second secteur (secteur nord-ouest) était, d’après cet ouvrage, destiné à la maison du roi, mais nous ne pouvons pas admettre cette destination sans la discuter car plusieurs oppositions peuvent être présentées contre cette hypothèse. L’étude comparative que les auteurs ont faite a révélé plusieurs différences et les ressemblances entre les palais mésopotamiens et ainsi qu’entre ces derniers bâtiments et les grandes maisons privés de la Mésopotamie. Cette étude présente des informations sur les fonctions officielle, résidentielle, funéraire et économique des palais, tandis que l’étude que nous ferons dans notre recherche comprendra, outre avec ces fonctions, les fonctions économique, religieuse et administrative. De plus, notre étude sera plus approfondie que celle faite par les archéologues du palais A de Tuttul.

Avec ces ouvrages, nous comptons également, dans notre recherche, sur plusieurs articles dont nous allons maintenant souligner les plus importants.

P.A. Miglus a publié un article très important19 qui parle, d’abord de façon synthétique des palais mésopotamiens et syriens de IIIème millénaire jusqu’au Ier millénaire av. J.-C. Il a commencé par définir la position des palais orientaux (en Syrie et en Mésopotamie) dans les cités ; ensuite, il a étudié le plan de ces édifices et leurs organisations en indiquant les installations principales, comme, par exemple, les colonnes utilisées pour séparer un espace en deux parties. Selon nous, il n’est pas suffisant de déterminer la situation des palais dans la ville, il faut aussi chercher les raisons de les installer à un emplacement ou à un autre dans la ville. Dans la troisième étude de cet article, l’auteur a parlé des fonctions principales des palais orientaux (maison du roi, fonction officielle, fonction de stockage et fonction administrative). P. A. Miglus a évoqué au jour ces fonctions rapidement, sans définir les dimensions des pièces affectées aux diverses fonctions, leurs découverts, leurs aménagements, les différences et les analogies entre tel cas et tel autre. Nous étudierons ces points en détail dans notre thèse. La salle du trône des palais orientaux est le sujet principale de la cinquième étude de l’article, car P. A. Miglus a définit trois types de salles du trône au Proche-Orient. Nous sommes d’accord avec certaines définitions mais non pas toutes, surtout en ce qui concerne la salle 64 du palais de Mari et la salle O du palais A de Tuttul. Plusieurs arguments peuvent être présentés qui laissent penser que ces deux dernières salles ne servaient pas de salles du trône. Dans la cinquième étude, ce spécialiste a évoqué les temples dans les palais orientaux (palais royal de Mari et palais amorite d’Eshnunna) mais il n’a pas parlé de leurs organisations ni des chapelles des deux derniers palais. Nous traiterons en profondeur la question de la zone sacrée en soulignant les dieux adorés dans les secteurs sacrés des palais. Dans les deux dernières études, P. A. Miglus a étudié les tombes des rois et les décorations des palais orientaux. En ce qui concerne les caveaux funéraires, ce chercheur indique les palais orientaux qui en comportent mais sans parler de leurs découvertes ni de leurs plans. L’autre étude, liée aux décorations, présente les divers modes de la décoration dans les palais orientaux datant de l’époque des dynasties-archaïques à l’époque du fer. Ce qui nous intéresse ici, ce sont les palais s’étendant de la période d’Ur III à l’époque paléo-babylonienne. P. A. Miglus a brièvement parlé des peintures murales du palais de Mari. Dans notre recherche, nous étudierons ce point de façon, à nous aider à comprendre ces ornementations, tout en citant d’autres décorations que les palais orientaux connaissaient à cette époque.

