Selon C. L. Woolley54, le plan présente deux parties : la première se trouve au sud-est et se compose de deux groupes de cours et de chambres qui étaient destinées à une maison d’habitation. La seconde partie se situe au Nord-Ouest. La totalité de cette partie était occupée par une structure de fonction sacrée, identique au temple nord-ouest de Gipar55. En un second temps, lorsque ce dernier fouilleur a changé son optique concernant la fonction de l’édifice, il a vu dans la partie nord-ouest les salles publiques qui servaient lors des réceptions royales (secteur officiel) et au Sud-Est deux unités attribuées au roi et son harem.
Quant à la partie sud-est, à laquelle le fouilleur a attribué une fonction résidentielle, cette partie ne possède pas beaucoup d’installations importantes qui puisse confirmer cette attribution. Seule la salle 9 avait une vocation domestique, puisqu’elle contient des toilettes et un système d’évacuation des eaux usées. Ce qui attire l’attention dans cette partie est l’espace 4. Si nous tenons compte de la dimension de celui-ci (13 m de long sur 6, 20 m de large56) par rapport aux autres pièces, de son emplacement au centre de ce secteur, du nombre de ses portes et de son aménagement (une base de pierre installée contre le mur nord-est qui a été attribuée probablement comme support du trône), nous remarquons qu’il était utilisé soit comme une cour centrale jouant un rôle principal pour assurer l’éclairage de cette unité et dans la circulation, soit comme une salle destinée aux travaux administratif d’Etat. Nous pencherons vers la deuxième hypothèse, parce que la forme rectangulaire57 de cette pièce n’était pas utilisée pour les cours. De plus, cet espace ne possède aucune ouverture vers les pièces situées au Nord-Est58, et ne peut donc pas distribuer la lumière à ces dernières pièces. Dans ce cas, il n’est pas possible de lui attribuer cette fonction (une cour centrale), puisque la distribution de l’éclairage aux salles voisines était une des fonctions de la cour centrale. D’un autre côté, selon le plan des palais mésopotamiens, le trône59 du roi se trouvait dans un espace couvert, c’est-à-dire une salle. Ce secteur retrouvé présente une organisation architecturale identique à celle du secteur administratif des palais mésopotamiens : un espace central allongé, bordé de pièces assez petites sur les longs côtés. L’existence probable du secteur administratif dans cette zone s’oppose à l’hypothèse du fouilleur qui y voit seulement un logement du roi. Peut-être cette partie comportait le secteur administratif et le logement du roi.
Quant à la deuxième partie nord-ouest (fig. 6), on n’a pas retrouvé d’aménagements qui témoigneraient de l’utilisation probable de celle-ci comme d’un groupe officiel. Le schéma de cette partie était identique à celui de la zone officielle du palais de Tell al-Rimah, mais il ne présente pas les mêmes installations, car le groupe officiel du palais du Tell al-Rimah possède des aménagements nous permettant d’y voir un secteur officiel : une place pour le siège du roi, des portes majestueuses entre ses pièces de fonction et les clous muraux pour fixer les éléments décoratifs.
Woolley C. L., 1974, p. 37-38.
Margueron J.-C., 1982b, p. 158.
Idem, p. 158.
Idem, p. 164.
Idem, p. 164.
Le trône ne se trouve pas seulement dans la salle du trône, le secteur administratif possède aussi de telles installations (la salle 1 du palais de Mari).