1.5.4.6 - La partie orientale (fig. 27)

Cette partie comporte la moitié du palais, il est impossible de définir exactement ses secteurs et leurs limites exactement à cause des destructions qui sont plus importantes que celles des autres secteurs de l’édifice.

D’après le plan, au Sud de cette partie se trouve une série de pièces 106, 96, 95, 97, 98, 99, 100, 101, 102, 103 et 104 dont on n’a retrouvé qu’un réseau de fondations. L’indication306 la plus importante dans ce groupe est la crapaudine existant dans la salle 106 qui nous permet d’identifier une porte ouvrant vers la grande pièce 94 (la zone centrale du palais).

Au Nord-Ouest, il existe un secteur composé de plusieurs pièces : 107, 107 a et 107 b longeant la zone centrale. J.-C. Margueron307 propose deux hypothèses sur ce groupe : soit il était considéré comme une série de pièces soit il formait un grand couloir. La conservation de cette zone est très mauvaise308, il est donc difficile de confirmer chacune de ces théories. Ce qui nous intéresse dans ce secteur est son emplacement entre la zone centrale du palais et le reste de la partie orientale qui était peut-être percé de nombreuses portes servant à assurer les communications entre les deux.

La majeure partie de la zone centrale du quartier oriental est détruite et il ne reste que quelques fondations. D’après les restes il est possible de distinguer quatre grands espaces juxtaposés 108, 111, 112 et 89, caractérisés par des formes différentes, dont les limites ne sont pas connues. Un petit groupe composé de trois pièces (84, 87 et 116) occupe une place entre les pièces 89 et 112.

Les spécialistes présentent deux hypothèses sur les espaces 108, 111, 112 et 89, d’après le premier309 ceux-ci furent de grandes cours. Le second310 pense que les deux espaces 108 et 111 ne formaient qu’une seule pièce, il s’agit d’une cour centrale 108, mais en ce qui concerne les autres espaces 112 et 89, ce n’étaient pas des cours mais des grandes salles allongées. D’après cette hypothèse, la première salle était accessible par la cour centrale et donnait accès à la seconde par la salle intermédiaire 87. Cette hypothèse permet d’affirme que ce dispositif existait dans d’autres palais mésopotamiens, il s’agit d’un secteur officiel, pour cela elle lui donne une attribution officielle.

Nous pouvons adopter cette dernière théorie pour plusieurs raisons :

  1. L’hypothèse des fouilleurs sur la configuration de ces espaces n’est pas renforcée par de forts arguments, car la partie où se trouvent ces espaces a souffert de ravages provoqués par l’érosion, il est donc difficile de savoir avec certitude s’il y exista des cours.
  2. Comme nous le savons, la moitié du palais se trouve rassemblée dans ce quartier. Selon nous, il n’est pas logique d’attribuer la plus grande superficie de celui-ci à l’aménagement de grandes cours seulement (on ne voit pas cette caractéristique dans d’autres palais mésopotamiens). D’après les règles architecturales des palais de la Mésopotamie, chaque cour était entourée de plusieurs pièces, celle-ci jouait comme rôle principal : distribuer l’éclairage à ces pièces et assurer la communication entre elles. En examinant le plan, nous remarquons que le nombre des pièces bordant ces espaces, à l’exception de 108, est faible. Cette caractéristique ne respecte donc pas le schéma traditionnel en Mésopotamie.
  3. Les argumentsMargueron J.-C., 1982b, p. 408. présentés par la deuxième théorie sont très importants surtout en ce qui concerne les caractéristiques du mur de fondation qui sépare 111 de 108. Ces caractéristiques sont différentes de celles existant ailleurs dans le bâtiment, par exemple l’orthogonalité des murs que l’on retrouve partout n’est pas aussi nette ici et le mur parait s’infléchir vers l’Est de façon non conforme aux directions générales. De plus, l’épaisseur de ce mur n’est pas conforme avec les autres grandes fondations du plan ; seules quelques petites fondations transversales lui sont, à ce point de vue, comparable et encore sont-elles en petit nombre. Cette anomalieIdem, p. 409. des murs de fondation entre ces deux espaces, amène à les supprimer et à penser qu’ils n’appartiennent pas à ce palais, mais furent peut-être une partie d’un bâtiment antérieur. Cette suppression nous révèle une grande cour centrale carrée de 38 m sur 40 m.
  4. Aucun secteur de la partie occidentale ne devait attribuer une fonction officielle, il est donc probable que ce secteur se situait dans ce quartier oriental. Le plan présenté par la deuxième hypothèse était identique à celui du secteur officiel : une cour centrale donne accès à une grande salle allongée, et de cette dernière il est possible d’atteindre une autre salle allongé mais plus grande que la première. Ce plan existe dans d’autres palais mésopotamiens.

Les pièces qui sont suffisamment conservées dans ce quartier se situent entre les espaces 112-89 et le secteur central du palais, il s’agit des salles 85, 82, 79 et 78. Leur état313 de conservation nous permet de voir le sol d’utilisation du palais et l’indication de portes mettant en relation les pièces suivantes : 82 et 79, 82 et 85, 85 et 86a, 86a et 86 b.

Notes
306.

Haller A. V., Schmid H., Brandes M. A., 1964, p. 30.

307.

Margueron J.-C., 1982b, p. 407.

308.

Idem, p. 407.

309.

Haller A. V., Schmid H., Brandes M. A., 1964, p. 29-30.

310.

Margueron J.-C., 1982b, p. 407.

313.

Haller A. V., Schmid H., Brandes M. A., 1964, p. 29-30.