N. Postgate a publié un autre article20 important, abordant la nature du palais oriental ancien du IIIème millénaire jusqu’au Ière millénaire av. J.-C. Il a tout d’abord, défini le sens du terme palais ; ensuite, il a traité plusieurs point concernant les palais orientaux, comme, par exemple, la position du palais dans la ville, les dimensions de certains édifices, certains matériaux utilisés dans la construction des palais, les décorations des palais et les raisons d’édifier un grand ou un petit palais. Dans l’étude suivante, ce spécialiste a commencé à parler de la fonction de l’habitation (maison du roi) des palais orientaux datant du IIIème millénaire jusqu’au Ier millénaire av. J.-C. En ce qui concerne l’époque que nous étudions dans notre recherche (à la fin du bronze ancien et au bronze moyen), l’auteur n’a souligné la zone résidentielle que dans le palais grand palais de Mari et non dans les autres palais. Notre recherche traite de la fonction d’habitation des palais en faisant une étude comparative qui relève les caractéristiques principales des appartements royaux des palais orientaux. La quatrième étude de cet article est destinée au secteur officiel des palais orientaux, comme c’était le cas chez P. A. Miglus et plusieurs autres chercheurs, N. Postgate estime que les deux grandes salles parallèles étaient les salles principales du bloc officiel des palais mésopotamien. Nous sommes d’accord avec cette définition mais le problème concerne la fonction particulière de chacune des deux grandes salles. Un autre problème peut également être posé. En effet, cet archéologue a définit dans le grand palais de Mari une autre salle du trône (salle 132) à l’extérieure du bloc officiel. Il s’agit de l’hypothèse proposée par A. Parrot pour la fonction de cette salle. Les nouvelles études réalisées par J.-C. Margueron permet de penser que cette salle servait en réalité de chapelle. Nous essayerons de chercher la fonction réelle de cette pièce en présentant les présentant des arguments quant à cette fonction. N. Postgate a souligné la fonction de stockage mais sans définir les palais dans lesquels on aménageait ce secteur et sans présenter son schéma. Ensuite, l’auteur parle de la présence d’un sanctuaire dans le palais, mais au contraire de P. A. Miglus, il n’en a déterminé aucun dans les palais que nous étudions dans notre recherche. Comme nous l’avons indiqué plu haut, la question de la zone sacrée des palais mésopotamien peut être cherché en détail dans notre recherche.

Nous pouvons conclure que les derniers ouvrages et les articles qui parlent de l’architecture royale en Mésopotamie ou au Proche-Orient présentent des connaissances importantes sur les palais depuis le IIIème millénaire jusqu’au Ier millénaire av. J.-C. Malgré l’importance de ces sources, leur utilisation dans notre recherche pose plusieurs problèmes : d’un part, il y un débat scientifique entre les chercheurs sur plusieurs questions concernant l’architecture royale en Mésopotamie, en particulière, et au Proche-Orient en générale, ce qui nous conduit à proposer les diverses hypothèse des spécialistes pour préciser les différentes questions relatives à cette architecture ; d’autre part, les chercheurs traitent parfois brièvement certaines études des palais orientaux. Dans ce cas, nous essayerons dans notre recherche d’approfondir ces études.

Nous nous appuierons aussi, dans notre thèse, sur un grand nombre d’articles comportant les rapports de la fouille des divers des palais mésopotamiens. Il existe aussi des livres et des articles concernant les palais orientaux se situant hors de la Mésopotamie ; ces sources nous fourniront des connaissances importantes pour la réalisation d’une étude comparative avec les palais mésopotamiens. De plus, nous utiliserons aussi dans notre thèse à titre de comparaison des références concernant l’habitat domestique en Mésopotamie.

Notes
13.

Parrot A., 1958, Mission archéologiques de Mari, volume II le palais, tome I Archeticture.

14.

Margueron J.-C., 1982, Recherches sur les palais mésopotamiens de l’âge du bronze,tome 1 et 2, Paris.

15.

Heinrich E., 1984,Die Paläste im Alten Mesopotamien.Denkmäler Antiker Architektur Bd. 15. Berlin.

16.

Reichel C.D., 2001, Political Changes and Cultural Continuity in the Palace of the Rulers at Eshnunna (Tell Asmar) from the Ur III Period to the Isin-Larsa Period (C.A 2070 -1850 B.C.)

17.

Frankfort H., Lloyd C. et Jacobsen T, 1940: The Gimilsin temple and the palace of the rulers at tell Asmar , the University of Chicago, oriental institute publications, volume XLIII, Chicago, Illinois.

18.

Miglus P. A. et Strommenger E., 2007, « Tall Bi’a-Tuttul VII, Der palast A » WVDOG 114, Berlin.

19.

Miglus P. A., 2003-2005: «Palast. B. Archäologisch » Reallexikon der Assyriologie und Vorderasiatischen Archäologie , volume 10, fascicule 3/4, Walter de Gruyter, Berlin & New York, p. 233-259.

20.

Postgate N., 2003-2005: «Palast. A. V. Mit tel und Neuassyrisch», Reallexikon der Assyriologie und Vorderasiatischen Archäologie , volume 10, fascicule 3/4, Walter de Gruyter, Berlin & New York, p. 212-226.