2.1.2.2 - La deuxième phase de la fouille (1964-1974) 

Le premier objectif de la campagne de 1964358 consistait à dégager le long mur du palais. Les installations qui apparurent, appartenaient toutes au palais, mais le module, la largeur et l’appareillage des murs indiquaient qu'on se trouvait dans une zone commune. D’une part, les archéologues y rencontrèrent des tombes assyriennes, et d’autre part ils y ramassèrent des tablettes datées de l’époque de Zimri-Lim.

Un sondage stratigraphique, effectué dans l’angle sud-est de la cour 131, a livré un bassin datant de l’époque du souverain d’Yahdun-Lim. Ce bassin reposait sur une autre construction en briques cuites, voûtée en encorbellement et très endommagée. Cette installation a été interprétée comme étant un coffre de fondation, datant de l’époque Shakkanakku : celui-ci fut retrouvé entièrement vide. Ces deux aménagements étaient liés à une construction remontant à la période présargonique (ou de la première moitié du IIIème millénaire). Une nécropole assyrienne a été dégagée au dessus de la même cour : une cinquantaine de tombes fut soigneusement étudiée. Le dégagement a pu reprendre, non seulement sur très grande partie de la cour 131, mais aussi sous les chambres 133-134-135 et presque entièrement dans la salle 132 du palais de Zimri-Lim. Sous les pièces 132-135, des aménagements, appartenant à l’époque des souverains Yahdun-Lim ou Sumu-Yamam, apparurent.

Les résultats des 14ème et 15ème campagnes ont permis de définir le programme des travaux à entreprendre dans le palais en 1966359 : le secteur économique du palais de Zimri-Lim fut dégagé cette même année ainsi que des salles étroites et longues (219-220). La fouille de ces pièces a livré de grandes jarres effondrées sur place, mais aussi d’importants fragments éparses de peintures murales témoignant de l’existence d’un deuxième niveau.

Par ailleurs, la fouille de la base des murs a révélé l’importance des fondations du palais de Zimri-Lim : le soubassement, appartenant au IIème millénaire, se constitue de douze et parfois de treize assises élaborées dans un bel appareil. Ces puissantes fondations avaient probablement pour objectif de soutenir un étage.

Durant cette année, les deux niveaux d’époque présargonique furent fouillés : le palais supérieur P-1 et le palais inférieur P-2. Les fouilleurs mirent au jour la cour 26 où ils atteignirent, à trois mètres de profondeur, le sol du palais présargonique P-1.

Le dégagement de la zone sacrée, située au cœur de la résidence royale, était le premier objectif de la mission de Mari durant la 18ème campagne (en automne 1969)360. Du côté Est, l’enceinte sacrée était parallèle au grand mur d’enceinte du palais de Zimri-Lim, réapparu extérieurement entre 1937 et 1938 ; celui-ci fut complètement fouillé durant la campagne de 1969. Cette construction, entièrement en briques crues appareillées, fut trouvée dans un très bon état de conservation.

La deuxième partie du programme de cette saison comportait l’étude du cœur de la zone sacrée du palais, qui comprend la cour 26 et la pièce 46. Dans la cour 26, on a pu constater, dans la partie méridionale, l’existence d’un nouvel autel muni de niches appartenant à l’époque d'Ur III. Les travaux de cette campagne de fouille ont abouti jusqu’à la salle 46 et ont révélé l’existence de deux niveaux : le palais présargonique supérieur P-1 et le palais présargonique inférieur P-2.

Pendant la 19ème campagne361, on poursuivit le dégagement du palais présargonique au cœur de la résidence royale. Les travaux se sont concentrés en particulier dans trois zones : la cour 26, la salle 46 et la chapelle 45. Les archéologues voulaient vérifier l’existence d’un hypothétique palais du IV millénaire, le palais P- 3. Dans le niveau inférieur de la cour 26, trois grandes jarres en bronze et vides ont été découvertes. Dans le même secteur, les fouilleurs ont dégagé deux autres dépôts, intacts, composés de clous en bronze engagés dans une fine plaque de métal ainsi qu’une très belle installation destiné à des rites de libation. A. Parrot indique qu’il est difficile d’interpréter ces données 362 : « À ce propos, nous demeurons dans l’incertitude, car les indices enregistrés sont d’une interprétation délicate. »

La mission de Mari s’est fixée trois objectifs pour la 21èmecampagne (1974363) : la reprise de l’étude de la salle d’audience 132 du palais de Zimri-Lim, le dégagement des niveaux inférieurs de la cour 131 (afin d’étudier les tombes assyriennes) et la poursuite du dégagement du palais P1.

Dans la salle 132, on dégagea une porte coupant le mur oriental ainsi qu’un pavement fait de trois magnifiques dalles de gypse, assemblées à joints vifs.

La cour 131 a révélé la présence de tombes assyriennes : dans la tombe 656, on découvrit une plaquette de fritte en forme de cartouche et dont les deux faces étaient incisées de hiéroglyphes. J. Leclant364 y lut le nom d’Aménophis III, roi qui régna de 1408 à 1372. L’hypogée 671, construite en brique cuites et de forme rectangulaire, disposait d’un aménagement intérieur fait de quatre alvéoles. D’après le module des briques, cette construction remonte à l’époque de Zimri-Lim.

Dans le palais présargonique,  deux niveaux ont été dégagés : le niveau P1 a livré des tombes assyriennes toutes pillées. D’autres découvertes sont issues du deuxième niveau présargonique P2, il s’agit de mortier composé de plâtre et de fours concentrés dans la cour IV.

Notes
358.

Parrot A., 1965, p. 7-15.

359.

Parrot A., 1967, p. 2-5, 7, 12, 15, 23.

360.

Parrot A., 1970, p. 227, 229, 231-233. 235-240.

361.

Parrot A., 1971, p. 255-258, 269.

362.

Idem, p. 269.

363.

Parrot A., 1975, p. 3-4, 7, 9-11.

364.

Idem, p. 7.