Les fouilleurs ne parlent pas de l’existence du secteur de stockage dans la première phase du palais de Tell Asmar. Cette question a attiré l’attention d’un autre chercheur126 qui présente une théorie contraire à l’hypothèse des fouilleurs. En effet, il pense que cette partie existait dans cet édifice attribué aux stockages des marchandises et des articles industriels. En comparant avec le palais de Mari, ce spécialiste définit l’emplacement de cette partie au Nord de la cour principale dans des places L-M:30-31. D’après le plan proposé par les fouilleurs, cet emplacement se situe à l’extérieur du palais et ne comportait pas de pièces. Selon le dernier spécialiste127, il existe des preuves importantes pour soutenir une telle idée. D’une part, on a retrouvé dans ce secteur le plus grand nombre de tablettes au niveau d'Ur III, elles sont concentrées spécialement dans trois lieux (M 31:23, M 30:20 et M31:9) ce qui prouve que cette partie du palais était utilisée. D’autre part, ultérieurement, cette partie servait de fonction économique à l’époque de Bilalama (troisième phase du palais de Tell Asmar), cela conduit ce chercheur à penser que cette attribution l’était dès l’origine, depuis la première phase du palais (phase d’Ur III et d’Ilushuila).
La nécessité de l’aménagement d’un secteur économique destiné aux réserves des matériels alimentaires tels que le miel, le grain, l’huile et le vin, renforce la théorie selon laquelle le palais abritait le secteur économique. De plus, un certain nombre de tablettes d'Ur III128 trouvées dans le lieu K 31:1 peut indiquer que le palais d'Ur III était très grand comme celui de Bilalama qui comportait alors un secteur économique. Par ailleurs, le palais de la première phase possédait une porte dans la salle M 31:18 permettant de communiquer avec le secteur économique supposé par le dernier spécialiste. Nous estimons qu’il était logique et urgent de percer une autre porte à cet endroit du palais permettant le passage des matières premières, car la porte principale avait une autre fonction qui ne correspondait pas aux dernières pratiques. Ces constatations donnent l’impression que cette partie constituait l’aile économique du palais, mais ce qui s’oppose à cette hypothèse est l’absence des restes architecturaux des pièces de cette unité, car, aucun mur et aucune fondation ne furent retrouvé. De plus, on n’a pas découvert d’aménagements concernant les pièces de stockage comme par exemple les grandes jarres et les banquettes dans lesquelles on installait ces jarres. La découverte de tablettes dans les trois espaces (M 31:23, M 30:20 et M 31:9) du secteur de l’extérieur n’apporte pas de preuve suffisante sur l’utilisation précise de ce secteur de l’extérieur comme les autres secteurs de l’intérieur du palais, peut-être a-t-on jeté ces tablettes à cet endroit qui était probablement destiné aux déchets129 parce qu’elles n’étaient pas intéressantes.
Enfin, nous pouvons conclure que ce palais abritait vraisemblablement un secteur économique, mais il est difficile maintenant de définir son emplacement exact. Les dernières études des textes130 des tablettes découvertes dans le palais de la première phase prouvent cette hypothèse. Ces tablettes parlent de fournir le palais en grain, en farine, en pain, en bière, et en nourriture pour bétail : il n’est pas possible d’apporter ces matériaux au palais sans leur attribuer des réserves à l’intérieur du palais. Elles mentionnent aussi les noms de plusieurs ouvriers employés dans ces domaines.
Idem, p. 46.
Idem, p. 46.
Idem, p. 47.
Cette hypothèse est proposée par les fouilleurs, Reichel C.D., 2001, p. 47.
Idem, p. 47-48.