Les premiers niveaux d'occupation du tell appartiennent à la fin du IVème millénaire (période proto-syrienne, Djemdet-Nasr en Mésopotamie). C’est dès le IIIème millénaire que la ville commença à prendre son essor335 : le Bronze ancien, recouvert par les niveaux plus récents, est encore peu documenté. La vallée de l’Euphrate, dans laquelle le site de Mari est localisé, est une zone steppique et désertique où l'agriculture, sans recours à un système d’irrigation, est impossible. Les habitants de Mari, afin de rendre possible les activités agricoles dans la région, ont du avoir recours à des canaux d'irrigation336. C’est ainsi qu’un canal, reliant l’Euphrate au Khabur, fut creusé sur 120 km. Ce fut la première fois qu’on élabora dans la région un ouvrage aux dimensions aussi considérables. Sur la rive droite de l'Euphrate, au niveau de Mari, fut aménagé un réseau de canaux d'irrigation, installé en surélévation sur la terrasse holocène, afin que l’eau du canal puisse s’écouler en direction des champs. Un grand nombre de foyers, destinés à la fonte du cuivre et du bronze, ont été dégagés dans la ville de Mari ; ils prouvent que la ville I était déjà un centre métallurgique important au Bronze ancien337. La cité importait du cuivre et du bois du Taurus : il est probable que le canal de navigation joua un rôle essentiel dans ce commerce. Nous ne connaissons pas les causes de l’abandon de la ville I vers 2650 av. J.-C338.
Garelli P., Durand J.-M., Gonnet H., Breniquet C., 2001, p. 112.
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