Cette dernière salle est accessible par l’angle nord-est de la cour centrale, constituée d’un espace en forme de L. A l’angle occidental de la pièce, se trouve la salle M31:18 comportant un escalier à volée rectiligne, composé d’une quinzaine de marches104. Quelques volumes de cet escalier sont cassés ou en ruine, il est donc impossible de savoir si cette installation appartenait à la phased’Ilushuila ou à une autre. H. Frankfort105 pense que cet escalier avait un seul objectif : il devait conduir sur le toit soit pour renforcer la garde quand le souverain était présent, soit pour y tenir des audiences par temps chaud. Les autres chercheurs proposent deux autres hypothèses concernant cet escalier. La première postule que l’escalier jouait un rôle essentiel pour conduire vers la seconde partie du palais qui comportait le secteur économique. Selon la seconde106, cette installation fut peut-être aménagée pour mener à l’étage. En face du départ de l’escalier, on avait aménagé une porte ouvrant sur un couloir mais rien ne permet de connaître son point d’aboutissement107.
Il est difficile d’adopter la première hypothèse parce qu’aucune indication architecturale et archéologique ne démontre une telle construction dans la première phase du palais (voir ci-dessous). Nous pensons que, soit l’hypothèse proposée par le fouilleur, soit la seconde hypothèse, est valable. Concernant l’hypothèse du fouilleur, comme le climat de la Mésopotamie en été est très difficile à cause de la chaleur, il fallait donc trouver des solutions convenables à cette situation. L’existence de cet escalier à cet endroit peut alors résoudre ce problème. Nous discuterons de la seconde hypothèse ultérieurement.
Les palais mésopotamiens possèdent des espaces à ciel ouvert que l’on pouvait aussi utiliser par temps chaud pour y recevoir des audiences et des rencontres entre les rois et leurs convives. D’après les aménagements du palais de Mari et les preuves écrites108, ce dernier édifice était un lieu important pour ces pratiques, mais en raison de l’absence d’indications dans le palais de Tell Asmar, il est difficile d’attribuer de façon certaine à ces espaces à ciel ouvert, la même attribution.
Au sujet de la seconde hypothèse, nous allons en discuter au cours de l’étude des étages des palais mésopotamiens (chapitre 1 de partie 3).
Lloyd S. 1940, p. 32 et fig. 25.
Frankfort H., 1940, p. 3.
Margueron J.-C., 1982b, p. 177.
Idem, p. 174.
Cf. ci-dessous, p. 139.