2.1.1.2.3 - La ville III (fig. 29)

Avec l'effondrement de l’Empire d’Akkad au 23ème siècle, la ville de Mari a pris son indépendance. Les rois d'Ur III, qui dominèrent la Mésopotamie pendant un siècle, ne s’opposèrent pas à la prise d’indépendance de la cité Mariotte343. Les Shakkanakku, qui étaient des gouverneurs militaires au service des empereurs d'Akkad, conservèrent leur pouvoir à Mari344. Les fouilles ont permis de mettre en évidence la présence à cette période d’un grand rempart en briques crues et d’un second grand palais royal installé à l'emplacement du précédent345. Un second palais, servant de résidence aux membres de la famille royale ou au roi lui-même, fut également édifié346. Au cœur du secteur sacré de la cité, une nouvelle haute terrasse avec le temple aux Lions fut aménagée : elle recouvrait le quartier qui liait le secteur de l'enceinte sacrée à celui du temple du Massif Rouge347. La dynastie des Shakkanaku s’effondra probablement au courant du 21ème siècle.

Pendant tout le 20ème et une grande partie du 19ème siècle, Mari semble avoir connu une longue période d'éclipse ; elle fut réoccupée avec l'arrivée de la tribu de Ben-sime'al348. Yaggid-Lim, qui conquit Terqa, fut l’un des premiers représentants de cette dynastie tribale ; son fils Yahdun-Lim régna de 1810 à 1793 av. J.-C. Son fils, Sumu-Yamam (1793-1792 av. J.-C.), lui succéda et parvint à se maintenir deux à trois ans sur le trône, mais il succomba aux troupes menées par Samsi-Addu349.

Sous le règne de Samsi-Addu, la ville de Mari et ses dépendances, furent englobées dans un vaste royaume occupant l’ensemble de la Mésopotamie, au delà du Tigre et dont elle fut la capitale350. Samsi-Addu mourut en 1775 av. J.-C. et son royaume s'effondra avec lui : son fils Yasmah-Addu disparut et Zimri-Lim s'empara de Mari351. Celui-ci sut s’imposer comme l’un des plus grands rois du Proche-Orient ancien du IIème millénaire av. J.-C. En 1761 av. J.-C., la ville de Mari tomba sous les coups d’Hammourabi de Babylone352.

Notes
343.

Garelli P., Gonnet H., Breniquet C., 2001, p. 115.

344.

Durand J.-M., 1997, p. 43.

345.

Margueron J.-C., 2004, p. 395.

346.

Margueron J.-C., 1990b, p. 14, 16 et 18.

347.

Margueron J.-C., 2003, p. 4.

348.

Charpin D., 2007, p. 3.

349.

Durand J.-M., 1997, p. 43-44.

350.

Durand J.-M., 2000, p. 8.

351.

Huot J.-L., 2004, p. 30.

352.

Idem, p. 31.