Il est constitué d’une pièce allongée de 6 m de large sur 17 m de long, communiquant avec la salle N 30:14 par un passage dans lequel on a retrouvé de grandes jarres estampillées au nom d’Ilushuila111. Cette découverte démontre, assurément, que cette partie remonte à l’époque de ce dernier roi. Le grand hall était percé de plusieurs portes qui conduisent aux salles voisines : une porte dans le mur nord-est permet d’accéder aux deux pièces installées dans la place comprise entre le temple et le grand hall. A l’angle méridional, un passage assure les communications avec la salle du trône. Un accès aménagé à l’angle septentrional conduit à une unité de trois pièces. Dans le mur nord-ouest, on trouve une ouverture donnant accès à un bloc architectural de petites pièces112. En raison de la découverte de tablettes dans les pièces appelées bureaux, H. Frankfort113 conçoit que cette salle avec ses bureaux placés autour d’elle, servait de centre de gouvernement. Nous admettons l’hypothèse du fouilleur sur ce point, car la présence des tablettes dans chaque palais peut démontrer que celui-ci jouait un rôle administratif dans l’Etat comme pour le palais de Mari et Tell Leilan. Néanmoins, l’existence de ces tablettes peut révéler une autre fonction dans le cas où elles ne se trouveraient pas à leur place d’origine : peut-être sont-elles tombées de l’étage, ou ont-elles été déplacées. Dans la première étude du palais de Mari114, on a pensé que la salle 115 était attribuée aux archives, mais un dernier traitement montre que celle-ci servait de « maison de l'administration » et parfois de « secrétariat des affaires étrangères 115». Cette étude démontre que les tablettes qui s’y trouvent ne sont pas à leur place d’origine. Dès lors, il est possible qu’une pièce ou plusieurs pièces voisines du grand hall soient dans le même cas.
Quant au revêtement du sol, on n’a pas retrouvé de restes du dallage, qui auraient indiqué que la pièce était dallée. Ce grand hall ne livre pas d’indices montrant l’existence d’un système d’évacuation de l’eau de pluie. L’inexistence de ce système confirmerait que la salle était couverte, mais il y a différentes hypothèses sur ce point : S. Lloyd116 pense qu’il existait une couverture ayant la forme d’une voûte en berceau. Mais H. Frankfort n’y voit pas de couverture. Nous pensons que cette salle était couverte, l’inexistence d’un système destiné à évacuer l’eau de pluie nous conduit à adopter cette théorie. A notre connaissance, les espaces à ciel ouvert étaient pourvus de la technique qui se présente avec un puisard en son centre. L’eau qu’on voulait évacuer était dirigée vers ce puisard, sous lequel s’amorçait un drain en éléments de céramique, qui s’enfonçait en oblique dans le sol.
Lloyd S., 1940, p. 32.
Margueron J.-C., 1982b, p. 175-176.
Frankfort H., 1940, p. 3.
Parrot A., 1958a, p. 80.
Margueron J.-C., 1982b, p. 353.
Lloyd S., 1940, p. 33.