L’indication qui peut définir la date de la construction du palais, est la dalle inscrite retrouvée dans le seuil existant entre la cour 25 et la salle 5 au nom de Nur-Adad (1865-1850 av. J.-C.). Cette indication vient confirmer un document trouvé par A. Parrot dans un secteur du palais qui lui permit de mettre en évidence la date de la construction du palais.
Les travaux de 1969246 ont montré l’absence totale d’objets dans les décombres de l’édifice, et l’inexistence de toute trace d’occupation dans le sol du palais. De plus, l’inemploi de ce palais n’est pas la conséquence d’un pillage ou d’une destruction violente : aucune trace d’incendie n’a été repérée. Ces faits nous amènent à penser que le bâtiment fut abandonné, plusieurs informations témoignent que cet abandon eut lieu à la fin de sa construction ou avant :
Les raisons de l’abandon du palais à la fin de la construction ou avant, ne sont pas précisément connues. L’auteur248 remarque que l’emplacement du palais après sa destruction est resté vierge de toute occupation jusqu’à la fin de l’histoire de Larsa. Selon lui, cela amène à croire qu’un motif religieux (malédiction, profanation) aboutit à abandonner définitivement l’édifice en conférant à son site un caractère sacré. Nous pensons que l’hypothèse du fouilleur n’est pas bonne, car si le responsable de ce monument l’abandonna pour une raison religieuse, pourquoi n’édifia-t-il pas un autre bâtiment à une fonction religieuse (temple ou chapelle ou ziggourat) à la place de l’ancien. Par ailleurs, la construction du palais dans une zone très proche du secteur sacré n’est pas étonnante à cette époque. En effet le palais de Mari contient un secteur sacré et est proche du quartier des temples. Dans le palais de Tell Asmar se trouvent deux bâtiments religieux (chapelle et temple), le palais d’Ur fut construit dans le secteur où se situent le ziggourat et les temples.
Pendant le règne de Nur-Adad de Larsa souffrit des catastrophes249 dans sa vie économique. En raison de ces graves difficultés, il est probable qu’on ne pouvait pas compléter le palais, ce qui a aboutit à son abandon. Après Nur-Adad et avant que les babyloniens détruisent finalement la ville finalement par, surtout à l’époque de Warad-Sin (1834-1823 av. J.-C.) et son successeur Rim-Sin (1822-1767 av. J.-C.)250, le royaume connut une période de paix et de prospérité économique. Dans ces conditions ont été construits des temples et des canaux, mais pourquoi les rois de ce royaume n’ont-ils pas complété cet édifice ? Nous pensons qu’ils ne l’ont pas fait volontairement. Il est probable que ce n’était pas nécessaire, car peut-être un autre édifice de Larsa était utilisé comme palais principal quand on abandonna le palais du Nur-Adad (nous allons discuter ce point en détail dans le chapitre suivant
Margueron J.-C., 1970, p. 261-271.
Idem, p. 385.
Garelli P., 1969, p. 112-113.
Roux G., 1985, p.166.