1.2.7.3 - Les activités principales du palais d’Urninmar et d’Urningishzida

Dans le traitement des activités administratives et économiques des phases précédentes, nous nous sommes appuyés sur les scellements portant des sceaux des rois et ceux de leurs serviteurs. Dans notre étude actuelle des activités de cette phase, nous allons utiliser la même méthode que dans l’étude des phases précédentes, mais le problème qui se pose ici est que le palais de la phase actuelle ne livre pas une grande quantité de scellements par rapport à ceux retrouvés dans les dernières phases du palais de Tell Asmar. Comme dans les périodes précédentes, le plus grand nombre de scellements a été retrouvé dans la cour centrale, indiquant qu’elle était restée un centre d'activités administratives et économiques. Seuls deux scellements du sceau d'Urninmar ont été trouvés, un d'entre eux a été découvert dans la cour M 31:1, l’autre dans la pièce O 30:1. De plus, deux scellements de deux souverains- qui étaient dans cette époque comme des princes- ont été récupérés. Le premier qui porte le sceau d'Urningishzida, a été trouvé dans la pièce N 30:2 et peut avoir été un scellement de porte. Le second, scellé du sceau d'Ibiqadad I, a été trouvé sur un taquet de jarre dans la cour O 30:5. L’existence des scellements des princes montre que les activités administratives dans cette phase n’étaient pas seulement dirigées par les rois mais aussi par les princes. Cette tradition était déjà observée pour deux autres princes qui devinrent rois plus tard, il s’agit d’Ilushuila et de Bilalama.

Si le scellement d’Urningishzida qu’on a retrouvé dans la salle N 30:2 était en effet un scellement de porte205, nous pouvons dire que le passage qui conduit de cette dernière salle vers le grand hall N 30:3 était contrôlé par Urningishzida. Le grand hall était probablement la grande salle du trône donnant accès à la petite salle du trône N 31:6. Les deux pièces forment avec la cour centrale le groupe officiel, ce groupe était plus important que les autres secteurs du palais, il était aussi le centre du pouvoir dans lequel le roi recevait les personnes politiques qui venaient d’autres pays. Dans ce cas, il était normal de faire contrôler cette issue par une personne royale. D’après C.D. Reichel206, la présence du scellement d'Ipiqadad (souverain Ibiqadad I plus tard) dans la cour O 30:5 peut indiquer que ce prince exerça un contrôle sur l’atelier qui était placé dans ce secteur. Quand nous avons parlé du secteur oriental du palais, nous avons signalé que ce secteur ne servait probablement pas de zone industrielle, puisque aucun objet montrant cette attribution n’y a été retrouvé, nous avons conclu qu’il était peut-être un secteur d’accueil où on recevait les personnes qui venaient d’autres villes pour visiter le roi. Si notre hypothèse est bonne, il est probable que le prince Ibiqadad I avait pour fonction de donner l’autorisation à ces personnes qui voulaient rencontrer le roi dans le groupe officiel. Si cette hypothèse est admise, nous pouvons dire que le prince Ipiqadad joua le même rôle que l’intendant du palais de Mari qui permettait aux visiteurs du roi attendant dans le secteur d’accueil, d’accéder à la cour 131 par le couloir 152 pour le voir.

Dans notre étude du secteur ouest du palais, nous avons indiqué que celui-ci était attribué probablement à une fonction des réserves, nous avons adopté cette hypothèse en le comparant avec le secteur F du palais de Mari. Concernant le secteur officiel du palais autour de la cour principale, sa fonction était préservée avec des petits changements dans la circulation (nous les avons déjà indiquées).

Notes
205.

Idem, p. 137.

206.

Reichel C. D., 2001, p. 137.